28 juin 1914

Assassinat de l'archiduc d'Autriche

Le prince héritier de l’Empire austro-hongrois, François-Ferdinand, est assassiné par un nationaliste serbe. L’Allemagne, alliée de l’Autriche-Hongrie, se dresse contre la Serbie, ce qui déplaît d’abord à la Russie, puis à la France et à l’Angleterre. L’assassinat de cet aristocrate, considéré comme un fait divers dans les journaux du Canada français, ravive les tensions nationalistes en Europe. C'est l'élément déclencheur qui mène à une guerre sans précédent.

4 août 1914

Entrée en guerre de la Grande-Bretagne

Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie, le 3 août, à la France, puis le 4 août, à la Belgique. Se voyant menacée, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne. Le Canada, puisqu'il fait partie de l'Empire britannique, se joint aux troupes de la Triple-Entente (Russie, France et Grande-Bretagne) que l’histoire désigne aujourd’hui comme les Alliés. À ne pas confondre avec la Triple-Alliance formée de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie et de l'Italie, à partir de 1915.

22 août 1914

Adoption de la Loi sur les mesures de guerre au Canada

Le gouvernement conservateur de Borden adopte la Loi sur les mesures de guerre qui stipule que n'importe quel citoyen peut être arrêté sans mandat et que l'État peut réquisitionner tout bien ou toute propriété s'il les juge utiles à l'effort de guerre. En 1914, la base de Valcartier est trop petite pour accueillir les 30 000 soldats à entraîner. Le ministre de la Défense a ainsi le droit d'exproprier 125 cultivateurs.

Soldat et prisonnier de guerre

Arthur Giguère
Épisodes 1, 3 et 5 »

Arthur Giguère (1895-1968) s’enrôle à 19 ans, dès le début de la guerre. Il suit l’entraînement à Valcartier, puis en Angleterre au sein du 14e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. À la veille de Noël 1915, huit mois après être arrivé au front, lors de la bataille de Langemark, en Belgique, il est blessé et fait prisonnier. Lorsqu’il revient au pays en 1919, c’est un homme brisé. Arthur Giguère ne racontera jamais sa guerre à ses enfants, mais toutes les nuits, il fera des cauchemars durant lesquels il crie en allemand. En 2006, sa famille a trouvé par hasard ses lettres dans une valise oubliée dans un grenier.

Plus d'archives »

Le 21 mai 1916, Arthur Giguère remercie sa famille pour les colis reçus en captivité : « J’ai reçu deux colis cette semaine de la maison. Un colis, c’était du sucre d’érable, deux boîtes de viande, deux paquets de tabac. »

Extrait de la série radio - épisode 3 »

Le 54e Régiment devant le manège militaire de Sherbrooke, 1914

"Extrait d’une lettre d’Arthur Giguère à sa famille alors qu’il est dans les tranchées en France : « Et pour la température, il mouille souvent et un froid humide. Et pour la guerre, c’est toujours à peu près pareille, et seriez-vous capable de m’envoyer une bonne paire de gants. » "

Arthur Giguère, 19 ans, dans son uniforme des carabiniers de Sherbrooke (54e Régiment), août 1914. Collection Jean-Claude Giguère

Août-septembre 1914

Les premiers enrôlés

« Quand y s'est enrôlé lui, y a pas trop réfléchi, je pense, aux conséquences... »

Extrait audio de la série radio - épisode 1

Édouard, le fils d’Honoré-Édouard Légaré, raconte que son père s’est enrôlé par esprit d’aventure: « Quand y s'est enrôlé lui, y a pas trop réfléchi, je pense, aux conséquences... »

Extrait de la série radio - épisode 1 »

De Saint-Henri à la Russie

Oliva Cinq-Mars

En s’engageant en tant que volontaire dans l’armée en 1914, Oliva Cinq-Mars a hâte de voir du pays, mais il ne s’attend pas à se retrouver cinq ans plus tard dans une toundra gelée de Sibérie. De 1915 à 1918, l’artilleur de la 9e Batterie a participé à toutes les batailles majeures du Corps expéditionnaire canadien et a perdu bien des illusions à propos de la guerre.

Plus de souvenirs +

L’enthousiasme des débuts

Il est loin, l’été où Oliva Cinq-Mars, modeste ouvrier du quartier Saint-Henri, a célébré en compagnie de milliers de personnes le début de la Première Guerre mondiale au square Viger. Il s’était alors précipité vers les bureaux de recrutement.

