•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vingt ans plus tard, l'attente du Titan d'Acadie-Bathurst est terminée

Les joueurs du Titan célèbre leur conquête de la Coupe du Président.
Les joueurs du Titan célèbre leur conquête de la Coupe du Président. Photo: Gracieuseté Titan d'Acadie-Bathurst

L'attente a été longue pour le Titan d'Acadie-Bathurst. Très longue. « Et c'est encore meilleur, je pense », avoue candidement le directeur général de la formation acadienne, Sylvain Couturier.

Un texte d’Alexandre Gascon

Pendant sa carrière de hockeyeur professionnel, Couturier a traîné ses valises et sa petite famille dans huit villes du monde, de la Californie au Connecticut avec un petit détour par l’Allemagne.

Jeune retraité en 2001, le Québécois originaire de Greenfield Park, au sud de Montréal, cherche un peu de stabilité et établit ses pénates dans la baie des Chaleurs, où on vient de lui offrir un poste d’adjoint à l’entraîneur Réal Paiement.

« Ça fait 17 ans qu’on est ici. Mes enfants ont grandi ici. Avec ma femme, on a voyagé beaucoup pour ma carrière, mais 17 ans à la même place, c’est un record », dit en plaisantant le sympathique gestionnaire de 50 ans.

« Quand je suis arrivé ici, j’ai trouvé que c’était une place exceptionnelle. Les gens sont très accueillants. C’est vraiment relax », lance le DG pour expliquer son enracinement dans la région.

« Pour élever une famille, il n’y a pas de meilleure place. Et on s’attache à la région, au monde. Je suis vraiment content d’avoir passé tout ce temps dans la péninsule acadienne », a-t-il ajouté lorsque joint plus tôt cette semaine, quelques minutes avant de sauter dans l’avion à destination de Regina.

Pour la seconde fois en 20 ans d’histoire, le Titan représentera la LHJMQ à la 100e Coupe Memorial, l’un des plus prestigieux tournois de hockey junior.

Gilles Cormier, chef de la direction, ventes corporatives, et Sylvain Couturier, directeur général du Titan d'Acadie-Bathurst.Gilles Cormier, chef de la direction, ventes corporatives, et Sylvain Couturier, directeur général du Titan d'Acadie-Bathurst Photo : Radio-Canada / François Vigneault

La première fois, c’était en 1998-1999, quand la franchise venait tout juste de déménager de Laval. Les têtes d’affiche étaient alors François Beauchemin, Martin Fillion et Jonathan Girard.

Entre-temps, le Titan a connu de nombreuses années de vaches maigres et les partisans, au moins tout autant que Sylvain Couturier, ont dû se montrer patients.

Plus petit marché de toute la Ligue canadienne de hockey (LCH) avec ses quelque 13 000 habitants, Bathurst aura l’occasion de faire amende honorable à sa première participation au grand rendez-vous junior. L’équipe s’était alors fait balayer en trois matchs, n'avait marqué que 3 buts et en avait accordé 12.

« Les partisans ont souffert. Ils nous ont supportés pendant les mauvaises années et, aujourd’hui, on leur en devait une et on est contents qu’ils puissent savourer la Coupe du Président avec nous », explique Couturier, directeur général de l’équipe depuis 12 ans.

Le Titan aussi avait un plan

Bathurst a mis tous ses œufs dans le même panier cette saison.

Bien placé au classement général – l’équipe a terminé 2e derrière l’Armada – Couturier a procédé à de nombreux échanges après le temps des Fêtes.

On avait un plan, on l’a suivi à la lettre. Nos dépisteurs ont fait un excellent travail de recrutement et pour les échanges. On était all in.

Sylvain Couturier, DG du Titan

« Tu vas chercher les meilleurs morceaux possible. [Olivier] Galipeau était en haut de notre liste. Il y a eu Evan Fitzpatrick, Samuel Asselin, Mitchell Balmas. On était agressifs », résume le DG.

Cette profondeur leur a permis de sortir Blainville-Boisbriand et Joël Bouchard en six rencontres en grande finale de la Ligue junior québécoise.

Profitant d’une attaque bien équilibrée, le Titan a surtout été dominant devant le filet de Fitzpatrick grâce au « meilleur duo en défense au Québec », composé d’Olivier Galipeau et de Noah Dobson.

Photo : Getty Images / Francois Laplante/FreestylePhoto

Galipeau, 20 ans, disputera la Coupe Memorial pour la deuxième fois après 2014 avec les Foreurs de Val-d’Or. Le jeune homme, jamais repêché, a servi de mentor au jeune Dobson, tout juste 18 ans, qui est classé au 5e rang des meilleurs espoirs nord-américains par la centrale de recrutement de la LNH.

L’entraîneur Mario Pouliot misera énormément sur ce tandem.

« Dobson est un joueur spécial. Son sens du jeu est incroyable. Il se prépare, fait attention aux détails. Joue aussi bien offensivement que défensivement. Gally est un vétéran accompli dans la ligue. Il apporte un aspect physique et offensif, mais il apporte beaucoup en dehors de la glace aussi. C’est un passionné, un amoureux de la game, il passe beaucoup de temps à l’aréna. Il a un effet d’entraînement sur notre équipe. Il l’a aidée à prendre de la maturité », a analysé Pouliot.

« Noah, on oublie souvent que c’était son année de 17 ans. C’est fou la maturité qu’il a. Je le vois travailler tous les jours et il est vraiment impressionnant. C’est un pro déjà, et il agit comme s’il avait 20 ans », dit Antoine Morand, premier centre de l’équipe et choix de deuxième tour des Ducks en 2017.

« Il faudra rester nous-mêmes et utiliser nos qualités », ajoute l’entraîneur quand on lui demande à quoi il s’attend dans cette compétition d’une semaine, où il affrontera Swift Current, Regina et Hamilton.

Il faut surtout être prêt au premier match. Après avoir été haut dans les émotions et revenir. La Coupe Memorial, c’est une saison de trois matchs pour te classer. La première victoire devient très importante. On va se concentrer sur nous.

Mario Pouliot, entraîneur du Titan d'Acadie-Bathurst

Si jamais le Titan parvient à faire meilleure figure 19 ans plus tard, qui sait, Sylvain Couturier aura peut-être une rue à son nom à Bathurst. Ce serait un deuxième membre de la famille à mériter pareil honneur après son fils, Sean. Le même Sean Couturier que le centre des Flyers de Philadelphie.

« Juste un Couturier comme rue, c’est ben correct », de conclure le père.

Hockey

Sports