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Un gros repêchage pour les Alouettes

De gauche à droite, on retrouve les joueurs de ligne offensive Brian Simmons, Kristian Matte, Luc Brodeur-Jourdain et Philip Blake.
De gauche à droite, on retrouve les joueurs de ligne offensive Brian Simmons, Kristian Matte, Luc Brodeur-Jourdain et Philip Blake. Photo: Alouettes de Montréal

Le repêchage de la Ligue canadienne de football est une curieuse « patente ». Les premiers joueurs choisis ne seront pas nécessairement les futures vedettes du circuit. Souvent, ils ne sont même pas les meilleurs joueurs disponibles.

Un texte de Jean St-Onge

Le repêchage se tient le jeudi 3 mai à compter de 20 h (HAE).

Après leur campagne désastreuse en 2017, les Alouettes auront le privilège de choisir au tout premier rang.

Mais ça ne veut pas dire qu’ils mettront la main sur l’équivalent d’un Sidney Crosby ou d'un Connor McDavid au hockey.

Les meilleurs joueurs aux postes de quart ou de receveurs de passes proviennent généralement des États-Unis et ne sont pas admissibles au repêchage.

De leur côté, les meilleurs joueurs canadiens sont souvent ciblés par la NFL et espèrent jouer aux États-Unis.

Les équipes de la LCF évitent donc de gaspiller un premier choix sur un joueur qui risque de passer sa carrière au sud de la frontière.

Laurent Duvernay-TardifLaurent Duvernay-Tardif Photo : La Presse canadienne / Ed Zurga

Laurent-Duvernay-Tardif en est un bel exemple. En 2014, il était premier selon la centrale de recrutement. Il a été choisi au troisième tour par les Stampeders de Calgary. Quatre joueurs de ligne offensive ont été réclamés avant lui.

La dernière fois qu'un espoir numéro un de la LCF a été repêché au premier rang, c'est en 2010.

Domination ontarienne

Kavis Reed et son nouveau directeur du recrutement, Miles Gorrell, ont neuf choix en huit tours, mais n’ont pas de sélection au deuxième tour.

La centrale de recrutement a publié son dernier classement il y a quelques semaines, et il est dominé par des Ontariens et des joueurs de ligne à l’attaque.

Si certains disent qu’au hockey, on n’a jamais trop de défenseurs, au football canadien, c’est la ligne à l’attaque qui compte. Si votre équipe mise sur une ligne à l’attaque complètement canadienne, ça vous donne plus de latitude aux autres positions.

Miles Gorrell partage cet avis. Même si plusieurs gros bonshommes ont signé avec des équipes de la NFL et que plusieurs autres ont été invités à des camps d’entraînement, Gorrell semble encore pencher vers un joueur de ligne offensive pour son premier choix.

Il n’y a pas beaucoup de gros bonshommes. Il y en a peut-être 1 sur 100 000 qui mesure plus de 6 pi 6 po (1,98 m). Comment ne pas être tenté d’en repêcher un au premier rang? Les petits joueurs rapides sont plus faciles à trouver qu’un gros gars qui veut jouer au football.

Miles Gorrell

Gorrell a certes un penchant pour les gros joueurs de ligne canadiens, comme il mesure plus de 2,03 m (6 pi 8 po) et qu'il a joué 18 ans dans la LCF.

L’ancien receveur de passes Éric Deslauriers n’avait rien d’un joueur de ligne, mais il est d’accord avec son nouveau patron.

« Quand tu regardes le ratio de joueurs canadiens dans la ligue, c’est sur la ligne offensive que tu retrouves le plus de joueurs nationaux. Donc, avec le premier choix ou le troisième choix, probablement que la plupart des équipes vont choisir un joueur de ligne offensive. »

Ryan Hunter dans son uniforme orange de Bowling GreenRyan Hunter s'est démarqué dans l'uniforme de l'Université Bowling Green, en Ohio. Photo : Collection personnelle - Louise Hunter

Lors de la parution des deux premiers classements des espoirs de la LCF, c’est David Knevel de l’Université du Nebraska qui occupait le premier rang, mais il a été devancé par Ryan Hunter de l’Université Bowling Green lors du classement final.

Mais, après le repêchage de la NFL, Hunter a signé avec les Chiefs de Kansas City, tandis que Knevel a été invité au minicamp des Raiders.

Un autre éventuel premier choix, Dakoda Shepley, de l’Université de la Colombie-Britannique, s'est entendu avec les Jets de New York.

Certains croient que Trey Rutherford, de l’Université du Connecticut, serait l’élu des Alouettes.

Cibasu et les autres Québécois

Si la sélection d’un joueur de ligne à l’attaque est presque automatique comme on l’a vu cinq fois lors des six dernières années, il ne faudrait pas tomber à la renverse si jamais les Alouettes choisissaient un receveur de passes.

On dit souvent que l'équipe n’a pas remplacé Anthony Calvillo, mais on pourrait aussi dire qu’ils cherchent toujours le successeur de Ben Cahoon, un receveur canadien qui se retrouve au cœur de l’attaque de son équipe.

Cette année, il y a quatre receveurs de passes parmi les 20 premiers espoirs de la ligue.

Au deuxième rang se retrouve Mark Chapman, de l’Université Central Michigan. Chapman a mené son équipe avec 59 attrapés pour 875 verges. Il a aussi marqué cinq touchés.

Il a impressionné au camp d’évaluation de la LCF. Il a été un des plus rapides et des plus explosifs.

Régis Cibasu, le seul Québécois listé parmi les 20 premiers, est aussi un receveur. Il vient d’être invité au minicamp des Bears de Chicago.

Régis Cibasu dans le vestiaire des Carabins.Régis Cibasu Photo : Radio-Canada / Julien Lamoureux

Sur papier, Cibasu n’a pas la vitesse pour atteindre la NFL. Certains athlètes sont cependant de meilleurs joueurs de football que les tests mesurables le laissent entendre. C’est peut-être le cas de Cibasu, un gros bonhomme de 1,90 m (6 pi 3 po) et 105 kg (232 lb).

S’il se veut un candidat au poste d’ailier rapproché dans la NFL, il serait plutôt du type centre arrière comme Patrick Lavoie dans la LCF.

Les Alouettes auront peut-être l’occasion de le repêcher, car ils ont deux choix dans chacun des troisième, quatrième et sixième tours.

Les receveurs de passes et porteurs de ballon du Rouge et Or de l'Université Laval Tyrone Pierre, Christopher Amoah, Marco Dubois et Étienne Dufour devraient aussi attirer l’attention de Kavis Reed et des autres directeurs généraux de la LCF.

Le dépisteur Éric Deslauriers estime que c’est une assez bonne année pour les joueurs québécois, même si les chances sont minces d’en voir un être repêché au premier tour.

Il faut toujours se souvenir que le rang de sélection n’est pas une garantie de succès, particulièrement au football canadien.

Luc Brodeur-Jourdain avait été le tout dernier joueur choisi en 2008. Il amorcera cette année sa 10e saison comme partant avec les Alouettes!

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