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Un Royal toujours plus international ouvre sa saison samedi à Montréal

Le capitaine du Royal Gabriel Monfette (21) lors d'un match de la saison 2017

Le capitaine du Royal Gabriel Monfette (21) lors d'un match de la saison 2017

Photo : Royal de Montréal

Radio-Canada

Recruter les meilleurs joueurs du monde sans pouvoir leur verser un salaire? C'est le défi renouvelé du Royal, qui offre au public montréalais depuis cinq ans d'assister à l'essor de la première ligue professionnelle d'Ultimate. Les 22 joueurs de l'entraîneuse Caroline Cadotte lancent leur saison à domicile samedi, à 13 h, au complexe sportif Claude-Robillard.

Un texte d'Olivier Paradis-Lemieux

Dans un sport en progression comme l'Ultimate, simplement pouvoir jouer sans devoir continuellement piger dans ses poches est déjà une victoire pour les membres de la seule équipe semi-professionnelle du Québec.

« On a tous déjà commencé à jouer au frisbee en payant bouffe, billets d’avion et déplacement. Maintenant, avec le Royal, ce sont eux qui s’occupent de cette partie-là. Ce qui est bien, c’est que notre saison ne nous coûte absolument rien et on peut aller jouer contre les meilleures équipes », explique le capitaine Gabriel Monfette.

Établie en 2012 avec 8 équipes, l'American Ultimate Disc League (AUDL) en compte désormais 23 éparpillées un peu partout en Amérique du Nord, dont 3 au Canada (Ottawa, Toronto et Montréal). Mais avec l'expansion de la ligue vient une pression constante d'améliorer la formation sur le terrain. L'Ultimate ne fait pas exception. Pour demeurer au niveau de ses adversaires, le Royal doit regarder à l'extérieur des frontières du Québec.

« Il y a une grosse pression des autres équipes. Il y a des gros joueurs qui arrivent et on veut rester compétitifs. On est allé chercher Morgan Hibbert à Vancouver, qui a participé à six Championnats du monde et qui est deux fois champion du monde avec Équipe Canada, Cam Burden, le meilleur joueur de Winnipeg, et Esteban Ceballos, le meilleur joueur de Colombie. On a trois joueurs américains et trois joueurs qui sont les meilleurs de la France », dit avec fierté le président et copropriétaire du Royal Jean-Lévy Champagne.

On a montré de l'ouverture envers les joueurs canadiens et internationaux pour venir jouer à Montréal. Les joueurs sont intéressés, viennent et savent qu’ils entrent dans une bonne organisation.

Jean-Lévy Champagne

Afin de réduire les coûts liés aux déplacements, le Royal joue les 14 matchs de sa saison contre les cinq autres formations de sa division. Sans surprise, c'est avec Toronto, finaliste de la dernière saison, que la rivalité est la plus forte. Le Rush sera d'ailleurs le visiteur pour le deuxième match de la série de trois à domicile de l'équipe montréalaise en mai.

Samedi, contre le Phoenix de Philadelphie, le Royal (2-1) tentera de venger sa seule défaite de la première portion de son calendrier contre une de ces équipes qui se sont justement bien améliorées dans l'entre-saison.

Mais le président du Royal a confiance aux capacités de son équipe de rebondir. « C’est une équipe qu’on a souvent battue dans le passé. On doit avoir une fiche de 10 victoires et 1 défaite contre eux. J’ai hâte de voir l’équipe se relever pour aller chercher cette victoire-là. »

Notre produit sur le terrain, nos gros joueurs, on est allé les chercher, maintenant, c’est à nous d’organiser l’ambiance pour que les fans repartent du match avec le sourire.

Jean-Lévy Champagne

Après trois saisons au stade Percival-Molson, le Royal a déménagé ses activités au complexe sportif Claude-Robillard l'an dernier. Comme l'équipe montréalaise attire des foules d'environ 1500 personnes par match, l'ancien domicile de l'Impact offre un environnement plus en phase avec les ambitions du club. Le changement a été suivi d'une légère baisse des assistances, mais Jean-Lévy Champagne les attribue surtout à la météo bien souvent pluvieuse l'an dernier lors des matchs du Royal.

