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Comment Kaillie Humphries s’est réinventée en s’entraînant avec une rivale

Les Américaines Elena Meyers et Taylor et Lauryn Williams (à gauche) et les Canadiennes Kaillie Humphries et Heather Moyse (à droite) à la cérémonie de médailles des Jeux olympiques de Sotchi

Les Américaines Elena Meyers et Taylor et Lauryn Williams (à gauche) et les Canadiennes Kaillie Humphries et Heather Moyse (à droite) à la cérémonie de médailles des Jeux olympiques de Sotchi

Photo : Getty Images / Alexander Hassenstein

Radio-Canada

Le bobsleigh n'a plus de secret pour Kaillie Humphries, ses adversaires non plus. La Canadienne connaît particulièrement bien celle qui devrait être son plus sérieux obstacle dans sa quête d'un troisième titre olympique de suite : l'Américaine Elana Meyers Taylor, avec qui elle partage le même entraîneur.

Kaillie Humphries rencontre Stuart McMillan en 2007, à un moment important de sa carrière, à ses débuts comme pilote. C’est le début d’une longue et heureuse collaboration, mais qui n’a rien à voir avec le pilotage.

McMillan est un spécialiste du sprint. Il deviendra d’ailleurs quelques années plus tard l’entraîneur d’Andre De Grasse. Avec lui, Humphries s’applique à devenir une meilleure bobeuse dans sa préparation physique.

« Je suis naturellement très forte, mais pas naturellement rapide, explique-t-elle. Stu en connaît beaucoup sur la mécanique du sprint et du mouvement. À un jeune âge, j’ai pu corriger quelques lacunes à cet égard. »

Le transfert de la force en vitesse, la précision des mouvements, l’explosion : plusieurs choses se placent pour Humphries avec son nouvel entraîneur. « Je lui dois ma carrière sur le plan athlétique », confie la double championne olympique.

Il m’a aidée à devenir l’athlète que je suis, à me fixer des buts sans me contenter d’être bonne, mais plutôt en visant l’excellence.

Kaillie Humphries

Le palmarès de Kaillie Humphries :

  • Championne olympique aux Jeux de Vancouver en 2010 et de Sotchi en 2014
  • Championne du monde en 2012 et 2013, vice-championne en 2017
  • Championne des saisons de Coupe du monde 2012-2013, 2013-2014, 2015-2016 et 2017-2018
Kaillie Humphries à l'entraînementAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kaillie Humphries à l'entraînement

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

En garde partagée

C’est cette quête d’excellence qui mène Humphries à accepter en 2012 de partager son entraîneur avec l’Américaine Elana Meyers Taylor, avec qui elle s’entraîne déjà l’été. Stuart McMillan lui expose les bénéfices qu’elle pourrait en tirer.

« Elle voulait commencer à s’entraîner avec Stu. Stu m’a dit que la décision me revenait, se souvient Humphries. Elana est venue m’en parler. Je voulais lui dire d’aller voir ailleurs, de se trouver son propre entraîneur parce que je savais que je pouvais compter sur un des meilleurs.

« Stu m’a dit : "Écoute, tu veux faire ce que personne n’a encore accompli. Tu as besoin des bonnes personnes autour de toi et Elana est une personne incroyable." »

Le palmarès d’Elana Meyers Taylor :

  • Médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et d’argent aux Jeux de Sotchi en 2014
  • Championne du monde en 2015 et 2017, vice-championne en 2009 et 2013
  • Championne de la saison de Coupe du monde 2014-2015, vice-championne en 2013-2014 et 2017-2018

Avoir une grande rivale dans son entourage est peut-être ce qu’il fallait à Kaillie Humphries pour se réinventer. C’est peut-être aussi ce dont avait besoin Elena Meyers Taylor.

Les deux pilotes dominent leur sport depuis des années. Elles se sont partagé tous les titres aux Championnats du monde (sauf en 2016) depuis 2012. Cette saison, elles se sont talonnées dans toutes les Coupes du monde jusqu’à ce qu'Humphries décroche le globe de cristal, à la dernière épreuve, à Königssee.

« Elle me pousse plus loin que n’importe qui d’autre, dit la Canadienne à propos de sa rivale américaine. Elle me rappelle ce pour quoi je travaille et ce qui peut arriver si j’arrête de travailler. […] Si je relâche mon effort pendant une seule seconde ou que je connais une mauvaise journée, elle sera là, devant moi. »

Humphries vise aux Jeux de Pyeongchang un troisième titre olympique de suite. Elana Meyers Taylor est sans doute celle qu’elle devra craindre le plus. La lutte entre les deux se joue à très peu de choses, comme à la Coupe du monde de Saint-Moritz, en janvier 2017. L’Américaine l’avait alors emporté par un petit centième de seconde.

« Ma plus grande peur est que ça arrive aux Jeux olympiques, avait confié Humphries après cette amère 2e place. C’était vraiment difficile à vivre. »

Leur rivalité est très forte, mais reste saine. Ces deux bobeuses sont des amies, encore plus depuis qu’elles se côtoient plus fréquemment à l’entraînement. Il y a entre elles un immense respect, qui est là pour longtemps, peu importe comment se terminera le concours olympique, le 21 février.

Si je ne gagne pas, j’espère sincèrement que c’est elle qui gagnera. Et je sais qu’elle pense la même chose.

Kaillie Humphries
Kaillie Humphries et Elana Meyers TaylorAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kaillie Humphries et Elana Meyers Taylor

Photo : Instagram: Elana Meyers Taylor

Avec les informations de CBC

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