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Mondial 2018 : cinq questions à nos analystes

Lionel Messi

Lionel Messi

Photo : Getty Images / Marcelo Endelli

Radio-Canada

À trois jours du match d'ouverture à Moscou entre la Russie et l'Arabie saoudite, nos trois analystes pour la Coupe du monde de soccer répondent à quelques questions.

1. Quelle serait la finale idéale?

Christine Roger : Les duels entre Cristiano Ronaldo (Portugal) et Lionel Messi (Argentine) ont l’habitude de ne pas décevoir. Nombreux sont les amateurs de foot qui rêvent de voir cette rivalité prendre place dans le match le plus important. Il s’agit d’une finale de rêve, mais qui risque fort bien de demeurer dans l’imaginaire collectif.

Une finale entre l’Allemagne et le Brésil est peut-être plus réaliste, mais non pas moins intéressante. Une finale opposant notamment Werner, la probable révélation du tournoi, à l’incomparable Neymar a de quoi faire saliver.

Olivier Tremblay : Surprise dans le groupe B! Le Portugal devance son voisin espagnol en tête. Ce scénario (ou une plus grosse surprise encore dans le groupe F) séparerait l’Espagne et l’Allemagne jusqu’à une possible finale entre eux. Selon toute vraisemblance, l’Espagne aurait alors besoin de battre la France et le Brésil coup sur coup en quarts et en demi-finales, mais c’est ainsi qu’on aurait droit à une finale de rêve entre les deux dernières équipes championnes du monde, les deux sélections nationales au projet le mieux défini.

Et si ça n’arrive pas, on se contentera de bien peu. Une reprise Brésil-Allemagne, par exemple.

Olivier Paradis-Lemieux : Ce ne sont pas les choix qui manquent : une finale entre deux nations plusieurs fois étoilées sur fond de revanche de l’humiliation de 2014 (Brésil-Allemagne), une finale à saveur régionale entre deux équipes bourrées de talent (France-Belgique) qui ont toute la pression de démontrer qu’elles peuvent jouer collectivement, ou encore une finale inespérée entre les deux meilleurs joueurs du monde, Cristiano Ronaldo (Portugal) et Lionel Messi (Argentine). La beauté du Mondial, c’est qu’il n’y a jamais une mauvaise finale. Mais soyons rêveurs et imaginons un instant qu’un petit nouveau, comme la Colombie ou la Belgique, se faufile jusque sur la plus grande scène du monde et s’incline devant l’Allemagne.

2. Quel est le match à ne pas manquer lors de la phase de groupe?

Christine Roger : Portugal c. Espagne (15 juin, 14 h)

Il y aura plusieurs duels en phase de groupe qui pourraient passer à l’histoire, dont des chocs Belgique c. Angleterre ou France c. Pérou, mais il est impossible de passer à côté de celui qui oppose le Portugal à l’Espagne. Nous avons l’habitude de voir un Cristiano Ronaldo (Portugal) indomptable lors de moments importants, à quelques exceptions près. Il y a fort à parier que l’attaquant voudra impressionner contre une Espagne que plusieurs voient comme une sérieuse aspirante aux grands honneurs. Pour ajouter à ce choc aux allures de finale qui aura lieu dès le deuxième jour de compétition, notons que cinq joueurs du Real Madrid font partie de la formation espagnole. Orgueilleux de nature, Ronaldo tâchera d’impressionner ses coéquipiers, tandis que les Sergio Ramos, Nacho, Isco et compagnie guetteront les faits et gestes du Portugais.

Cristiano RonaldoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cristiano Ronaldo

Photo : Associated Press / Armando Franca

Olivier Tremblay : Islande c. Croatie (26 juin, 14 h)

Ça devrait être chaud. L’équipe préférée du partisan neutre à l’Euro 2016 a trouvé le moyen de récolter 22 points en qualifications pour prendre la tête du groupe I, deux longueurs devant… la Croatie. Le tournant des qualifications? Un coup de pied de coin islandais tiré à la 90e minute du match entre ces deux pays, le 11 juin 2017. Hordur Magnusson a redirigé le ballon de la tête, et la petite nation nordique l’a emporté 1-0.

