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Le Canadien retrouve Tomas Plekanec à Toronto

Tomas Plekanec
Tomas Plekanec Photo: Getty Images / Claus Andersen

TORONTO - Près de trois semaines se sont écoulées depuis que le Canadien (26-33-12) a rompu ses liens avec Tomas Plekanec, envoyé à Toronto dans l'optique de réaliser une cure de jeunesse. Les Montréalais renoueront avec l'attaquant tchèque, samedi, au domicile des Maple Leafs (42-22-7).

Un texte d'Alexandre Gascon et de Félix St-Aubin

« Ça va être un peu bizarre au début, mais dans les dernières semaines, on a eu à s’adapter à différentes situations, en voilà une autre », s'est exclamé Brendan Gallagher, sourire aux lèvres.

L'attaquant du Tricolore connaît bien son sujet. Gallagher a passé plusieurs saisons à patrouiller le flanc droit de Plekanec, à bénéficier de ses enseignements certes et à composer avec la lourde tâche qui incombe aux ailiers du centre tchèque : affronter les meilleurs trios adverses soir après soir.

« Si tu faisais quelque chose d’idiot sur la glace, en rentrant au banc tu voyais son regard, s'est souvenu Gallagher. Il n'avait pas besoin de dire grand-chose. J’ai joué dans son trio pendant plusieurs années et j’ai appris beaucoup [...] C’est un joueur intelligent qui trouve les petites failles de l’adversaire et te partage l’information après. »

Avec de jeunes joueurs, c’est le genre de gars qu’il est important d’avoir dans les parages.

Brendan Gallagher sur Tomas Plekanec

« J’étais assis à côté de lui dans la chambre à Brossard et au Centre Bell. Je l’appelais Papa Plek, parce qu'il ne parlait pas beaucoup. Mais quand tu avais des choses à lui demander, il était tout le temps là. Ça a été un vrai pro, un leader quand j’étais là », a expliqué Nicolas Deslauriers.

Terre-à-terre, pragmatique, intelligent, discret. C'est le refrain qui joue constamment lorsqu'on interroge quiconque sur le leadership silencieux du vétéran de 35 ans. Entouré d'une vingtaine de journalistes et de caméras dans son nouveau vestiaire bleu et blanc, on sent que Plekanec n'apprécie pas nécessairement l'exercice.

Fidèle à lui-même, il renvoie tout à l'équipe, au succès de celle-ci et au fait qu'il doit constamment s'améliorer. Il admet ne pas avoir trouvé complètement sa place encore au sein de cette jeune formation qui nourrit de grandes ambitions cette année. Un rôle de mentor peut-être?

« Je suis ici depuis trois semaines à peine, c’est un peu tôt pour le dire. On verra comment tout tombera en place avant les séries », a-t-il dit pour balayer la question du revers de la main.

« C’est différent, c'est certain. Ça va bien jusqu’à date. J'ai de bons coéquipiers, je gagne à nouveau et c’est toujours un bon sentiment et je me prépare pour les séries [...] Je ne veux pas en faire une grosse affaire, c’est un match comme les autres. Un match pour moi qui me permettra de m’améliorer et d'être un meilleur joueur pour Toronto », a enchaîné Plekanec.

C'est qu'il se retrouve dans une position imprécise depuis son arrivée à Toronto, peut-être pour la première fois de sa carrière de 15 ans dans la LNH. Sa contribution offensive a chuté de façon draconienne depuis deux ans et les Maple Leafs ont fait son acquisition pour profiter de sa grande expérience et de ses qualités défensives, mais encore là, difficile de le faire lorsque tu joues moins de 10 minutes par match.

« Pleks est nouveau, mais on sent qu’il sera important pour nous, a rappelé son entraîneur, Mike Babcock. Il réfléchit probablement un peu trop présentement. On a confiance en ses habiletés, son professionnalisme. C’est très important d’avoir un trio que tu peux envoyer dans la mêlée contre n’importe qui. C’est le trio de (Nazem) Kadri pour l’instant, mais je pense qu’il sera bientôt en mesure de le faire aussi. »

Sous la férule de Babcock, Plekanec mène le quatrième trio des Leafs, flanqué des ailiers Dominic Moore et Kasperi Kapanen.

L'utilisation du centre a considérablement diminué. Il n'a en effet pas atteint la dizaine de minutes sur la surface de jeu dans chacun de ses trois derniers matchs. Il s'agit d'un scénario rarissime dans son cas puisqu'il faut remonter au 3 avril 2013 pour le retrouver en pareille situation.

Toujours en quête d'un premier point après sept rencontres avec sa nouvelle formation, Plekanec affiche un rendement de -2. Il a enregistré huit tirs sur les gardiens adverses et a été puni à deux occasions.

Toronto, château fort dans la LNH

Les Leafs n'ont plus perdu au Centre Air Canada depuis le 22 janvier contre l'Avalanche du Colorado. Une jolie séquence de 11 victoires d'affilée à domicile.

Le défi s'annonce costaud pour Claude Julien et ses hommes qui feront confiance à Charlie Lindgren pour l'avant-dernière confrontation de la campagne face aux Ontariens. Le portier est dans un creux de vague. Il a accordé 16 buts à ses 3 derniers départs et jamais moins que 5 par affrontement.

Charlie Lindgren Charlie Lindgren Photo : Getty Images / Ronald Martinez

« Tu veux lui donner une occasion de rebondir. C'est un bon moment pour lui », a expliqué l'entraîneur-chef Claude Julien.

On sait qu'il n'est pas à son mieux. Stéphane [Waite] travaille avec lui, non seulement sur la patinoire, mais aussi durant les séances de visionnement pour essayer de l'aider à retrouver son synchronisme, sa confiance.

Claude Julien, entraîneur-chef du Canadien de Montréal

Rien pour aider Lindgren, les troupiers de Babcock surfent sur une série de trois victoires. Ils ont coup sur coup vaincu les Penguins de Pittsburgh (41-26-5), les Stars de Dallas (38-26-8) et les Sabres (22-36-12), à Buffalo.

« Je me trouve exactement là où je voudrais être, soit l'occasion de jouer face aux Maple Leafs de Toronto, a déclaré le gardien. Qu'est-ce que je pourrais demander de plus? »

« J'aime cet amphithéâtre, j'aime jouer ce genre de match, c'est certain, a-t-il poursuivi. La foule embarque, c'est l'une des plus grandes rivalités au hockey. »

Du côté des Maple Leafs, la jeune vedette Auston Matthews ne sera pas en uniforme pour ce troisième affrontement de la saison entre les grands rivaux. Les Leafs ont remporté les deux premiers duels, l'un en prolongation et l'autre sans équivoque.

Matthews, qui ratera une neuvième rencontre d'affilée, avait d'ailleurs tranché le débat en lever de rideau, mettant un terme à une séquence noire de trois ans et neuf mois des Torontois contre le CH.

Julien a confirmé que Michael McCarron, rappelé mercredi du Rocket de Laval, disputera un premier duel avec le Tricolore depuis le 7 novembre. L'imposant ailier droit n'a pas obtenu un seul point en huit rencontres cette saison à Montréal.

Il semble maintenant fixé sur le rôle que l'organisation souhaite le voir camper.

« Je dois être un dur. Je dois essayer de faire en sorte que les adversaires n’aient pas envie de jouer contre moi. Ce n’est pas nécessairement de me battre. Offensivement, je n’ai pas à produire énormément, ce n’est pas ce qu’ils attendent de moi et je dois le réaliser. C’est probablement ce que j’essayais trop de faire avant. Et c'est pour ça que je ne suis pas resté dans la LNH. »

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