Dans ses mémoires, il se rappelle l’ambiance qui régnait à l’époque : « Ne riez pas trop, vous qui me lisez, car les jeunes de 1914 n'avaient jamais connu la guerre et ils étaient chauffés à blanc par les journaux remplis de sujets de guerre, des exploits glorieux des armées françaises et anglaises, mais surtout par les atrocités commises en Belgique. »

Le chaos de Valcartier

Soldat Oliva Cinq-Mars

En août 1914, Oliva Cinq-Mars laisse derrière lui son jeune fils et sa femme enceinte pour aller rejoindre, comme de nombreux autres, le nouveau camp militaire de Valcartier, près de Québec. Du jour au lendemain, il faut loger, nourrir, vêtir et entraîner plus de 35 000 hommes qui attendent avec impatience leur passage vers l’Europe.

Des bataillons complets de soldats s’entraînent sans uniforme et il y a un manque chronique d’officiers expérimentés. En fait, le manque de ressources finit par empêcher le gouvernement d’envoyer tout le monde en Angleterre. Des milliers de volontaires retournent chez eux. Oliva Cinq-Mars, lui, traverse l’Atlantique. En octobre 1915, il est au front, en France.


L’épreuve du feu : la bataille de la Somme

L’église de Courcelette avant le 15 septembre 1916

De juillet à novembre 1916, pendant la terrible bataille de la Somme, en France, le jeune homme, devenu artilleur, vit pour la première fois à l’horreur et à l’absurdité de la guerre. « Il y a (…) des Canadiens blessés, aux bras d'Allemands blessés, qui s'aident l'un et l'autre; maudite guerre! Quelques heures plus tôt, ces mêmes gens voulaient se tuer l'un et l'autre et à présent, ils s'aident, car ils n'ont qu'un désir, se traîner aussi loin que possible en dehors du tir des canons », se désole-t-il.

Les batailles se succèdent : Courcelette, Vimy, Passchendaele. Le moral s’enfonce comme les bottes dans la boue des Flandres. Cependant, une surprise attend l’artilleur en 1917. Le gouvernement vote une permission spéciale pour tous les hommes mariés partis avec le premier contingent. Oliva Cinq-Mars pourra enfin voir sa fille, née quelques mois après son départ.


Une permission et une destination mystérieuse

Liste des affectations du soldat Oliva Cinq-Mars.

Toutefois, de retour au pays, l’accueil est glacial. Le Québec est en pleine crise de la conscription. En raison de l’uniforme qu’Oliva Cinq-Mars doit porter en tout temps, les passants le prennent pour un membre de la police militaire, chargée de capturer les conscrits qui tentent de fuir.

De retour à Valcartier, l’artilleur rencontre un officier qui le presse de s’engager dans un bataillon spécial qui devra aller se battre dans un pays étranger dont l’identité doit demeurer secrète. « J’ai signé en me disant qu'aller ailleurs, sur d'autres fronts, cela ne peut pas être pire que de retourner en France. » Il avait tort.

Depuis la révolution en 1917, la Russie a conclu une entente avec l’Allemagne. Les Alliés craignent que le redéploiement des soldats du front de l’Est vers l’Ouest enfonce les positions françaises et britanniques. Ils décident alors d’attaquer le gouvernement bolchevique afin de remettre le tsar sur le trône et de forcer la Russie à reprendre les combats.


La Russie : un hiver de trop

Les artilleurs B. F. Brown et A. A. Outram, de la 68e Batterie, devant une cache, soldats canadiens comme Oliva Cinq-Mars, dans le nord de la Russie (mai 1919).

L’absurdité de la situation n’échappe pas à Oliva Cinq-Mars : « Quelle farce que d'envoyer une expédition de 6000 hommes pour envahir un pays grand comme la Russie, avec une population de 180 millions d'habitants. » Pire, à peine débarqués, les soldats apprennent que l’Armistice a été signé et que la guerre contre l’Allemagne est terminée. C’est la joie en France, en Belgique et au sein de l’Empire, mais pas dans le camp du jeune artilleur.

Il doit rester au front près d’un an de plus que ses compatriotes avant d’être finalement évacué. Soldat des premières heures, Oliva Cinq-Mars s’est battu pendant cinq ans et exploit remarquable, il n’a jamais été blessé. Après toutes ces péripéties, l’ancien artilleur revient à Montréal où il reprend le cours normal de sa vie d’ouvrier.


* Récit de Gabriel Rompré d’après les mémoires d’Oliva Cinq-Mars, Mémoires de campagne. Ce témoignage très personnel de la Première Guerre mondiale sera publié à l’automne 2014 par Athéna Éditions.