Olivier Paradis-Lemieux : Angleterre c. Belgique (28 juin, 14 h)

Tout vient à point à qui sait attendre. Le tout dernier match de la phase de groupe promet d’être un des plus intéressants. Les deux nations ont été invaincues dans la phase de qualification de la zone Europe et ce match devrait logiquement décider qui terminera en tête du groupe G. D’un côté, l’on retrouve une Angleterre remodelée où la jeunesse prime, de l’autre, une Belgique qui n’a pas encore répondu aux attentes créées par sa génération dorée. Ajoutons à cela que la plupart des étoiles de la Belgique jouent dans la Premier League, et vous vous retrouvez avec un duel fratricide aux airs de match éliminatoire… tout juste avant les éliminatoires.

3. Qui remportera le Soulier d’or, remis au meilleur buteur de la Coupe du monde?

Olivier Tremblay : Dans sept des huit dernières Coupes du monde, cinq ou six buts ont suffi au gagnant du Soulier d’or pour soulever le trophée. Une bonne phase de groupe peut donc faire l’affaire. Mohamed Salah (si son épaule le veut bien) ou Luis Suarez, en torturant la Russie et l’Arabie saoudite bien comme il faut, ont le champ libre.

Olivier Paradis-Lemieux : Romelu Lukaku. La génération dorée de la Belgique est une machine à marquer des buts. Et en pointe, Lukaku est celui qui peut le plus profiter des offrandes de Kevin de Bruyne et d’Eden Hazard. De plus, avec un tirage des plus aisés (Panama, Angleterre, Tunisie), les Belges pourraient remplir les filets comme lors des qualifications européennes (43 buts en 10 matchs).

Christine Roger : Si plusieurs s'inquiétaient de la préparation de Neymar en vue de la Coupe du monde après plus de trois mois d’absence pour soigner une blessure au pied droit, l’attaquant brésilien a montré au cours des derniers jours qu’il était fin prêt. Il a marqué des buts de toute beauté dans les deux matchs amicaux auxquels il a participé. Si le Brésil veut espérer se rendre en grande finale, il aura besoin d’un Neymar en pleine possession de ses moyens. À moins que Neymar se fasse ravir le Soulier d’or par son coéquipier Gabriel Jesus...

Les Brésiliens Neymar et Roberto Firmino sourient après avoir marqué un but en match amical contre la Croatie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Neymar et Roberto Firmino célèbrent un but du Brésil en match amical contre la Croatie.

Photo : Associated Press / Dave Thompson

4. Quelle grande nation du soccer est la plus susceptible de décevoir et quelle plus petite peut surprendre?

Christine Roger : Le temps est venu de briser les illusions de plusieurs. Oublions immédiatement l’Argentine pour remporter les grands honneurs, ou même encore, pour atteindre la finale comme elle l’avait fait en 2014. Oui, l’Argentine a une attaque à en faire rêver plusieurs avec des Lionel Messi, Angel Di Maria, Gonzalo Higuain, Sergio Aguero et Javier Mascherano. C’est cependant en défense que le conte de fées se gâte. S’il est vrai que Messi peut gagner un match à lui seul, il est utopique de penser qu’un seul joueur peut porter sur ses épaules une équipe dans un tournoi aussi long et aussi relevé.

Dans un groupe A plutôt favorable avec la Russie, l’Égypte et l’Arabie saoudite, l’Uruguay est en bonne posture pour connaître un bon début de tournoi. Si Luis Suarez et Edinson Cavani jouent à la hauteur de leur talent, l’Uruguay pourrait même rêver à un aussi bon résultat qu’à la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud, avec une 4e place.

Olivier Tremblay : L’Argentine a Lionel Messi, ce qui signifie qu’elle pourrait bien se frayer un chemin jusqu’en finale. Mais son meilleur défenseur s’appelle Nicolas Otamendi, ce qui signifie qu’elle pourrait tout aussi bien subir l’élimination dès la phase de groupe.

