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chronique

Redessiner la Williams FW41 au plus vite pour retrouver le chemin des points

Lance Stroll
Lance Stroll Photo: Getty Images / Clive Mason
Philippe Crépeau

BILLET - Lance Stroll, Sergey Sirotkin et Robert Kubica ont clairement montré à Barcelone, malgré leurs efforts, qu'il fallait au plus vite redessiner la voiture pour permettre à l'équipe de retrouver le top 10. La saison de l'équipe, et par ricochet son avenir, en dépend.

Retrouver le top 10 est primordial pour marquer des points et pour assurer la pérennité financière de l'équipe. Chaque point marqué vaut des dollars.

On sait déjà que le commanditaire en titre Martini quittera l'équipe Williams à la fin de cette année. C'était un contrat de cinq ans (2014-2018), évalué à 15 millions de dollars par année, que le groupe Bacardi, à qui appartient Martini, n'a pas souhaité renouveler.

Les négociations pour trouver une autre source de revenus se font en coulisse en ce moment. C'est donc maintenant que l'équipe doit obtenir des résultats.

Mais qui est prêt à investir dans une équipe qui fait de la figuration, dont on voit rarement les voitures dans les retransmissions télévisées?

Williams n'a marqué que quatre points en cinq courses, malgré les efforts de ses pilotes, notamment de Lance Stroll qui conduit bien depuis le début de la saison, et qui a très peu à se reprocher.

Compte tenu des profondes carences de la voiture, les quatre points marqués par Stroll à Bakou valent plus que des dollars, ils valent de l'or.

Robert Kubica négocie un virage dans la Williams durant les essais libres du Grand Prix d'Espagne à Barcelone.Robert Kubica à Barcelone Photo : Getty Images / David Ramos

Williams attendait beaucoup des premiers tours de piste de son troisième pilote, le Polonais Robert Kubica, à Barcelone pour aiguiller les efforts de l'équipe. Il est chargé de l'évaluation en simulateur des modifications à la voiture.

Le vendredi 11 mai, Kubica avait donc rendez-vous en piste avec la FW41. Et il n’a pas mis de gants blancs pour décrire ses sensations, après avoir tourné lors des premiers essais libres du Grand Prix d'Espagne.

« J’étais gêné dans la voiture tellement j’étais lent à certains endroits du circuit », a-t-il dit candidement en point de presse dans le paddock.

Le mercredi 16 mai, lors du deuxième jour des essais officiels de la FIA, au même endroit, le pilote polonais a repris le volant de la FW41 et a cette fois usé du bitume. Il a fait 123 tours.

En pneus hyper tendres (le pneu le plus adhérent de la gamme), il a fini sa journée de travail à 2,2 secondes de la voiture la plus rapide, la Mercedes-Benz de Valtteri Bottas, qui lui tournait en super tendres.

Les deux voitures ont le même moteur, et pourtant un gouffre les sépare en performance.

« Le gros travail effectué aujourd'hui permet aux ingénieurs de recevoir plein d'infos, qu'ils peuvent maintenant analyser à l'usine. C'était ça le plus important », a affirmé Kubica.

Analyser pour trouver des pistes et progresser. Pour rassurer aussi ceux qui subviennent aux besoins de l'équipe.

Lawrence Stroll, père de Lance et gros bailleur de fonds pour Williams, n'aime pas ce qu'il voit, et qui a fait sa propre démarche.

Il aurait aimé voir un rapprochement technique avec le géant automobile allemand. Il veut voir en piste un retour sur son (gros) investissement dans l'équipe.

Lawrence Stroll marche sur la grille de départ du Grand Prix d'Azerbaïdjan à Bakou Lawrence Stroll à Bakou Photo : Getty Images / Mark Thompson

Une idée que Claire Williams a aussitôt repoussée, sachant qu'elle devait faire un geste pour montrer sa volonté de s'en sortir.

Ce premier geste, l'équipe l'a fait le jeudi 10 mai en confirmant le départ du concepteur de la voiture, Ed Lowe.

Cet ingénieur a visiblement payé pour les insuccès de ce début de saison. Il était à l’emploi de l’équipe depuis 12 ans, et avait connu des jours meilleurs au sein de l'équipe de concepteurs, notamment en 2014 et en 2015.

Son départ ne règle rien, mais donne le signal d’un grand chantier à l’interne.

Les ingénieurs à l’usine de Grove sont à l’ouvrage pour retravailler ce qui semble être à l’origine des carences de la FW41 : la mauvaise circulation de l’air sous la voiture.

Il s’agit donc de redessiner le fond plat et l’extracteur, sous l’aileron arrière (voir ci-dessous photo). Ce n'est pas une mince tâche.

Le train arrière de la Williams FW41 lors des essais Le train arrière de la Williams FW41 lors des essais d'hiver à Barcelone, avec Lance Stroll au volant. 'hiver à Barcelone, avec Lance Stroll au volant. On voit bien l'extracteur (en plus clair sur la photo).Le train arrière de la Williams FW41 lors des essais d'hiver à Barcelone, avec Lance Stroll au volant. Photo : Getty Images / Mark Thompson

Déjà, le directeur technique de l’équipe, Paddy Lowe, a dit qu’il faudrait attendre au dernier grand prix avant la pause estivale, en Allemagne, pour voir une version B de la FW41 entrer en piste.

On sait à quel point il est difficile et coûteux de travailler en parallèle durant la saison. C’est pourtant ce que doit faire Williams pour sauver cette saison 2018.

L’équipe de course doit tenter de marquer des points en grand prix, avec une voiture aux carences connues, pendant que l’équipe d’usine planche sur une version B.

En attendant, les pilotes devront faire preuve de patience, et profiter de chaque occasion, comme l’a fait Lance Stroll au Grand Prix d’Espagne, car il y a cinq courses à disputer avant le Grand Prix d’Allemagne.

Kubica au coeur du renouveau

Robert Kubica devra ensuite retourner dans le simulateur dès que les ingénieurs auront revu et corrigé le fond plat et l’extracteur de la voiture.

Et si les chiffres enregistrés sur ordinateur laissent entrevoir de meilleures performances en piste, l’équipe devra faire valider les nouvelles pièces par les pilotes en piste.

Robert Kubica et le directeur de la performance de Williams, Rob Smedley Robert Kubica et le directeur de la performance de Williams, Rob Smedley Photo : Williams F1 / Twitter

Le Grand Prix de Grande-Bretagne, au début de juillet, serait un très bon test grandeur nature pour la version B, sur le circuit rapide de Silverstone. C’est peut-être ce que vise en fait l’équipe Williams.

Si la version B est prête à temps pour le premier week-end de juillet, Paddy Lowe pourra dire à qui veut l’entendre que l’équipe a réussi le « tour de force » de livrer la nouvelle voiture plus tôt que prévu.

Et ce « tour de force » permettra à l’équipe de profiter des deux semaines entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour apporter d’éventuels correctifs aux nouvelles pièces.

D’ici à la sortie en piste de la version B, Lance Stroll et Sergey Sirotkin devront s’armer de patience et choisir leurs batailles pour aller chercher quelques points.

Le prochain Grand Prix sur le rocher de Monaco, dans les rues étroites entre les casinos et les boutiques de luxe de Monte-Carlo, pourrait être un bon endroit, sous les yeux d'éventuels investisseurs.

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