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Le conte de fées de Marchessault

Jonathan Marchessault

Jonathan Marchessault

Photo : Getty Images / Isaac Brekken

Radio-Canada

La route a été longue et parsemée d'embûches avant que Jonathan Marchessault conforte sa place dans le circuit Bettman. Son ardeur au travail et sa détermination ont décidément été récompensées puisque l'attaquant est l'un des rouages importants de l'une des histoires les plus invraisemblables dans l'histoire de la LNH.

Un texte de Félix St-Aubin

Un joker parmi les as. La participation des Golden Knights de Vegas à la finale de la Coupe Stanley a de quoi en étonner plus d'un. En moins de 12 mois, la formation du Nevada est passée d'inexistante à championne de l'Association de l'Ouest.

Le flair du directeur général George McPhee lors du repêchage d'expansion permet à l'organisation de flirter avec le Saint-Graal du hockey professionnel dès sa première saison d'existence. Marchessault est le premier surpris par cette étonnante réussite.

Comme tout le monde, je serais parti à rire [si on m'avait dit l'été dernier qu'on prendrait part à la finale de la Coupe Stanley]. C'est sûr qu'on ne s'attendait pas à ça, mais c'est la preuve qu'une équipe qui travaille fort et qui a de la détermination peut se rendre pas mal n'importe où.

Jonathan Marchessault, attaquant des Golden Knights de Vegas

Les deux éléments notés par le Québécois qui caractérisent les Golden Knights font également partie de son coffre à outils. Il a dû faire preuve de résilience avant qu'on le considère comme un attaquant de pointe dans la LNH.

Jonathan MarchessaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jonathan Marchessault

Photo : NHLi via Getty Images / David Becker

Ignoré au repêchage amateur, Marchessault a roulé sa bosse dans la Ligue américaine (AHL) durant plus de 300 matchs à l'issue d'un stage junior de quatre campagnes à Québec avant d'obtenir sa première réelle chance de se faire valoir.

Ses séjours avec le Whale du Connecticut, les Falcons de Springfield et le Crunch de Syracuse ont forgé son caractère et défini le joueur qu'il est devenu aujourd'hui.

« La dureté du mental, c'est ce que tu apprends quand tu joues dans l'AHL. C'est vraiment difficile de performer chaque fin de semaine quand tu vois que tu n'as pas l'occasion de monter. C'est démoralisant, il y a certainement eu des phases grises pour moi. Mais je pense que tu en sors plus fort. »

« J'étais tout le temps persuadé que si un jour j'avais une occasion de jouer dans la Ligue nationale, j'allais la saisir. C'est ça qui est arrivé », a-t-il enchaîné.

Encore sous-estimé

Marchessault a rapidement prouvé à ses détracteurs qu'il avait l'étoffe pour patiner avec les meilleurs hockeyeurs du globe.

Malgré tout, après un baptême plus que satisfaisant à Tampa Bay lors de la saison 2015-2016, où il a inscrit 18 points, dont 7 buts, en 45 matchs, le petit ailier gauche ne s'est pas entendu avec le Lightning et est devenu joueur autonome sans compensation.

Il a transporté ses pénates non loin au sud de Tampa, à Sunrise, pour amorcer le troisième chapitre de sa carrière professionnelle. Les Blue Jackets de Columbus lui avaient consenti son premier contrat en 2012, avant de l'envoyer sur la côte est américaine deux années plus tard.

Son arrivée dans le giron des Panthers a été couronnée de succès. Il a atteint le symbolique plateau des 30 buts, en plus d'ajouter 21 aides à sa fiche en 75 rencontres, pour boucler la campagne au 3e échelon des pointeurs de l'équipe floridienne derrière Vincent Trocheck (54 points) et Aleksander Barkov (52 points).

Aucun joueur des Panthers ne s'était approché un tant soit peu de ses 30 réussites, Trocheck l'a suivi avec 23 filets. Le directeur général Dale Tallon a toutefois jugé bon de ne pas le protéger pour le repêchage d'expansion, lui préférant ainsi Barkov, Nick Bjugstad, Jonathan Huberdeau et Trocheck.

