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Rasmus Dahlin en avance sur les meilleurs Suédois de l’histoire?

Rasmus Dahlin pendant le Championnat du monde de hockey junior, à Montréal

Rasmus Dahlin pendant le Championnat du monde de hockey junior, à Montréal

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Martin Leclerc

La nouvelle voulant que le défenseur suédois Rasmus Dahlin se soit taillé une place au sein de l'équipe olympique de son pays à 17 ans n'a pas fait énormément de bruit en début de semaine. Pour ceux qui s'intéressent au prochain repêchage de la LNH, cette sélection en dit toutefois très long sur l'immense respect dont il jouit déjà dans sa fédération nationale, ainsi que dans le monde du hockey professionnel.

Dahlin, qu’on a récemment vu briller au Championnat mondial junior (un tournoi accueillant une majorité de joueurs âgés de 19 ans), évolue déjà en première division suédoise avec la formation de Frölunda.

Une écrasante majorité d’experts prédisent qu’il sera le tout premier joueur réclamé au repêchage de la LNH en juin prochain. Dans l’histoire de la ligue, aucun défenseur suédois n’a été le tout premier choix à l’encan amateur.

« La possibilité que Dahlin soit sélectionné au tout 1er rang constitue quelque chose de très gros dans notre pays. Ce serait une grande fierté pour la famille de Dahlin, mais aussi pour le hockey suédois », explique le secrétaire général de la Fédération suédoise de hockey sur glace (FSHG), Tommy Boustedt.

La Suède a produit un grand nombre de supervedettes au fil des ans. Toutefois, aux yeux de Tommy Boustedt, Rasmus Dahlin constitue un cas tout à fait particulier.

Principal acteur de la renaissance du hockey suédois au début des années 2000, Tommy Boustedt a côtoyé tous les grands joueurs de son pays au cours 35 à 40 dernières années. Avant d’être mis en charge des équipes nationales suédoises en 2001, il a notamment été l’entraîneur de Mats Sundin dans la Ligue élite suédoise (avant que ce dernier fasse le saut avec les Nordiques), et les équipes qu’il dirigeait se frottaient à des formations où l’on retrouvait des jeunes comme Nicklas Lidstrom, Peter Forsberg et les jumeaux Sedin.

« C’est extrêmement difficile de dire si Dalhin est le meilleur espoir que j’aie vu à l’oeuvre, parce que nous en avons produit de très très bons dans le passé, répond Boustedt, après quelques secondes de réflexion. Par contre, je dirais qu’en termes de développement, Dahlin est en avance d’un an sur tous les joueurs que vous venez de nommer ».

Voilà une observation à la fois flatteuse et extrêmement révélatrice!!!

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Boustedt décrit Rasmus Dahlin comme un athlète humble qui, « comme le Suédois typique, préfère ne pas trop attirer l’attention ».

« Son père est l’un des 12 entraîneurs régionaux que notre fédération emploie pour superviser le développement de nos hockeyeurs dans le pays. En regardant jouer Rasmus, on voit clairement qu’il a passé pas mal de temps à peaufiner ses habiletés de patinage. Il a aussi passé beaucoup de temps à jouer au hockey-balle pour parfaire son maniement de bâton », souligne Tommy Boustedt.

Le secrétaire général de la FSHG raconte qu’il a vu jouer Dalhin pour la première fois quand ce dernier avait 15 ans, en novembre 2015. Chaque année, et ce depuis 1959, la télé nationale suédoise diffuse un tournoi de hockey qui porte le nom de « TV Puck ». Ce tournoi met aux prises les meilleures équipes regroupant des joueurs de moins de 15 ans de chacun des 22 districts du pays. Cette compétition est très suivie.

« Cette année-là, Rasmus Dahlin a été proclamé meilleur défenseur de son âge sur la scène nationale, et il était clair qu’il était promis à une belle carrière. Or, son développement s’est poursuivi à un rythme très élevé au cours des deux dernières années. »

Et comment! Moins de trois ans après avoir brillé à « TV Puck », et avant d'avoir atteint sa majorité, Dalhin se retrouvera sous les feux de la rampe à Pyeongchang, où il affrontera des joueurs de la KHL et d’anciens joueurs de la LNH.

« Nous sommes convaincus que Dahlin peut jouer à ce niveau, même si nous sommes conscients que c’est quelque chose de très difficile à accomplir pour un jeune de son âge », indique Boustedt.

Les joueurs de la LNH ne seront peut-être pas présents à Pyeongchang, mais parions que plusieurs directeurs généraux feront le voyage pour épier le prodige suédois.

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Cela dit, la sélection de Dahlin par la Suède, ainsi que la composition de l’équipe américaine (où l’on retrouvera une poignée d’universitaires de la NCAA) soulèvent des questions sur la décision du Canada de ne faire appel à aucun des meilleurs jeunes talents au pays pour assembler son équipe de hockey masculin.

Même si le Canada vient de remporter le Championnat mondial junior avec plusieurs premiers ou seconds choix au repêchage de la LNH, et même si quelques Canadiens figurent parmi les meilleurs joueurs de la NCAA au hockey universitaire, le directeur général Sean Burke a pris la décision de miser uniquement sur des vétérans dont l’âge moyen se situe à plus de 31 ans.

Dans un sport basé sur la vitesse, c’est une orientation qui pourrait venir hanter le Canada au cours du tournoi.

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