•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le TFC des bas-fonds aux portes du paradis

Jozy Altidore et Sebastian Giovinco
Jozy Altidore et Sebastian Giovinco Photo: La Presse canadienne / Frank Gunn
Olivier Tremblay

[BILLET] – D'ici quelques jours, le Toronto FC sera champion des Amériques.

Certains liront cette phrase en espérant qu’elle porte malheur aux Reds (l’auteur de ces lignes a prédit une victoire des Kings de Los Angeles au premier tour, après tout). D’autres affirmeront que c’est l’évidence même. Le TFC fait tout juste figure de favori à l’aube de la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF, et c’est déjà formidable.

Cette équipe était, selon son attaquant Danny Koevermans, la « pire du monde » en 2012. Il faut souffrir pour être beau, dit l’horrible expression, et si la mouture actuelle est si jolie, c’est que le club a pris de magistrales claques.

On pourrait d’ailleurs soutenir que cette lourde défaite subie à Montréal, le 29 octobre 2015, pour le baptême des Torontois dans les éliminatoires de la Coupe MLS, a été l’épine dans leur pied, la source de motivation qui les a menés jusqu’au titre en 2017.

Or, déjà à ce moment, la transformation du club était bien amorcée. Le directeur général, Tim Bezbatchenko, et l’entraîneur-chef, Greg Vanney, n’allaient plus accepter ce qui était simplement acceptable. Déjà armé de son monstre désigné à trois têtes nommé Giovinco-Altidore-Bradley, le TFC devait se rendre surpuissant.

Comment? En continuant de raffiner ses méthodes, particulièrement au chapitre du recrutement. En Bezbatchenko, le club avait fait l’acquisition de son dirigeant le plus familier avec les rouages de la MLS. Cette aptitude à exploiter les moindres détails des règles, doublée d’une impressionnante vision d’ensemble, a aidé le Toronto FC à créer l’effectif le plus riche de la première division nord-américaine.

Repêchage universitaire, marché des joueurs autonomes, repêchage de dissolution, joueurs issus du centre de formation, repêchage intraligue, embauches à l’étranger : les Torontois n’ont ménagé aucun effort ni négligé aucune source pour dénicher les perles rares qui s’imbriqueraient le mieux dans le projet.

La vie, comme me l’a déjà soufflé un collègue, n’est pas un jeu de FIFA où l’on échange simplement un joueur à la note de 78 pour un autre à la note de 80.

Et voilà que le Toronto FC, avec un latéral gauche formé au club qu’on semblait avoir oublié (Ashtone Morgan), un cadre torontois en milieu de terrain (Jonathan Osorio) et un rescapé de Chivas USA (Marky Delgado), s’est qualifié pour la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF contre le « vrai » Chivas. L’équipe a fait honneur à son étiquette de « meilleure de l’histoire de la MLS ».

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont des collègues américains plus expérimentés que moi, qui regardent la MLS depuis 1996.

Les joueurs de l’Impact, un brin contrariés de devoir commenter cette qualification, ont avancé que la réussite du TFC sur le continent serait avantageuse pour le soccer canadien. La réaction des Torontois à leur défaite contre les Montréalais en 2015 (et, dans une moindre mesure, au parcours du Bleu-blanc-noir jusqu’en finale de la Ligue des champions) me fait abonder en ce sens.

Le Toronto FC aurait-il atteint les plus hauts sommets sans l’échec à Montréal? Impossible de le savoir. Ce qu’on sait, par contre, c’est que la volonté d’enterrer cette débandade mouvait l’équipe toute la saison suivante.

Le reste de l’histoire a encore été ponctué de quelques écueils, mais la première étape de la domination totale est franchie depuis la finale de la Coupe MLS en 2017. La seconde, plus délicate, s’amorce mardi. Je parie qu’elle se terminera bien pour les Torontois, même si la muraille mexicaine sera difficile à percer. Et tout cela poussera l’Impact et les Whitecaps à être meilleurs.

Le Toronto FC, rappelons-le, n’est théoriquement pas représentant de la MLS dans ce tournoi. Le club s’y retrouve plutôt à titre de champion canadien. Soyons cependant certains que la MLS se réjouira d’une victoire torontoise.

Enfin, elle pourra passer à autre chose après des années à tout faire pour préparer un triomphe contre la Liga MX.

Quelques tirs hors cadre…

  • Si on me forçait à regarder les matchs d’une seule équipe de MLS cette saison, je choisirais Orlando. La raison porte un nom : Oriol Rosell. Le milieu de terrain catalan est revenu en MLS cet hiver, trois ans et demi après avoir réussi à lui seul 16 passes de plus que l’Impact en entier lors d’une visite du Sporting de Kansas City dans la métropole (160 contre 144). J’ai cependant dérogé à ma règle jusqu’ici puisque Rosell n’a toujours pas joué pour sa nouvelle équipe. Il était toutefois sur le banc, samedi, pour la victoire de 2-0 des Floridiens à Philadelphie. Peuuuuuple à genouuuuuux…
  • Le dernier match du week-end entre Atlanta et le New York City FC était un régal. Deux collectifs ambitieux, de la verticalité, du jeu, un à-toi-à-moi tactique entre les entraîneurs Tata Martino et Patrick Vieira. Et que dire du but d’Alexander Ring, une frappe ridicule de l’extérieur de la surface de réparation qui heurte la transversale et retombe derrière la ligne?
  • Laurent Ciman va marquer de la tête sur coup de pied de coin samedi, au stade Saputo, pas vrai?

Soccer

Sports