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Comment Hugo Barrette est-il « redevenu un cycliste »

Hugo Barrette

Hugo Barrette

Photo : Getty Images / Dan Mullan

Radio-Canada

Six mois, c'est court dans une vie d'athlète. Mais pour Hugo Barrette, bien des choses se sont placées dans la dernière demi-année. Avec son nouvel entraîneur français Franck Durivaux, le Québécois a l'impression d'être « redevenu un cycliste » et aborde les Championnats du monde sur piste dans la forme de sa vie.

Un texte de Guillaume Boucher

Le courant a passé entre Hugo Barrette et Franck Durivaux dès leur première rencontre en août. Le Français avait alors été nommé à la tête du programme canadien de sprint à la suite du départ d’Erin Hartwell, en poste depuis trois ans et demi.

Le cycliste a tout de suite adhéré à la philosophie de son nouvel entraîneur. « Sans même le connaître, je lui faisais confiance en partant », dit l'athlète de 26 ans.

Le travail en gymnase et en force brute, sur lequel insistait Erin Hartwell, n’est plus le point central de son nouveau programme. Et il ne s’en plaint pas.

« Avant, j’avais de la misère à me lever le matin, explique-t-il. On s’entraînait deux fois par jour, c’était très dur. Ça ne se transformait pas en des performances exceptionnelles. J’étais toujours un peu fatigué. Maintenant, on fait plus de qualité et je suis plus rapide. »

Cette « qualité », Hugo Barrette l’a développée en revenant à la base, en appliquant des points techniques sur son vélo.

Il faut se souvenir qu’on est des cyclistes. C’est le point central cette année. J’ai la puissance, la force. Il faut maintenant le transférer sur le vélo, non seulement dans mes performances, mais aussi dans la manière que je pédale et que je me tiens sur le vélo. Peu importe le résultat, on voit que quelque chose a changé.

Hugo Barrette

« C’est un athlète qui est très puissant, très fort, dit Franck Durivaux à propos de son nouveau protégé. Il faut un peu dompter ça pour le transférer sur le vélo. On est passé par plusieurs étapes, par plusieurs petits réglages pour qu’il exploite complètement la puissance qu’il a en lui. »

Hugo Barrette ne veut surtout pas brûler les étapes. En six mois avec Durivaux, il a commencé à placer la base. Ce n’est qu’une fois ce travail fini qu’il s’investira pleinement dans le volet stratégique de ses performances, d’une importance capitale au keirin, son épreuve individuelle préférée, et aussi dans l’épreuve de vitesse.

« Dans toutes ses prises de décision, il ne doit plus hésiter, dit Franck Durivaux à propos de ce chantier. Ce sont des choses qui doivent être ancrées en lui. Il doit faire ce qui semble bon pour lui, ce qui marche pour lui. »

Les Championnats du monde à Appeldoorn, aux Pays-Bas, où il est inscrit en sprint individuel et en keirin, seront une occasion de mesurer le travail accompli. Mais Hugo Barrette ne se donne pas d’objectifs précis pour cette compétition, parce qu’il lui reste encore beaucoup à accomplir.

« Ça faisait au-dessus de quatre ans que je faisais plus ou moins la même chose », dit le Madelinot pour expliquer d’où il est parti.

Sans pression, avec un désir d’attaquer la piste et l’impression d’être dans la forme de sa vie, il a quand même de bons coups à jouer aux Pays-Bas. On le verra dès jeudi, à son entrée en scène pour le keirin.

Hugo Barrette aux Jeux olympiques de RioAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hugo Barrette aux Jeux olympiques de Rio

Photo : La Presse canadienne / Pavel Golovki

Longue route vers Tokyo

Hugo Barrette sera cet été à mi-chemin du cycle qui pourrait l’amener à ses deuxièmes Jeux olympiques, à Tokyo, en 2020. Il a le sourire accroché aux lèvres quand on le ramène au même point dans son parcours vers les Jeux de Rio.

« C’est complètement différent, dit-il. À cette époque, j’émergeais. Je réussissais à faire des résultats en keirin, mais le programme canadien de sprint commençait tout juste à prendre forme. Je venais un peu de nulle part. »

Les choses ont en effet beaucoup changé en quatre ans, à commencer par le programme canadien de sprint, auquel Franck Durivaux a donné un nouveau souffle, selon Barrette.

« On regarde devant et c’est plus facile de voir de bonnes performances et des champions du monde sortir de ce programme », lance-t-il.

Il est lui-même mieux entouré depuis qu’il travaille avec B2dix, programme holistique de soutien aux athlètes.

« Je suis dans des conditions idéales pour réussir », admet-il.

Il a du temps devant lui, mais ne peut pas en perdre.

Quand je vois où on en est aujourd’hui, ça va prendre deux ans d’efforts parfaits pour atteindre les plus hauts niveaux.

Hugo Barrette

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