3 octobre 1914

Soldats canadiens en route pour l'Europe

Le premier contingent militaire canadien, formé de 33 000 hommes, s'embarque pour l'Europe.

20 octobre 1914

Création du premier bataillon canadien-français

Depuis le début de la guerre, les soldats de la province sont dispersés dans des bataillons canadiens-anglais. Le Dr Arthur Mignault, membre de l’élite montréalaise, investit 50 000 $ dans la création d'une unité militaire canadienne-française pour permettre aux soldats francophones de travailler dans leur langue. Le premier contingent du 22e Bataillon est constitué de 1024 hommes.

Soldat télégraphiste mort au combat

Erol LizotteÉpisodes 1 et 2 »

Erol Lizotte, né le 11 juillet 1890, participe par sens du devoir à l’expédition outre-mer du 22e Bataillon. Comme il connaît la télégraphie et qu’il parle anglais, il est assigné aux communications.

Le 30 avril 1916, il est dans les tranchées situées près du village de Saint-Éloi, dans le nord-ouest de la Belgique. Il meurt au combat atteint d’un éclat d’obus.

Plus d'archives »

Début février 1915

Arrivée dans les tranchées

Les premiers bataillons canadiens débarquent en France et s'installent progressivement sur le front de l'Ouest, une ligne de 850 kilomètres de tranchées qui traverse la France et la Belgique à partir de la mer du Nord jusqu'à la frontière suisse. Les Canadiens prennent ainsi part à une longue guerre de position où les avancées se calculent en quelques kilomètres seulement.

Capitaine mort au combat

Richard Steacie
Épisodes 1 et 5 »

Ce Montréalais, né en Irlande et arrivé au Canada en 1883, vers 14 ans, représente bien les premiers Canadiens à s'être enrôlés, puisque la majorité d’entre eux sont des immigrants britanniques. Richard Steacie meurt le 22 avril 1915 au cours de la deuxième bataille d’Ypres, la première grande bataille des Canadiens. Grâce à l’historien amateur Michel Gravel, la famille a pu retrouver sa tombe.

Plus d'archives »

Pamela, l’arrière-petite-fille de Richard Steacie, raconte comment ce dernier est mort à la deuxième bataille d’Ypres : « Et au moment où ils étaient donc en route pour la première ligne, il a reçu un coup de balle dans le cou et il est mort presque instantanément. »

Extrait de la série radio - épisode 1

Capitaine Richard Steacie, dans les tranchées (date et lieu inconnus)

Du 22 avril au 25 mai 1915

Deuxième bataille d'Ypres : première descente aux enfers

La bataille, qui se déploie en Belgique, est le baptême du feu des Canadiens. Les Allemands utilisent pour la première fois des gaz asphyxiants à grande échelle. Les pertes allemandes, morts, blessés et disparus, sont estimées à 35 000 hommes; et celles des Alliés, à 70 000, dont 6000 morts pour les troupes canadiennes.

7 mai 1915

Le Lusitania, touché et coulé

Ce paquebot anglais en provenance de New York est coulé par une attaque sous-marine allemande, au large de l'Irlande : 1200 civils périssent, dont une centaine de Canadiens. Les victimes sont surtout des femmes et des enfants, partis voir leur père, leur mari ou leurs frères qui s’étaient enrôlés.

Du 15 au 27 mai 1915

Bataille de Festubert :
un assaut décevant

Les combats contre les Allemands sont conduits par le commandant anglais Douglas Haig. Les affrontements, qui s'étirent sur 10 jours, mènent à un autre échec pour les Alliés. Le Canada perd 2468 hommes, morts ou blessés.

Un entrepreneur devenu soldat

Ernest Bouvrette
Épisodes 1, 2 et 5 »

Ce père de trois enfants, qui a perdu son entreprise, s’enrôle pour faire vivre sa famille. Il meurt lors de la première journée de la bataille de Courcelette, le 15 septembre 1916, la bataille qui fera la renommée du 22e Bataillon.

Plus de souvenirs +

Un entrepreneur devenu soldat

Chèque de 20 $ envoyé à la femme d’Ernest Bouvrette.

En 1914, Ernest Bouvrette est marié à Bernadette Laframboise. Ils ont trois enfants : Mariette, Roméo et Fernande. Ernest Bouvrette est ferblantier-couvreur et son entreprise compte trois employés. À cause de la guerre, l’armée réquisitionne tout le métal, notamment pour fabriquer des armements. Ernest Bouvrette doit congédier ses employés et se retrouve ainsi sans revenu.

