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Patrick Chan tire sa révérence

Patrick Chan
Patrick Chan Photo: The Canadian Press / DARRYL DYCK
Radio-Canada

Patrick Chan, l'athlète masculin de patinage artistique le plus décoré de l'histoire canadienne, tire sa révérence.

Un texte de Jacinthe Taillon

La glisse, c'est une sensation de liberté complète et le parfait contrôle d'un court moment. Être sur la glace en compétition, ça me donnait confiance, et c'était tellement spécial chaque fois que je me présentais en compétition.

Patrick Chan

Patrick Chan a les yeux brillants lorsqu’il parle de ce qui lui a permis de laisser sa marque dans le monde du patinage moderne.

Certes, ses trois médailles olympiques, ses trois titres de champion du monde et son record de 10 victoires aux Championnats canadiens témoignent d’une carrière hors du commun. Mais ce qui a fait de lui, selon plusieurs, une légende du patinage, c’est sa capacité à se déplacer sur la glace à une rapidité phénoménale.

Cette fameuse glisse dont tout le monde parle quand on évoque son nom.

« Quand on voit Patrick Chan patiner, on n'a pas l’impression qu’il est sur la glace, mais qu’il est au-dessus de la glace. En compétition, il volait littéralement au-dessus de la patinoire, par sa technique, sa souplesse et sa puissance », souligne le spécialiste Alain Goldberg.

Et sans compromis sur le contenu de ses programmes. C’est en alliant l’aspect artistique et technique comme nul autre qu’il a repoussé les limites de son sport.

La médaillée de bronze des Jeux de Vancouver, Joannie Rochette, abonde dans le même sens.

« La glisse, c’est quelque chose qui ne s’apprend pas, c’est quelque chose que Chan fait naturellement. C’est un peu comme ton empreinte, ta démarche. En patin, c’est la façon que tu as de te déplacer. Et ça, c’est assez incroyable chez Patrick. Le rythme de ses genoux, les flexions et la vitesse qu’il prend juste avec une poussée, c’est vraiment impressionnant », se souvient l’ancienne patineuse.

Chan a sa propre définition de ce qu’est une légende. C’est pour cette raison qu’il accepte, bien qu’avec humilité, ce compliment.

Pour moi, une légende, c’est simplement quelqu’un qui trouve l’amour dans ce qu’il fait, et qui s’épanouit dans un environnement positif. Alors, en ce sens, oui, je suis une légende. Le patinage a eu une grande influence dans ma vie et c’est un honneur d’entendre ça de la bouche de plusieurs Canadiens.

Patrick Chan

Lors de la conférence de presse où il a annoncé officiellement sa retraite, il a versé quelques larmes en parlant du soutien de ses parents qui ont fait de nombreux sacrifices pour lui permettre de réaliser son rêve.

« Quand j'étais à l'aube de mes premiers Championnats du monde en 2007, j'étais assis sur le bord de la patinoire et j'étais déprimé, car pour la première fois, je sentais la pression de performer, s'est souvenu le jeune homme. Mon père s'est approché et m'a demandé ce qui n'allait pas. Je lui ai dit d'oublier le voyage, de garder son argent, car ça ne servait à rien de venir me voir puisqu'aucun de mes sauts ne fonctionnait. Mon père m'a répondu que tous les sacrifices n'avaient rien à voir avec les résultats, mais bien avec le parcours, et que tout ce qui comptait était que je donne mon 100 %. Ce sont des valeurs que je n'oublierai jamais », a-t-il dit la voix nouée par l'émotion.

Le nouveau retraité compte toutefois poursuivre sa carrière sur le plan professionnel en participant à des tournées de spectacles, notamment avec Stars on Ice. Il veut aussi explorer le monde de l’immobilier dans la région de Vancouver et lancer sa propre école de patinage.

Entrevue avec Patrick Chan

Sa philosophie en tant qu’entraîneur sera à l’image des choix qu’il a faits dans sa propre carrière, sans détour.

« Je pense qu'on commence à oublier (la glisse) présentement dans le patinage. On commence à pousser les patineurs à faire des quads, de plus en plus jeunes, et ça met beaucoup de pression sur la génération qui devrait être en train de patiner pour la joie et rien d'autre. »

Le plus beau moment de sa carrière restera son dernier titre canadien, remporté à Vancouver en 2018, l’endroit même où il avait mis la main sur sa toute première victoire et où il compte écrire un nouveau chapitre de sa vie.

Colombie-Britannique et Yukon

Patinage artistique