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Alexis Lepage mise sur le triathlon de Montréal

Alexis Lepage à vélo, lors du Championnat canadien à Ottawa
Le triathlète Alexis Lepage lors de son passage à Ottawa Photo: Courtoisie / Alexis Lepage

Alexis Lepage est l'un des rares habitués du Triathlon international de Montréal et il espère profiter de son expérience sur ce parcours très technique pour y réaliser un sans-faute cette année.

Un texte d’Alexandre Gascon

Tenue dans le Vieux-Port de Montréal les 25 et 26 août, l’étape des Séries mondiales de triathlon, le niveau le plus élevé de compétition dans ce sport, est de retour pour une troisième édition.

Lepage, le mieux classé des triathlètes québécois, se souvient encore du soutien de la foule le 6 août 2017.

« C’était vraiment incroyable. J’étais le seul Québécois sur le parcours et tout le monde m’encourageait. Ça fait chaud au cœur. Tout le long de la course, et même avant le départ, les gens criaient mon nom. C’était super et je suis convaincu que ce sera encore mieux cette année », raconte-t-il, fier de sa 29e position.

À près de 24 ans maintenant – il célébrera son anniversaire dans deux jours – les ambitions ont changé.

« Montréal est une priorité pour moi. Je vais mettre l’accent sur la préparation pour Montréal et aussi les Championnats du monde à Gold Coast », affirme Lepage.

À noter :

Radio-Canada Sports diffuse sur le web les neuf étapes des Séries mondiales de triathlon dont le prochain arrêt aura lieu aux Bermudes, les 28 et 29 avril.

Hors des sentiers battus

Dans le monde du sport olympique revient souvent le sempiternel débat entre les bénéfices d’une centralisation par la fédération nationale et le désir de certains athlètes de faire cavalier seul. Le triathlète a choisi son camp.

Légèrement à l’écart de Triathlon Canada, Lepage poursuit son développement entre les murs de l’Université Laval à Québec, autant comme athlète amateur que comme étudiant en administration sur le point de terminer son baccalauréat.

« J’aime dire que je suis à l’extérieur des sentiers battus », fait-il valoir.

« Je suis parfois en camp d’entraînement avec l’équipe nationale, mais la plupart du temps je suis à Québec avec l’Université Laval, où je peux m’entraîner avec de vraiment bons coureurs du Rouge et Or en athlétisme, de bons nageurs et Pierre-Yves Gigou qui est mon entraîneur et Charles Paquet, 2e au monde chez les juniors. On est une petite équipe, mais on est super heureux », dit Lepage.

Lorsque le Néo-Zélandais Jamie Turner entraînait encore les meilleurs athlètes canadiens en même temps que la championne olympique américaine Gwen Jorgensen en Australie, Lepage avait tenté de se glisser au sein du groupe baptisé les Wollongong Wizards. Sans succès.

« Certains athlètes doivent être bien encadrés. Ils ont leurs propres idées », avance, en guise d’explication, l’athlète olympique et porte-parole de l’événement, Sarah-Anne Brault, présente lors du lancement de l’événement.

« C’est super, c’est juste un peu plus difficile des fois de trouver son chemin. [Lepage] était venu s’entraîner avec nous en Australie. Ça avait moins bien marché. Québec, il aime ça. Ils sont partis souvent, mais ils ont vraiment une belle équipe. »

« Il était un peu plus jeune et ce n’est pas un environnement facile à intégrer nécessairement. C’est plus australien comme système. Même moi, ça n’avait pas été facile. La relation athlète-coach des fois ça marche, des fois ça marche pas et ce n’est pas la faute de personne nécessairement. Il faut que ça clique et je pense que ça n’a pas cliqué », ajoute Brault.

Les résultats de Lepage parlent d’eux-mêmes depuis qu’il s’est installé à Québec. Après des débuts prometteurs sur la scène internationale en 2013 avec un titre canadien junior, Lepage a confirmé l’an dernier avec une médaille d’argent aux Championnats canadiens seniors, derrière Tyler Mislawchuk.

Je vais mettre tous mes œufs dans le même panier et je vais focaliser sur les deux années à venir.

Alexis Lepage

Il a aussi décroché la médaille d’argent à sa première compétition en 2018 à Clermont, une course de niveau continental.

Sa 13e place aux Jeux du Commonwealth en Australie, un peu plus tôt en avril, l’a toutefois laissé sur son appétit.

« Pendant l’épreuve, à vélo, j’ai accroché une barrière avec mon pied. Ça a créé quand même une bonne douleur pour la course à pied, ce qui a fait que j’ai couru un peu moins vite que ce que je voulais faire. Mais, somme toute, 13e, c’est vraiment bon », dit le jeune athlète, qui a bouclé les cinq kilomètres de la course en 16 min 10 s.

Entre deux cours par correspondance, dont un de dégustation de vins, Lepage préparera sa saison estivale axée principalement sur les Séries mondiales d’Edmonton, fin juillet, de Montréal et sur les mondiaux à Gold Coast.

À travers tout ça, les Jeux olympiques de Tokyo sont évidemment dans sa ligne de mire. La période de qualification s’amorce dans les prochains mois.

Prisé de tous

Les athlètes n’étaient pas là pour le confirmer, mais à en croire Lepage et Brault, le Triathlon international de Montréal est rapidement devenu une destination de choix pour l’élite.

« Honnêtement, tout le monde adore le triathlon de Montréal. Le parcours est vraiment exigeant, mais c’est dans le Vieux-Montréal, c’est super beau. La nourriture est incroyable. Montréal, c’est une des plus belles villes au monde à mon sens… et à leur sens aussi », a estimé Lepage.

Le parcours, jugé très technique, avait attiré 8 des 10 meilleurs athlètes au monde en 2017, autant chez les femmes que chez les hommes.

Il y a aussi de bonnes petites côtes, ça prend de la puissance. Il faut vraiment être un bon cycliste et un bon coureur pour être capable de performer.

Alexis Lepage

Cette année, Patrice Brunet, président de l’événement, s'attend à voir la même proportion de coureurs d'élite parmi le peloton de 55 coureurs.

Outre le fait que l’événement ait été repoussé de trois semaines dans le calendrier et qu’on l’ait enrichi de la présence de DJ Abeille dès le jeudi soir, il n’y a aucune nouveauté à signaler.

Seulement une occasion d’encourager ce sport de plus en plus populaire, conclut Sarah-Anne Brault.

« Si on veut créer les meilleurs athlètes, il faut que les jeunes voient ça. Ils ne vont pas aller à Edmonton voir Gomez courir. Mais si c’est à Montréal, ils vont le voir. C’est ça qu'il faut. Et en plus avec la diffusion gratuite à Radio-Canada, c’est super bon pour le sport. »

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