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« Je suis en paix avec le fait de prendre ma retraite » - Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Photo : USA Today Sports

Radio-Canada

Après plus de 10 ans sur le circuit de la Coupe du monde, Marianne St-Gelais compte prendre les prochains mois pour se retrouver. L'ex-patineuse de vitesse sur courte piste avait déjà annoncé il y a quelques semaines qu'elle se retirait de la compétition. C'est toutefois mercredi soir qu'elle a, entourée de sa famille et de ses amis, officialisé la fin de sa carrière sportive.

« Il y a des hauts et des bas, mais ça se passe généralement bien, admet-elle. C’est sûr qu’il y a des moments plus difficiles, mais je savais que ça allait être ça. Je pense que c’est important que je passe par là aussi. »

Il y a des temps morts des fois que je n’aime pas et j’aurais envie de retourner dans mon ancienne vie. Mais c’est la solution facile et je ne regrette pas du tout ma décision.

Marianne St-Gelais

Si c'est parfois difficile mentalement, ce l’est tout autant physiquement.

« Mon corps est en bouleversement, complètement. Quand tu t’entraînes deux fois par jour, six jours par semaine, et que du jour au lendemain tu ne fais plus rien, lui, il carbure encore. Des fois j’ai faim, des fois non, donc en ce moment mon corps est en grosse crise d’identité. J’ai de la misère à gérer ça. Je veux bouger, mais je veux me donner le temps. Je ne veux pas tout de suite me replonger dans un groupe d’entraînement. »

St-Gelais l'avoue : ce deuil, elle prévoyait le vivre à deux, avec Charles Hamelin, son conjoint des dernières années. Mais voilà qu'au retour de Pyeongchang, l'un des couples les plus en vue au Québec a surpris tout le monde en annonçant sa rupture.

« C'est vrai que ça fait beaucoup de changements, de finalités qui surviennent en même temps. Parfois, dans la vie, il faut passer par des moments plus difficiles pour ressortir plus forte, gagnante de tout ça. C'est arrivé comme ça. Mais ces décisions-là ne sont pas liées. Je tiens à le préciser, car des gens pensent que j'avais besoin de changement et que j'ai flushé toute ma vie! Ce n'est pas ça du tout! Je n'avais pas prévu faire ces deux transitions en même temps. Mais je suis bien entourée. C'est un gros changement, ça demande beaucoup d'adaptation. C'est difficile de trouver le positif dans tout ça présentement, mais il y en aura. Il y en a toujours eu dans ma carrière. »

Entrevue avec Marianne St-Gelais

Afin de faire une pause, l'énergique femme de 28 ans quittera la semaine prochaine pour le Nicaragua, où elle ira rejoindre des amis. Un voyage sans horaire, sans itinéraire, avec pour bagages seulement son sac à dos.

La seule chose qu'elle sait, c'est qu'elle reviendra au pays le 18 juin. Entre son atterrissage et son décollage, elle ne sait pas où ses pas la mèneront en Amérique centrale.

« J'ai vraiment besoin de me retrouver seule, de décrocher, d'autant plus avec tout ce qui s'est passé au cours des dernières semaines. Ça va me faire du bien de me retrouver avec moi-même. »

Pour la suite, elle affirme avoir plusieurs projets sur la table, certains dans les médias. Elle a déjà goûté au métier, puisqu'elle a travaillé comme chroniqueuse à l'émission Entrée principale, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé au cours des derniers mois.

« J'ai la chance d'avoir un pied dans les médias, mais je ne connais qu'une facette de ce métier, précise-t-elle. J'ai vraiment envie d'aller explorer ailleurs et de voir autre chose un peu. Ça me plaît beaucoup et j'ai retrouvé quelque chose qui me passionne et qui me donne le goût de me dépasser, comme le sport l'a fait pendant une bonne partie de ma vie. »

Cette deuxième carrière devrait la garder à Montréal encore quelques années, ce qui repoussera son désir de retourner s'établir à Saint-Félicien, qu'elle a quitté à l'âge de 17 ans. Mais ce rêve n'est pas abandonné pour autant.

« Ça a toujours été l'envers de la médaille de ma carrière. Ma famille a toujours été loin de moi. En ce moment, c'est difficile. Mon après-carrière va assurément se bâtir ici à Montréal. Mais je pense qu'il sera possible, en fonction des choix que j'aurai faits, de bâtir ma vie en région aussi. J'aimerais ça terminer mes jours au Lac-Saint-Jean. C'est clairement l'endroit où je suis le mieux! »

Marianne St-Gelais a remporté trois médailles d'argent aux Jeux olympiques, au 500 m et au relais 3000 m à Vancouver, en 2010, ainsi qu'au relais 3000 m à Sotchi, en 2014. Elle a ajouté 13 médailles aux Championnats du monde, dont l'or au 1500 m, en 2016.

(Avec les informations de Jacinthe Taillon)

Avec les informations de La Presse canadienne

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