Et si l’Argentine remporte bel et bien son groupe, elle affrontera le 2e du groupe C. Ce pourrait bien être le Pérou, qui n’a pas perdu contre l’Argentine en qualifications sud-américaines. Le Pérou peut-il, à sa première Coupe du monde depuis 1982, atteindre les quarts de finale?

Olivier Paradis-Lemieux : Puisque mes collègues ont choisi la fragile Argentine, relevons le cas de l’autre géant sud-américain. Quatre ans après sa déroute en demi-finales face à l’Allemagne, le Brésil semble avoir retrouvé ses marques. Neymar a mené l’équipe olympique (composée en majorité de joueurs de moins de 23 ans) à l’or à Rio, puis la Seleçao n’a perdu qu’un seul de ses 18 matchs lors des qualifications du CONMEBOL pour la Coupe du monde. Moins qu’une finale sera toujours un échec pour les Auriverdes et la route sera ardue pour s’y rendre… après la phase de groupe où le Brésil ne devrait avoir aucun problème à se défaire de ses rivaux immédiats.

Dans les surprises, la Colombie n’a jamais fait mieux qu’un quart de finale en six participations à la phase finale de la Coupe du monde… C'était il y a 4 ans au Brésil. Placée dans le groupe le plus ouvert de la phase initiale (le groupe H), la Colombie a en James Rodriguez, la découverte du dernier Mondial, et Radamel Falcao, qui disputera à 32 ans son premier Mondial, la puissance offensive pour s’extirper à nouveau de la phase de groupe, et qui sait, faire cette fois un tour de plus.

5. Qui sera le James Rodriguez de la CDM 2018?

Olivier Paradis-Lemieux : L’Eredivisie, le championnat néerlandais de soccer, n’a pas la renommée des cinq grandes ligues européennes, mais compte néanmoins son lot de joueurs prêts à éclore sur la scène internationale. Le Mexicain Hirving Lozano, jeune ailier très rapide de 22 ans, vient de mener le PSV Eindhoven à son 24e titre (avec 17 buts en 29 matchs) et il pourrait faire écarquiller bien des yeux en Russie avec ses spectaculaires débordements sur l’aile gauche. Il traîne toutefois une réputation d’indiscipline qui pourrait être exacerbée par le contexte de la Coupe du monde. Petit bémol envers une telle éclosion, l’attaque mexicaine, complétée par Carlos Vela et Javier Hernandez, se frottera à des défenses bien organisées dans son groupe, soit l’Allemagne, la Suède et dans une moindre mesure la Corée du Sud.

Timo WernerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Timo Werner

Photo : Getty Images / Alexander Scheuber

Christine Roger : Timo Werner a connu des débuts fracassants sur la scène internationale. Il a notamment remporté le Soulier d’or lors de la dernière Coupe des confédérations. Buteur prolifique en Bundesliga avec le Red Bull de Leipzig (18 buts jusqu’ici cette saison), l’attaquant de 22 ans a commencé à attirer l'attention de grands clubs européens. Si la Mannschaft a longtemps été menée par des joueurs comme Miroslav Klose et Mario Gomez, il faut s’attendre à ce que ce Mondial soit le théâtre d’un changement de garde dans le camp allemand. On pourrait dorénavant parler de l’Allemagne de Werner. Et ne soyez pas surpris s’il va même jusqu’à décrocher le Soulier d’or remis au meilleur buteur du tournoi.

Olivier Tremblay : Plus jeune footballeur à jouer 150 matchs de Bundesliga, Timo Werner ne restera peut-être plus bien longtemps en première division allemande. Redoutable buteur du RB Leipzig (42 réussites en 77 rencontres, toutes compétitions confondues), Werner est déjà dans les dossiers de nombreux grands clubs européens. Une belle Coupe du monde pourrait, d’une part, concrétiser l’intérêt de ces équipes et, d’autre part, aider son club actuel à réaliser une meilleure vente.

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