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Les champions de 1993 rendent hommage à Jacques Demers

Jacques Demers soulève la Coupe Stanley
Jacques Demers Photo: The Canadian Press / JACQUES BOISSINOT

On ne commémore pas, chaque année, une conquête passée de la Coupe Stanley, mais il y a des étapes charnières qui méritent d'être soulignées. Vendredi, plusieurs artisans ayant contribué au dernier triomphe du Canadien de Montréal, le 9 juin 1993, étaient réunis au Ritz-Carlton de Montréal pour se rappeler un printemps d'exception.

L’ancien directeur général Serge Savard, son capitaine de l’époque, Guy Carbonneau, ainsi que Vincent Damphousse et Kirk Muller y étaient. André Racicot, le gardien auxiliaire, et des réservistes comme Jesse Bélanger ont tenu à faire partie de la fête. Sans oublier des membres du personnel de soutien, des acteurs de l’ombre pourtant indispensables au succès du club montréalais.

Ce rassemblement a d’ailleurs été marqué par la présence de Jacques Demers, l'homme qui, de l'avis de tous, a joué le rôle de chef d'orchestre de cet improbable championnat, marqué par 10 victoires consécutives en prolongation.

« Il te faisait sentir comme un humain. Il te parlait de ta famille, de tes parents, il te posait des questions sur autre chose que le hockey, confie Damphousse. Quand c'était le temps de parler hockey, il te faisait comprendre que tu étais important, que tu pouvais en donner plus. Et il a fait ça toute la saison. »

Pendant environ 90 minutes, le dernier entraîneur-chef à avoir mené une équipe canadienne à l'honneur suprême dans la LNH a renoué avec ses anciens soldats.

Demers ne pouvait verbaliser toutes les émotions qu'il ressentait, pour les raisons que l'on connaît, mais ses yeux brillants et son chaleureux sourire traduisaient bien son bonheur d’être parmi les siens.

Du premier au dernier, tous ont rendu hommage à l'homme qui leur a servi d'inspiration, le maître dont ils ont bu les paroles dès les premiers contacts officiels après son embauche, en juin 1992.

« Ça reste un moment magique », a affirmé Patrice Brisebois, le plus jeune membre de l'édition 1992-93 du Tricolore et l'un des organisateurs de cette soirée.

« J'aime utiliser ce mot parce que si on s'en souvient bien, Jacques, au premier jour du camp d'entraînement, avait dit : "We're gonna shock the hockey world." Et c'est ce qui est arrivé. On y a cru à cause de la façon qu'il nous a livré ce message. On a vu à quel point il était sérieux, à quel point il voulait gagner. Ça s'est transmis aux joueurs par la suite. »

Ces retrouvailles étaient l'occasion de ressasser de savoureuses anecdotes. Comme la fameuse carte d'inspiration que Demers avait exigé de ses joueurs de toujours garder dans leur poche, à défaut de quoi ils seraient mis à l'amende.

Mais surtout, c'était le moment idéal pour rappeler que Demers était un adepte du dialogue qui, toutefois, ne lançait pas de paroles en l'air.

« Il croyait à son discours, ce n'était pas du bla-bla. Ce n'était jamais dénudé de sens. C'était toujours avec un plan », a raconté Robert Boulanger, le responsable de l’équipement de l’époque.

L'ancien attaquant Stephan Lebeau est bien placé pour corroborer les dires de Boulanger.

« Dès notre première rencontre, on s'est assis dans son bureau et il m'a dit à quel point il croyait en moi, à quel point il avait confiance en moi. Il voyait en moi un joueur qui allait jouer un rôle plus important », a-t-il raconté.

« C'étaient de belles paroles à entendre, mais ensuite il est passé à l'action, a ajouté Lebeau. Il m'a donné plus de temps de glace, plus de responsabilités. Ce n'est pas pour rien que j'ai connu ma meilleure saison en carrière. Ce fut le cas de huit ou neuf joueurs cette saison-là. »

À la fois fier et nostalgique, Gaétan Lefebvre, qui était le thérapeute du CH depuis le milieu des années 70, s'est souvenu à quel point la passion de Demers avait uni cette équipe. Chaque joueur avait l’impression qu'il pouvait contribuer à la réussite de l'équipe.

« Il avait une façon de nous faire croire que rien n'était impossible. Il allait chercher le maximum de tous ceux qui étaient impliqués dans l'équipe. On était comme un collier de perles avec un fil central qui passait à travers chacun de nous », a-t-il dit de façon imagée.

« La preuve de cela, c'est dans le vestiaire après qu'on eut gagné la Coupe. Tout le monde était là, les joueurs, la famille, Céline Dion, René Angelil. À un moment donné, le capitaine s'est levé et il a fait sortir tout le monde sauf l'équipe. C'étaient juste les boys. On aurait entendu une mouche voler. Pendant quelques minutes, on était juste entre nous, on se regardait. Il y en a qui pleuraient. Je ne pourrai jamais revivre ça. C'était extraordinaire. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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