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chronique

La NFL sonne faux à l’oreille

Rodney McLeod #23,  Malcolm Jenkins #27 et Chris Long #56 des Eagles de Philadelphie.
Les joueurs des Eagles de Philadelphie protestent lors de l'hymne national. Photo: Getty Images / Rich Schultz
Félix St-Aubin

BILLET – La décision des bonzes de la NFL d'empêcher les joueurs de protester contre les injustices sociales durant l'hymne américain aux yeux de tout un chacun est ni plus ni moins qu'un affront au Star-Spangled Banner.

La NFL fait mention du « respect du drapeau [des États-Unis] et de l’hymne » dans son communiqué concernant la modification de sa politique à ce chapitre.

Qu’en est-il du respect de la phrase qui boucle cet hymne national qu’il désire tant protéger, allant même jusqu’à brider ceux qui dénoncent, entre autres, les inégalités raciales et l’oppression de la communauté afro-américaine?

On repassera pour « la terre de la liberté et la patrie des courageux » [the land of the free and the home of the brave, NDLR].

Cette prise de décision va totalement à l’encontre de la liberté et du courage. Les termes qui me viennent à l’esprit sont certainement à l’antipode de ceux-ci.

Le commissaire Roger Goodell ainsi que les propriétaires, outre le dirigeant des 49ers de San Francisco Jed York qui s’est abstenu de voter à ce sujet lors de la réunion annuelle printanière, ont vu le ballon leur échapper, pour reprendre un jeu propre au football.

Ce type de rencontres a lieu deux fois par année, dans les derniers jours des mois de mars et de mai, et a comme objectif de faire avancer le football américain dans toutes ses sphères.

En ce qui a trait à l’épineux dossier de l’hymne national, il s’agit bel et bien d’un échec.

La balle change de camp

Offrir la possibilité aux joueurs de rester debout, sans manifester, aux abords du terrain ou demeurer cloîtré à l’intérieur du vestiaire lorsque le Star-Spangled Banner est entonné n’a rien de banal.

Les mesures adoptées par la NFL la placent dans une position plus qu’enviable avec ce nouveau règlement.

Les contestataires se voient ainsi retirer une grande partie de leur tribune et devront à l’avenir protester en silence sans que quiconque ne puisse les voir sous peine d’une amende.

Ils doivent désormais faire un choix entre l’hymne national ou bien dénoncer les inégalités sociales. L’un ou l’autre. Une mesure disciplinaire sera imposée si les deux options sont combinées.

C’est déplorable que la NFL tente de faire reculer ses joueurs en les confrontant à cette situation.

Le football est de loin le sport le plus populaire au sud de la frontière canado-américaine. Une journée de la semaine y est presque consacrée dans son intégralité.

Que ce soit lorsqu’ils sont installés dans le confort de leur salon ou dans les gradins d’un stade à la fine pointe de la technologie, les Américains consomment la NFL à outrance.

Refuser l’accès au terrain à ceux qui désirent manifester leur mécontentement, c’est également leur retirer la plateforme qui servait à porter leur message.

Les joueurs restent assis lors de l'hyme national américain avant la partie. Les joueurs des Seahawks lors de l'hymne national Photo : Getty Images / Otto Greule Jr

Un pas de recul avant un genou au sol

Les joueurs qui se sont agenouillés, ont brandi un poing dans les airs ou lié leurs bras entre eux n’ont pas bafoué le drapeau américain et l’hymne national en agissant de la sorte. Il faut dissocier le tout.

Goodell et sa garde rapprochée ont adopté cette politique comme si la situation était alarmante. La réalité est tout autre.

Les dirigeants ont eu une peur bleue que cette vague de contestations qui se déroule depuis l’amorce du calendrier préparatoire de 2016 entache le produit qui leur rapporte des sommes monétaires astronomiques.

Nous savons tous que la business fait partie intégrante des sports majeurs et professionnels pratiqués en sol nord-américain. Inutile de jouer à l’autruche et de s’enfoncer la tête dans le sable.

Jamais toutefois cette réalité n’a été aussi véridique qu’aujourd’hui avec cette obstruction de la NFL contre ses propres joueurs.

Et c’est bien plus qu’une punition d’une poignée de verges que je lui décernerais.

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