C'est sûr que j'ai été surpris. Veux, veux pas, je pense qu'avec l'année que j'avais connue, j'aurais pu faire partie du groupe des quatre meilleurs attaquants de l'équipe. En tout cas, je pense que ça fait partie du métier, tu n'es jamais safe. Ça m'a juste donné envie d'avoir une autre saison exceptionnelle. Eux autres, clairement, ils ne pensaient pas que j'étais capable de le refaire. Ça m'a juste donné encore plus de motivation.

Jonathan Marchessault, attaquant des Golden Knights de Vegas
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Photo : Getty Images / Joel Auerbach

« Je n'en veux pas aux Panthers, je suis extrêmement reconnaissant envers l'organisation et tout le monde, surtout mes anciens coéquipiers. Je suis sorti de ça plus fort. »

Un marqueur de 30 buts, âgé de 26 ans à l'époque et coûtant 750 000 $, ne court pas les rues. Sans grande surprise, les Golden Knights ont profité de la situation et l'ont réclamé pour l'amener sur la Strip.

Parmi l'élite

Marchessault a confirmé son nouveau statut de joueur de premier plan avec des sommets personnels de 48 mentions d'assistance, 75 points et un différentiel de +36 en 77 rencontres ces derniers mois.

« Ça, c'est l'histoire de ma vie. J'ai tout le temps voulu prouver que j'étais meilleur que ce que le monde pensait. Et je crois que je n'ai pas nécessairement déçu à plusieurs occasions. Je ne suis pas quelqu'un qui se contente de ce qu'il a accompli. J'en veux plus », a expliqué celui qui a paraphé une entente de 30 millions de dollars pour 6 ans en janvier.

Il a accentué son rythme de production durant les éliminatoires et a même surpassé le point par rencontre jusqu'ici.

Meilleures moyennes de point par match en séries 2018

  • 1. Sidney Crosby : 1,75 point (21 en 12)
  • 2. Jake Guentzel : 1,75 point (21 en 12)
  • 3. David Pastrnak : 1,67 point (20 en 12)
  • 4. Patrice Bergeron : 1,45 point (16 en 11)
  • 5. Brad Marchand : 1,42 point (17 en 12)
  • 6. Evgeny Kuznetsov : 1,26 point (24 en 19)
  • 7. Blake Wheeler : 1,24 point (21 en 17)
  • 8. Filip Forsberg : 1,23 point (16 en 13)
  • 9. Jonathan Marchessault : 1,20 point (18 en 15)

Minimum de 10 rencontres disputées

Les Golden Knights ont accédé à la finale de la Coupe Stanley après seulement 15 duels éliminatoires, 4 de moins que les Capitals de Washington, le dernier obstacle qui sépare Marchessault d'une année qui frôle la perfection.

« La constance de notre équipe [nous a permis d'atteindre l'étape ultime], a-t-il soutenu. Ce n'est pas arrivé souvent qu'on perde deux ou trois matchs de suite durant la saison. On a constamment été en mesure de faire un reset et d'augmenter notre niveau d'intensité. »

Dès qu'il a mis les pieds dans le vestiaire de Vegas, Marchessault a immédiatement observé une distinction significative avec les trois précédents.

« La plus grosse différence, c'est qu'il n'y a pas de joueurs vedettes, de gros noms. Je pense qu'on est tous au même niveau et personne ne se prend pour un autre. On a beaucoup de fierté à être tous égaux et respectueux les uns envers les autres. »

Les Capitals peuvent compter sur l'un des joueurs les plus électrisants à avoir chaussé les patins en Alexander Ovechkin. Le Russe est en mission et tente de son côté de marquer l'histoire à sa manière.

« Il faudra être doublement discipliné, on ne pourra pas écoper de plusieurs punitions. Ils ont probablement l'un des meilleurs avantages numériques de la Ligue nationale depuis 5 à 10 ans. Ça, c'est en grande partie grâce au numéro 8. Si on peut neutraliser leur grosse ligne, on va avoir beaucoup de succès. »

Jonathan Marchessault (gauche) et Alex Ovechkin (droite)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jonathan Marchessault (gauche) et Alex Ovechkin (droite)

Photo : Getty Images / Ethan Miller

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