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La dure réalité du Giro pour Guillaume Boivin

Le cycliste Canadien Guillaume Boivin en course, concentré, lors de la 2e étape du Giro 2018.
Guillaume Boivin Photo: Noa Arnon / Israel Cycling Academy
Radio-Canada

Le lac de Garde a de quoi charmer les touristes qui s'aventurent à Nago-Torbole, une petite ville bordée de montagnes au sud de Vérone. Installé dans un petit hôtel à quelques pas de la plage, le cycliste québécois Guillaume Boivin n'a eu que quelques heures à peine pour y jeter un œil. Il profite, comme il le peut, d'une dernière journée de congé avant la conclusion du 101e Tour d'Italie.

Un texte d'Olivier Pellerin

Ce dernier repos offert pour reprendre des forces est le bienvenu après 15 étapes « difficiles » pour Boivin et son équipe Israel Cycling Academy.

« Physiquement, je me sens bien, la journée de repos aujourd’hui fait du bien quand même. Ç’a couru à bloc depuis qu’on est partis. »

Le Montréalais a impressionné dès les premiers instants du Giro en territoire israélien. L’engouement était énorme, les attentes aussi, et Boivin a tout fait pour animer la foule. Il a mené l’échappée jusqu’aux derniers kilomètres des étapes 2 et 3, où il a été rejoint et battu chaque fois par l’Italien Elia Viviani (Quick-Step).

Guillaume Boivin en échappée lors de la deuxième étape du Tour d'ItalieGuillaume Boivin en échappée lors de la deuxième étape du Tour d'Italie Photo : Getty Images / Luk Benies

Guillaume Boivin a de nouveau tenté d’animer les choses au sprint final de la 13e étape, vendredi dernier, mais Viviani, trop fort, s’est adjugé la victoire pour une troisième fois. Le cycliste de 28 ans a pris le 11e rang malgré le contre-emploi.

« Bon, c’est moyen, mais j’ai retrouvé un peu les sensations de faire un sprint. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait le sprint moi-même. D’habitude, je suis plus le poisson-pilote qui amène le sprint. »

Des fins de course cruelles

Si la charge de travail qu’inflige le Tour d’Italie était attendue par Boivin, le rythme imposé par les autres formations le surprend davantage.

« Je ne suis pas surpris du niveau, je suis surpris qu’il n’y ait pas une échappée qui se soit rendue après 15 jours de course déjà, confie-t-il. D’habitude, dans les grands tours, il y a des journées où l’échappée part et se rend jusqu’au bout, mais ce n’est pas arrivé une fois depuis le début. »

Le propriétaire de la formation israélienne, le Canadien Sylvan Adams, rêvait de voir un de ses cyclistes remporter une des 21 étapes. Boivin y croyait, mais rien de tout ça ne s’est concrétisé. La force des adversaires a fait voler en éclats les plans de la formation fondée en 2014.

Notre carte, c’était d’essayer de gagner via les échappées, mais il y a toujours une équipe confiante de pouvoir gagner qui contrôle la course et qui fait le final à bloc.

Guillaume Boivin

Réaliste quant aux chances d’Israel Cycling Academy de triompher avant de rejoindre Rome, Boivin rappelle que les 2678 km parcourus pourraient leur donner un coup de pouce au sein du peloton.

« Tout le monde est fatigué, donc peut-être que ça va fonctionner. Mais jusqu’à maintenant, c’est un peu compliqué pour nous. »

Sur un plan plus personnel, Boivin dit avoir eu de bonnes sensations durant le tour. Il tenait surtout à profiter de l’occasion pour s’attaquer à certains des cols les plus éprouvants d’Europe.

« C’est fantastique! Monter dans le Monte Zoncolan c’était toute une expérience », affirme-t-il.

Parmi les objectifs encore à la portée d’Israel Cycling Academy, le désir de faire de Guy Sagiv le premier cycliste israélien à terminer un grand tour demeure une priorité de l’équipe. Boivin, qui est le cochambreur de Sagiv, a toujours espoir de voir son ami rallier le fil d’arrivée, dans la capitale italienne.

« Je pense que de passer les deux dernières étapes, c’était très important parce qu’elles étaient parmi les plus difficiles du Giro, croit-il. Pour le moment, je le vois en bonne condition mentale et physique, donc j’ai bon espoir qu’il termine. Maintenant, il reste encore une semaine très difficile, mais ça va assez bien pour lui. »

Le cycliste Guillaume Boivin crie en course au Giro 2018. Le cycliste Guillaume Boivin, membre d'Israel Cycling Academy. Photo : Noa Arnon / Israel Cycling Academy

La dernière chance

À l’image des derniers jours, la conclusion du tour réserve d’autres ascensions qui mettront à l’épreuve les cyclistes toujours en piste. Boivin souhaite profiter du contre-la-montre de mardi pour se « sauver les jambes » en prévision de la 17e étape mercredi, qui rallie Riva del Garda et Iseo. Un parcours de 155 km qui pourrait sourire à sa formation.

« C’est une étape un peu mixte où, normalement, on pense que ce serait une échappée parce que ça part dans un col direct de 10 bornes, et normalement le groupe de costauds se détache et se rend à la ligne.

Mais bon, à voir comment le Giro s’est couru jusqu’à maintenant, on ne sait jamais, peut-être que ça va être un sprint aussi cette journée-là. Celle-là, elle est un peu indécise, donc il va falloir qu’on soit dans l’échappée. Et si ça revient, on verra ce qu’on fait pour le sprint.

Guillaume Boivin

Pour ce qui est des étapes 19 et 20, principalement en montagnes, le champion canadien sur route en 2015 gardera un oeil sur le Britannique Simon Yates (Mitchelton), l’actuel détenteur du maillot rose.

« Je ne le vois pas beaucoup, dit-il en riant. Non, il est vraiment costaud, il semble être une jambe au-dessus de tout le monde en montagne. Jusqu’à maintenant, il fait un sans-faute avec trois victoires d’étape. »

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