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Gabriel Girard devient entraîneur de l’équipe chinoise... à Calgary

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Radio-Canada

Après Pyeongchang, Gabriel Girard était prêt à tourner la page et à retourner à son métier d'enseignant. L'entraîneur de patinage de vitesse était persuadé qu'il venait de vivre ses premiers et derniers Jeux olympiques. Mais une offre de l'équipe chinoise est cependant venue changer ses plans.

Un texte de Christine Roger

Les dernières années ont été exigeantes pour le natif de Portneuf, puisqu’il a partagé son temps entre l’Europe et le Québec. Après trois ans à collaborer avec les frères Beckert aux Pays-Bas, puis en Allemagne, Girard était maintenant à la recherche d’une certaine stabilité.

Lorsque la directrice et entraîneuse-chef du programme chinois, Xiuli Wang, l’a contacté pour lui offrir le poste de responsable du recrutement et du développement, il ne pouvait tout simplement pas refuser. Il était impensable pour lui de passer à côté de l’occasion de collaborer avec Wang, cette entraîneuse qui travaillait pour l’équipe canadienne depuis près de 20 ans et qui a participé aux succès de Kristina Groves, Clara Hughes et Christine Nesbitt.

« Mon rôle est de recruter des athlètes en courte piste et en roller, même en fait, d’autres sports. On est même allé voir des rameurs qui étaient en train d’essayer de patiner. C’est un peu fou. Mais ce projet est tombé à l’eau au terme d’une journée. Je leur ai dit que ce n’était pas très réaliste », raconte-t-il, sourire aux lèvres.

C’est par-dessus tout le fait de pouvoir rester à la maison, au Canada, qui l’aura convaincu. La Chine a en effet choisi de déménager son programme à Calgary pour les quatre prochaines années, en prévision des Jeux olympiques de 2022 qui auront lieu à Pékin.

« Il n’était pas question d’aller en Chine à temps plein, confie-t-il. Évidemment, on va aller là-bas pour les sélections nationales et pour une compétition ou deux. Mais vraiment, le pôle sera à Calgary. »

« Mon rôle sera un peu plus local, de rester avec ceux que j’ai sélectionnés pour essayer d’en faire des athlètes de longue piste et, ensuite, de les redonner à Xiuli pour qu’elle, elle les amène en Coupe du monde. La troisième et la quatrième année, je vais rejoindre le groupe de Xiuli et on va être plus en mode olympique », explique-t-il.

Si l’équipe chinoise va côtoyer plusieurs membres de l’équipe canadienne à l’anneau olympique de Calgary, Girard assure qu’il n’est aucunement question d’une collaboration entre les deux pays.

« Il faut voir ça un peu comme si c’était une entreprise privée qui veut juste avoir le plus d’athlètes qui utilisent l’infrastructure. On va juste payer comme n’importe quel autre pays qui va faire un camp d’entraînement sauf que ce sera un camp d’entraînement prolongé », souligne-t-il.

Près de 40 personnes quitteront donc la Chine d’ici la fin du mois afin d’aller s’installer à Calgary. Des traducteurs feront partie du contingent, mais des cours d’anglais seront donnés aux athlètes. Après le français, l’anglais, l’italien, l’allemand et le néerlandais, il aura la chance d’apprendre une sixième langue, car des cours de mandarins lui seront offerts.

Et le Canada?

Avec des passages comme entraîneur aux Pays-Bas et en Allemagne, Gabriel Girard a une feuille de route qui en fait rêver plusieurs. Il croyait en avoir fait suffisamment pour attirer l’attention de Patinage de vitesse Canada, mais non.

Gabriel Girard affirme ne pas avoir eu de conversations avec Patinage de vitesse Canada

« Je suis passé sous le radar. Je ne sais même pas s’ils savent que j’existe », lance-t-il.

« C’est un petit peu décevant de ne même pas avoir de conversation. En même temps, l’attitude qu’ils ont eue envers moi au fil des années, c’est une des raisons pour lesquelles je suis ici aujourd’hui, confie-t-il. Au tout début, j’ai fait ça parce que je voulais essayer d’aller chercher de l’expérience pour être pris ici au Canada et ça m’a juste entraîné à continuer vers cette avenue internationale. C’est sûr que j’écouterais si le Canada me parlait, mais ça n’a pas été le cas encore. »

Si Girard reconnaît que l’équipe canadienne a déjà des entraîneurs très compétents en poste il se questionne à savoir si le fait qu’il ait seulement 33 ans ou qu’il ne soit jamais allé aux Jeux olympiques en tant qu’athlète ne pèse pas dans la balance.

« Je ne vis plus de complexes. Je ne suis pas allé aux Olympiques, so what? J’y suis allé maintenant comme entraîneur, j’ai eu de bons résultats. Je pense qu’il faut voir au-delà de ce statut d’olympien qui rend beaucoup d’organisations aveugles sur qui est compétent ou non. »

Gabriel Girard ne se fait pas d’illusions. La tâche s’annonce colossale parce que la Chine n’est pas une nation reconnue pour ses prouesses à l’ovale. Mais en tant que pays hôte des prochains Jeux olympiques d’hiver, tout sera mis en œuvre pour espérer décrocher une ou même, deux médailles, dans quatre ans.

Si en plus, cette expérience lui ouvre de nouvelles portes, ce sera plus que mission accomplie pour Gabriel Girard. Et qui sait, peut-être réussira-t-il enfin à susciter l’intérêt de l’équipe canadienne.

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