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chronique

Qu’est-ce que le succès? Dans la LNH, ce n’est pas clair

Bill Peters nommé entraîneur-chef des Flames de Calgary
Bill Peters nommé entraîneur-chef des Flames de Calgary Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Martin Leclerc

BILLET - Dans le dictionnaire Larousse, le succès se définit comme un « résultat heureux obtenu dans une entreprise, un travail, une épreuve sportive, etc. : Ses efforts ont été couronnés de succès. » À en juger par l'actualité récente de la LNH, on constate toutefois que la notion de « résultat heureux » est loin d'être la même partout.

À peu près simultanément, les Flames de Calgary et le Wild du Minnesota ont respectivement annoncé lundi l’embauche d’un nouvel entraîneur (Bill Peters) et le congédiement de leur directeur général (Chuck Fletcher).

La semaine dernière, le DG des Flames Brad Treliving congédiait son entraîneur Glen Gulutzan, qui venait de rater les séries pour la première fois en deux ans. En 2017, sous la direction de Gulutzan, les Flames avaient été balayés des séries en quatre matchs par les Ducks d’Anaheim.

Après avoir entendu Treliving évoquer l’imputabilité des entraîneurs ainsi que la nécessité de faire produire les joueurs des Flames au maximum de leurs capacités, on se serait attendu à ce que la haute direction de l’équipe fasse ses devoirs et se lance dans une recherche tous azimuts du candidat idéal.

Eh bien non.

Treliving a annoncé lundi l’embauche de Peters, qui vient de rater les séries éliminatoires quatre saisons d’affilée à la barre des Hurricanes de la Caroline. Pire encore : à ses 11 dernières saisons comme entraîneur-chef (y compris la Ligue américaine, la Ligue junior de l’Ouest et les rangs universitaires canadiens), Peters a raté les séries ou vu son club être éliminé au premier tour des séries à 10 reprises.

Le seul fleuron apparaissant à son curriculum vitae depuis la saison 2004-2005 est un championnat remporté à la barre des Chiefs de Spokane de la Ligue junior de l’Ouest en 2007-2008.

Le gardien du Canadien Carey Price (à l'avant) lève les yeux au ciel après le but de Justin Williams (à gauche), des Hurricanes de la Caroline, en janvier dernier.Les Hurricanes ont marqué 6 buts sur 29 tirs sur le filet de Carey Price (à l'avant). Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Treliving peut bien arguer que Peters a connu du succès à la barre d’Équipe Canada au Championnat mondial dans le passé. Le fait demeure : Peters a obtenu ce privilège parce que son club était exclu des séries de la LNH.

Par ailleurs, la liste des entraîneurs capables de gagner sur la scène internationale aux commandes de l’équipe canadienne est sans doute longue comme deux bras et une jambe.

En résumé, dans l’espoir d’obtenir un « résultat heureux » dans un milieu où les résultats font foi de tout, les Flames se tournent donc vers un entraîneur dont les équipes n’ont rien cassé depuis une décennie!

Sans même rencontrer des entraîneurs disponibles comme Alain Vigneault, Darryl Sutter, Dave Tippett, Dan Bylsma ou Michel Therrien, dont les palmarès sont de très loin supérieurs à celui de Peters.

***

Pendant ce temps, au Minnesota, le directeur général Chuck Fletcher, natif de Montréal et diplômé de Harvard, était jeté par-dessus bord après avoir vu son équipe participer aux séries pour une sixième année d'affilée.

Ceux qui appuient la décision du propriétaire Craig Leipold plaideront qu’à ses six présences en séries, le Wild s’est incliné quatre fois au premier tour et deux fois au second.

Ce qu’ils ne disent pas, par contre, c’est que depuis six ans, seulement trois équipes de la LNH ont participé au grand tournoi printanier six fois de suite : les Penguins de Pittsburgh (qui sont sur une séquence de 12 ans d’affilée), les Ducks d’Anaheim (6 fois) et le Wild. On parle ici d’un taux de succès exceptionnel. Le Wild fait partie d’un club très sélect.

Chuck Fletcher lors du repêchage de 2016Chuck Fletcher Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Sous la direction de Chuck Fletcher, le Wild a compilé le neuvième total de points au classement (547) au cours des six dernières saisons, devançant ainsi des organisations comme les Rangers de New York, les Kings de Los Angeles, les Predators de Nashville et le Canadien.

Dans les séries, toujours durant la même période, le Wild vient au 12e échelon pour le plus grand nombre de matchs disputés (44) et pointe au 14e rang pour le total de victoires (15).

On peut certainement comprendre qu’un propriétaire ait pour objectif de remporter la Coupe Stanley. Par contre, dans un univers ultra compétitif où 30 autres organisations sont à la recherche du même trophée, on s’attend aussi à ce qu’un décideur soit capable de reconnaître si son DG est performant.

Un exemple : David Poile, des Predators de Nashville.

Tout le monde dans la LNH encense le travail de Poile. Après avoir pris part à la grande finale le printemps dernier, les Predators viennent de remporter le trophée du Président et ils figurent parmi les favoris pour remporter la Coupe.

Mattias Ekholm (au centre), des Predators de Nashville, reçoit les félicitations de ses coéquipiers Colton Sissons (à gauche), Ryan Ellis (à l'avant) et Austin Watson après son but contre l'Avalanche du Colorado.Mattias Ekholm (au centre) a ouvert la marque pour les Predators au Colorado. Photo : Associated Press / Jack Dempsey

Au cours des 12 saisons précédentes, toujours sous la direction de Poile, Nashville a toutefois raté les séries trois fois (ce qui est un excellent ratio). À leurs neuf participations aux séries durant cette période, les Preds n’ont atteint le second tour qu’en trois occasions.

Qu’est-ce donc qu’un « résultat heureux »? Au Minnesota, David Poile se serait retrouvé sans emploi avant d’avoir la chance de réaliser son grand plan.

« Nous ne sommes pas assez bons », plaide le propriétaire du Wild.

Bill Peters arrive à Calgary avec une mallette vide. Chuck Fletcher quitte le Minnesota avec un baluchon débordant de réussites. En plus de son passage avec le Wild, trois autres organisations au sein desquelles il a occupé des postes de direction (Floride, Anaheim, Pittsburgh) ont soit atteint la finale ou remporté la Coupe Stanley.

Il sera intéressant de voir, la saison prochaine, si les Flames et le Wild parviendront à mettre en bouteille leurs conceptions bien différentes du succès.

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