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Carey, Carey, Carey…

Carey Price

Carey Price

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Enrico Ciccone
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - À la suite de la défaite des siens, samedi soir, contre les Sénateurs, celui qui était autrefois le meilleur gardien de but du monde a livré une performance hors de l'ordinaire avec les journalistes dans le vestiaire de la Place TD à Ottawa.

Sourire aux lèvres, assurance, désintéressement total à répondre aux questions de façon franche et honnête, bref, attitude exécrable dans la défaite!

Au cours de ma carrière, la LNH nous donnait chaque année une formation médiatique pour nous aider en vue des points de presse et des rencontres avec les journalistes, chez nous comme sur la route. L’objectif : encadrer cet aspect désagréable de notre profession.

  • Leçon no 1 : être très clair dans ses propos.
  • Leçon no 2 : ne pas laisser place à l’interprétation.
  • Leçon no 3 : éviter le « pas de commentaire » ou le « prochaine question », réponses qui laissent justement place à l’interprétation.
  • Leçon no 4 : répondre directement et franchement, en regardant le journaliste dans les yeux.

Je peux comprendre que les questions viennent parfois du champ gauche. Elles peuvent aussi être posées avec des intentions cachées, mais bien précises : on veut que l’athlète dise un mot de trop ou qu’il s’échappe malencontreusement à propos de l’entraîneur ou d’un coéquipier.

Les questions teintées de sarcasme sont fréquentes, tout comme celles que posent des pseudo-connaisseurs qui ne recherchent que ton aval après l’introduction interminable qui précède leur courte interrogation.

Carey, samedi soir, a enfreint à peu près toutes ces règles.

Bobby Ryan, des Sénateurs d'Ottawa (à gauche), bat Carey Price (au centre) d'un tir des poignets après avoir volé le disque à Jonathan Drouin, du Canadien de Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bobby Ryan (à gauche) a inscrit le deuxième but des Sénateurs d'Ottawa tard en troisième période contre le Canadien.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le manque de clarté dans les réponses ou les intentions cachées dirigent la ligne de questionnement ailleurs, et ça peut devenir personnel. C’est exactement ce qui est arrivé samedi.

Pour certains journalistes dans le marché très compétitif de Montréal, rapporter les faits, ce n’est pas assez. Ils sont à la recherche de la citation juteuse qu’on utilisera en première page de leur quotidien ou qui tuera même la une dans quelque média que ce soit.

À chacun son travail. Ce n’est pas à moi de les juger.

Carey en a gros sur le cœur. On s’est introduit dans sa vie privée, on l’a hué et ridiculisé chez lui, au Centre Bell, et il est évident qu’il veut rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui lui ont fait subir ce traitement.

Le numéro 31 a bien le droit de faire ce qu’il veut, pourvu que l’aspect collectif ne soit pas touché. Le CH est loin d’être solide sur la glace. Il serait encore plus difficile de s’en remettre si son joueur clé, Carey Price, devenait persona non grata!

Une nonchalance pesante

Il est très dur pour moi de dire au cowboy de mettre de l’eau dans son vin. Je suis doté d’une grande patience envers les gens. Mais quand le lien de respect se brise, c’est terminé, et on passe à un autre appel.

J’ai toujours défendu l’athlète et sa personnalité. Ils ne peuvent pas tous être des Jean Béliveau ou des « Rocket » Richard avec du feu dans les yeux.

Cependant, comme ancien joueur qui se battait à chacune de ses présences pour en obtenir une autre, qui mettait tout en œuvre presque chaque année pour signer un contrat et prolonger sa carrière, qui vivait au quotidien l’angoisse par rapport à son avenir, voir mon coéquipier « joueur de concession » répondre de la sorte lorsque nous nous battons pour notre survie m’aurait rendu furieux.

Tu peux être certain, Carey, qu’il y a 25 ou 30 ans, tu aurais eu mal aux épaules après l’entraînement, et ton masque aurait porté des traces de caoutchouc.

Les joueurs se moquent de ta nonchalance et de ton attitude tant que ça ne les touche pas. J’ai l’impression que ça devient lourd pour eux. Dans mon cas, ça commencerait à me taper royalement sur les nerfs.

Ta moyenne de buts accordés de 2,99 et ton taux d’efficacité de ,905 ne t'offrent pas cette latitude réservée aux joueurs étoiles.

Tu n’avais pas grand-chose à te reprocher au dernier match. Tu as donné une chance à ton équipe de gagner. Mais tes coéquipiers, je crois, auraient aimé que tu partages leur désarroi.

Je t’ai toujours défendu. Je sais que tu veux gagner. Dis-le simplement à ton visage en point de presse.

Pas pour les partisans ou pour les journalistes. Pour les coéquipiers qui ont toujours été là pour toi.

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