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Des joueurs portugais agressés par leurs supporteurs

Bas Dost
Bas Dost Photo: Getty Images / Gonzalo Arroyo Moreno
Radio-Canada

La fin de saison du Sporting Portugal a connu un nouvel épisode de crise mardi avec l'agression des joueurs et du personnel technique par des supporteurs au centre d'entraînement après plusieurs semaines très agitées au sein du club sur fond de mauvais résultats sportifs.

Alors qu'elle effectuait son entraînement quotidien à l'Académie du club à Alcochete, dans la banlieue de Lisbonne, l'équipe a été surprise en fin d'après-midi par un groupe d'une cinquantaine de partisans cagoulés.

Ces individus ont forcé la sécurité des installations avant d'aller à la rencontre de l'effectif professionnel et d'agresser physiquement joueurs et entraîneurs.

Pendant leur attaque qui a duré environ 15 minutes, selon les médias portugais, ils ont également saccagé les vestiaires, déclenché les alarmes incendie avec des fumigènes et brutalisé le personnel du club.

« Nous avons procédé à l'arrestation de 21 personnes et fait saisir des véhicules et des objets servant à agresser », a précisé la secrétaire d'État adjointe au ministère de l'Intérieur portugais Isabel Oneto, lors d'une conférence de presse organisée dans la soirée.

L'international argentin Marcos Acuna, l'international croate Josip Misic et l'international néerlandais Bas Dost figuraient parmi les joueurs pris à partie physiquement.

Une photo de Dost, le crâne ouvert et en sang, faisait le tour des réseaux sociaux et montrait la violence de son agression malgré son statut de meilleur buteur du club cette saison avec 34 réussites en 51 rencontres.

L'entraîneur Jorge Jésus aurait quant à lui pris un coup de tête. Après cet événement, l'entraînement a immédiatement été suspendu.

Plusieurs joueurs auraient déjà laissé entendre qu'ils pourraient quitter le club, une hypothèse confirmée par le syndicat des joueurs.

Le club lisboète a aussitôt réagi à ces incidents sur son compte Facebook.

« Le Sporting condamne avec véhémence les événements qui se sont déroulés aujourd'hui à l'Académie sportive. Nous ne pouvons en aucun cas être d'accord avec des actes de vandalisme et d'agression envers les joueurs, les entraîneurs et le personnel ni avec des attitudes criminelles qui n'honorent en aucun cas le Sporting ».

Il a également indiqué qu'il mettrait tout en oeuvre pour imputer « l'entière responsabilité » et exiger des sanctions pour ceux qui ont agi de manière « absolument pitoyable ».

Son président, Bruno de Carvalho, évoquait pour sa part dans une interview diffusée sur la chaîne de télévision du club une « situation atroce » et assurait que les mesures nécessaires seraient prises.

De son côté, la Ligue portugaise de football a condamné ces actes « lamentables qui n'ont rien à faire dans le football que veut promouvoir la Ligue », tandis que la Fédération portugaise de football espère que les autorités mènent devant la justice et sanctionnent « ces criminels qui ne peuvent être que punis ».

« Je laisse ici un message de solidarité avec les joueurs et les entraîneurs qui ont été agressés. Le Portugal est fier de son football, nous avons des responsabilités en tant que champions d'Europe et parce que nous sommes à un mois de la Coupe du Monde », a déploré le secrétaire d'État portugais à la Jeunesse et aux Sports Joao Paulo Rebelo.

Ces violences sont survenues au moment où les Lions préparaient l'ultime match de leur saison, la finale de la Coupe du Portugal, qu'ils doivent disputer dimanche face au Desportivo das Aves pour tenter de remporter un nouveau trophée après la Coupe de la Ligue en janvier.

Les supporteurs du club qui n'a plus été champion depuis 2002 ont toutefois eu du mal à avaler la défaite sur le terrain du Maritimo Funchal dimanche lors de la dernière journée du championnat (2-1).

Un revers qui a fait basculer les Lisboètes à la troisième place et privé les Lions d'une qualification pour le tour préliminaire de la prochaine édition de la Ligue des champions.

Les résultats sportifs étaient déjà à l'origine des fortes secousses qu'avait connues l'équipe au début du mois d'avril. Bruno de Carvalho avait alors décidé de suspendre tous les joueurs mécontents de ses critiques après une défaite contre l'Atlético Madrid en Europa League, avant de revenir sur sa décision.

Avec les informations de Agence France-Presse

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