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« Tino » Rossi passe le flambeau des Mardis cyclistes de Lachine

Ils posent derrière un vélo.
Josée Robitaille, mairesse de l'arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic, Joseph « Tino » Rossi, Jean-François Néron, Louis Barbeau et François Parisien Photo: Mardis cyclistes de Lachine
Radio-Canada

Après avoir créé et organisé les Mardis cyclistes de Lachine (MCL) depuis 40 ans, Joseph « Tino » Rossi passe officiellement le flambeau cette année à la famille Néron. Ce lègue préservera une tradition bien ancrée au sein du cyclisme québécois.

Un texte de Michel Chabot

Maintenant âgé de 78 ans, Tino Rossi se dit quelque peu nostalgique, mais sa passion pour le vélo est telle qu'il se dit heureux et fier de voir que l’événement continuera d’exister sous la gouverne des Néron, propriétaires de la chaîne de magasins de vélos qui porte son nom.

« Ils m’ont démontré qu’ils voulaient prendre la relève pour la continuité des Mardis puisque j’avais déjà annoncé que j’allais peut-être prendre du recul, explique celui qui a émigré d'Italie à l’âge de 15 ans. J’ai étudié leur offre et j’ai pu constater que c’était des hommes d’affaires avant tout et c’est ce que ça prenait pour les Mardis cyclistes qui sont devenus une entreprise. Leur image et leur réputation m’ont amené à travailler avec eux. »

Nous sommes une équipe de cinq personnes et je n’en reviens pas qu’il pouvait faire ça tout seul.

Jean-François Néron, président des Mardis cycliste de Lachine

« Tout était encore par téléphone, par bouts de papier, poursuit Néron. Il fallait un peu changer l’image et la base des Mardis cyclistes. »

C’est par hasard que Tino Rossi a créé cet événement en 1978. Parti à vélo de L’Île-Bizard, où il résidait à l’époque, il s’est égaré, en compagnie de six amis, dans les rues de Lachine.

« J’ai alors vu le parc LaSalle et son quadrilatère et je me suis dit que c’était parfait pour un critérium, se souvient-il. Nous avons improvisé une petite course et tracé la ligne de départ/arrivée avec une roche trouvée par terre. C’était un mardi... »

Peu de temps après, Guy Décarie, le maire de l’époque, a demandé à le rencontrer. Rossi s’attendait à se faire sermonner, mais il a plutôt eu droit à un chaleureux accueil.

« Je savais qu’à un moment donné, il allait m’annoncer tous les malheurs sur Terre parce que nous faisions la loi entre les voitures, nous étions très dangereux. Je savais qu’il ne voulait plus que ça se répète. Il m’a offert d’organiser ces courses les mardis et m’a présenté son directeur des Travaux. C’est comme ça que ç’a commencé. »

« Tino, c’est la passion du sport, dit Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes. Il a aussi organisé les Grand Prix de la Petite-Italie, de LaSalle, de Saint-Raymond et des courses sur L’Île-Bizard. Il a aussi été maître de piste pour les courses sur la piste du vélodrome pendant les Olympiques de Montréal. Il a transformé sa passion au profit des coureurs. »

La façon dont il fait son départ et roule sa course, ç’a un cachet extrêmement spécial, c’est fait à l’italienne, c’est un show. On n’avait pas ça au Québec avant. Lui, il voulait vraiment un spectacle et il a su instaurer une course qui rivalise avec les grands critériums américains.

François Parisien, ancien cycliste professionnel qui a fait ses classes à Lachine

Les Mardis cyclistes réunissent maintenant 300 filles et garçons, chaque semaine pendant deux mois, dans les catégories minimes, cadets et pro élites. Cette course provinciale accueille aussi des athlètes d’ailleurs au Canada ou des États-Unis, qui viennent parfois se frotter aux « locaux » dans une ambiance festive.

Des cyclistes de la catégorie pro élites, sur la 10e avenue, à LachineDes cyclistes de la catégorie Pro- Élites, sur la 10e avenue, à Lachine Photo : Mardis cyclistes de Lachine

« L’atmosphère est bonne tout au long de la saison, mais la finale, c’est démentiel, dit avec enthousiasme Louis Barbeau. L’année dernière, Jean-François Laroche est allé chercher un septième titre [un record] et un record a été établi par Pier-André Côté [50 km en 58 min 11 s], qui est le champion canadien du critérium, l’une des vedettes montantes du cyclisme. Il y avait des milliers de spectateurs. C’est vraiment intéressant même pour des gens qui ne connaissent pas le sport. »

La saison 2018 s’ébranlera le 5 juin sous la présidence d’honneur de Josée Robitaille, une ancienne entraîneuse qui a formé quelque 250 jeunes cyclistes, dont François Parisien, champion canadien sur route en 2005.

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