« Nos fans nous ont suivis, mais ceux qui étaient un peu plus frileux sont restés à la maison », avoue le président du Royal.

« On est contents [du déménagement], ajoute-t-il. On n’a pas utilisé pleinement les infrastructures du centre Claude-Robillard pour nos matchs. L’an dernier, on a reçu le week-end de championnat de l’AUDL. On a fait l’aménagement de la terrasse devant les estrades, et on veut garder la même ambiance pour le match d’ouverture. On aime que les gens soient assis dans les estrades, mais on aime les gens qui encouragent, qui sont debout, qui crient pour nos joueurs depuis la terrasse. »

Les défis financiers restent nombreux pour le Royal. Passés de huit à six, les copropriétaires de l'équipe continuent d'investir afin de faire connaître l'équipe, de la rendre financièrement viable et d'offrir un produit de haut niveau sur le terrain.

« Ce n’est pas facile. Ça prend beaucoup de jus de bras, insiste Jean-Lévy Champagne. Mais on y arrive avec nos propriétaires, nos éclaireurs, nos amis du Ultimate expatriés en Europe ou même en Australie, qui nous ramènent des joueurs. Notre vision à long terme est d’attirer les meilleurs joueurs à Montréal. »

L'Ultimate rêve des Jeux

En dehors de leur courte saison de trois mois, les joueurs du Royal se mêlent à l'élite québécoise amateur chapeautée par la Fédération québécoise d'Ultimate. Le Royal n'est que la pointe la plus médiatiquement visible d'un sport qui continue de gagner des adeptes. Douze ans après sa création, la FQU a aujourd'hui plus de 7000 membres en activité.

« On voit qu’il y a une croissance au niveau du Ultimate, une croissance au niveau de la connaissance du sport, qui est de plus en plus télédiffusé et présent sur les réseaux sociaux. Il y a de plus en plus de gens qui en ont vu à la télévision. On ne veut pas nécessairement que tout le monde joue au Ultimate, mais on aimerait que tout le monde connaisse le sport et les règles du Ultimate », raconte Jean-Lévy Champagne.

« On se disait qu’on était une Fédération qui était un enfant, puis qui est à l’adolescence et maintenant, qui est à l’aube de l’âge adulte. On est prêts à assumer notre rôle de sport. On va arrêter de se comparer aux autres et on va se dire qu’on est sur le même pied d’égalité que les autres sports au Québec », affirme le président de la FQU Guillaume Proulx Goulet.

L'Ultimate est un sport très dur sur le plan cardiorespiratoire, particulièrement dans sa version à 7 contre 7 où les joueurs prennent place sur un terrain de la même dimension que le soccer ou le football.

« Les gens ne s’imaginent pas à quel point c’est exigeant physiquement, insiste Guillaume Proux Goulet. Il y a différentes façons de jouer. Mais la plupart du temps, tu ne peux pas effectuer de changement tant qu’il n’y a pas eu de point. Ça peut être long. Ce sont des sprints en continu. »

L'hiver à l'intérieur, c'est la version à 4 contre 4 qui est la plus populaire. Pas moins de 122 équipes ont d'ailleurs participé au dernier championnat provincial. Mais peu importe le nombre de joueurs sur le terrain, les gestes techniques des pratiquants de l'Ultimate sont ceux d'athlètes de haut niveau.

Et avec l'internationalisation du sport, Guillaume Proux Goulet n'hésite pas à rêver prochainement de son ajout aux Jeux olympiques : « En 2015, le sport a été reconnu par le CIO comme un sport potentiellement olympique. L’objectif est 2024 ou plus réalistement 2028 à Los Angeles. »

« Le sport est très populaire aux États-Unis, surtout en Californie », souligne-t-il enfin.

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