Le père de famille se sent responsable et ne voit d’autres solutions que de s’enrôler car cela assurerait un revenu de 20 $ par mois à sa famille. Sa femme tente de l’en dissuader, sans succès. Il y tient d’autant plus que sa solde est bonifiée par le Fonds patriotique canadien qui donne de l’argent aux familles d’hommes mariés et de pères de famille qui s’enrôlent. Et puis, un père de famille ne sera pas envoyé au front, croit-il.


Le dur apprentissage de l’armée

Ernest Bouvrette photographié durant son entraînement en Angleterre.

Le 15 juillet 1915, Ernest Bouvrette s’enrôle dans l’armée et est envoyé au camp de Valcartier. Il n’a jamais tenu une arme à feu. L’entraînement est  très exigeant : les soldats doivent marcher sur 10 kilomètres avec une charge de 100 livres (45 kg) sur le dos. L’homme, qui mesure plus de 2 mètres, saigne souvent du nez. Plus tard, il se retrouve à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, à endurer un entraînement intensif. Ernest Bouvrette est sûr qu’il va demeurer réserviste.


Le passage par l’Angleterre

Ernest Bouvrette photographié parmi un de ses bataillons

On ignore à quel moment Ernest Bouvrette s’embarque pour l’Europe en direction de la Grande-Bretagne. Chose certaine, il fait partie de la 5e Brigade d’infanterie canadienne, 2e division, au sein de laquelle se trouve le 22e Bataillon, le seul bataillon canadien-français.

En Angleterre, l’entraînement est encore plus ardu qu’« en Canada », comme il l’écrit à sa famille. C’est tellement difficile qu’il en vient à souhaiter aller au front. Mais il a une autre motivation pour se battre. Un ami soldat aurait révélé à Bernadette Bouvrette que son mari avait la fibre patriotique. Ernest Bouvrette lui aurait déclaré : « Il faut y aller : c’est notre patrie. On défend la liberté. On défend la liberté de notre pays. »


Noël loin des siens

« Eh bien chère femme je t’envoie ton portrait, je ne sais pas si tu vas le trouver beau [...]. Je t’envoie des beaux becs en pincette et je te souhaite du courage. Et bonne santé. C’est ton mari qui t’envoie cela, je voudrais bien t’avoir avec moi. Bien, je termine, il est 9 h du soir. Il faut que je me couche à 9 h 30. On n’est pas maître. »

Ernest Bouvrette a beaucoup écrit à sa famille. Il souhaite du courage à sa femme Bernadette, lui donne toujours des « becs en pincette », ou encore s’inquiète de ses enfants. Il demande à sa femme de lui écrire souvent, même si elle n’a rien à lui raconter. Il souffre que sa fille Mariette ne lui ait pas encore écrit, mais l’aînée ne pardonne pas à son père d’être parti à la guerre.

Il passe les fêtes de Noël 1915 en Angleterre. Visiblement, il s’ennuie de sa famille : « J’aimerais donc être petit oiseau (sic) pour voir ma petite Fernande recevoir ses cadeaux. » Et il se plaint aussi du peu d’efforts que fait l’armée pour améliorer l’ordinaire des soldats. Au menu du souper de Noël : de la dinde et une orange.


Le départ pour le front

Ernest Bouvrette en plan rapproché au sein de son bataillon

C’est en avril 1916, qu’Ernest Bouvrette, maintenant dans le 41e Bataillon (en réserve du 22e) traverse la Manche vers la France. Sa famille sait qu’il a séjourné en Belgique, mais ses lettres ne sont pas toujours claires à ce sujet. Les soldats sont souvent tenus dans l’ignorance du lieu où ils doivent se rendre. Ainsi, ils ne peuvent avertir l’ennemi!

À la fin de juillet 1916, le soldat se trouve à Courcelette où se déroule la fameuse bataille de la Somme. Il apprend la dure vie dans les tranchées. Il écrit qu’il apprécie de dormir au sec dans une maison de pierres, après 11 jours à dormir dehors. Sans doute pour rassurer sa famille (et ne pas se faire censurer par l’armée), le soldat adopte un ton plutôt léger. Mais il ne cache pas tout : quand il y a plusieurs x à la fin d’une lettre, cela signifie que ça brasse au front, un code qu’il avait établi avec sa femme. Plusieurs de ses lettres se terminent ainsi.


Quelques jours de « repos »

Lettre d’Ernest Bouvrette à sa femme (19 août 1916) :
« (…) je t’assure que ça va faire du trouble. On va loin. Ça doit prendre trois jours pour se rendre. Je vais terminer. Je n’ai pas grand nouvelles à t’apprendre. Depuis quelques jours, il mouille souvent (...) »

Le dimanche 6 août, Ernest Bouvrette est à l’hôpital. En revenant du front, il est tombé dans un trou d’obus et s’est blessé au pied. Même s’il dort sur un brancard, c’est mieux que dans les tranchées. Et puis, il est bien nourri. « Tu me dis de faire une neuvaine, j’avais déjà commencé. Le Bon Dieu, il ne veut pas que je prie. Chaque fois, il m’arrive quelque chose. »


Une fin tragique et une veuve éplorée

Mot du roi George V envoyé aux familles des soldats morts au champ de bataille.



Pierre tombale d’Ernest Bouvrette au cimetière britannique de Courcelette, en France.

Le 15 septembre 1916, le 22e Bataillon a la mission de s’emparer du village de Courcelette, occupé par les Allemands. C’est la première attaque d’envergure du 22e, qui va s’illustrer et y gagner le respect des autres soldats. Mais Ernest Bouvrette meurt ce jour-là.

Son compagnon d’armes racontera à sa veuve qu’alors qu’il marchait dans les tranchées, il s’est retourné et a vu Ernest touché par un obus. « Ne soyez pas inquiète : il n’a pas souffert. » Ernest Bouvrette est enterré au cimetière britannique de Courcelette, en France.

Bernadette n’a jamais oublié son Ernest. Elle a conservé toutes ses lettres et même les documents qui confirment son décès, comme un mot du roi George V, qui souligne le courage du soldat. Sa fille Fernande s’est ennuyée d’un père qu’elle n’a jamais connu. Le fils de cette dernière, Léopold Nepveu, a été nourri des histoires de sa grand-mère. Il est allé se recueillir sur la tombe de son grand-père qu’il admire profondément. Et aujourd’hui, il est le gardien de ses souvenirs.


* Source des textes et des photos : collection Léopold Nepveu, petit-fils d’Ernest Bouvrette et de Bernadette Laframboise

15 septembre 1915

Arrivée en France du
22e Bataillon

Formé d'un millier de soldats canadiens-français, le 22e Bataillon débarque en France après quelques mois d'entraînement en Grande-Bretagne. Les Français ont la surprise de voir défiler des soldats de l'Empire britannique qui parlent leur langue et leur réservent ainsi un accueil chaleureux.

1er janvier 1916

Engagement du premier ministre Borden

Robert Borden annonce dans un message aux troupes canadiennes que le pays recrutera 500 000 hommes pour le combat.

3 février 1916

Le Parlement du Canada brûle

L'édifice central est complètement ravagé par les flammes. L'incendie fait sept victimes. Les Allemands sont soupçonnés d’en être les auteurs, mais il est d’origine accidentelle.

Du 21 février au 19 décembre 1916

Bataille de Verdun : le plus long carnage de la guerre

L'offensive allemande a pour but la prise de la région fortifiée de Verdun. Les troupes françaises résistent pendant 10 mois et remportent une victoire défensive. Au terme d’une des batailles les plus longues et les plus meurtrières de la Grande Guerre, on évalue à environ 350 000 le nombre de morts, de blessés et de disparus pour chacune des armées, l’allemande et la française, pour un total de 700 000 victimes.

Le début d’un grand amour

Blanche Lavallée et
Henri Trudeau
Épisodes 1 et 2 »

Blanche Lavallée, une infirmière montréalaise, et Henri Trudeau, lieutenant puis aviateur canadien de la Royal Air Force, se rencontrent au printemps 1916 à l’Hôpital militaire de Saint-Cloud, en banlieue de Paris : c’est le coup de foudre. Ils profitent de chaque permission pour se fréquenter. L’une et l’autre s’illustrent à leur façon pendant le conflit. Les deux amoureux se marieront en 1924 et auront quatre filles.

Plus de souvenirs +

Une jeune fille déterminée

Blanche Lavallée à son bureau, 1917

Blanche Lavallée, née en 1891, vient d’une famille où la culture est importante. Son père, qui a travaillé pour la papeterie Rolland, l’a encouragée à apprendre l’anglais. Mais il la trouve un peu trop audacieuse quand, le 19 mars 1915, elle s’engage dans le Corps de santé royal canadien quelques semaines seulement après avoir terminé son cours d’infirmière. Son entraînement militaire est bref, puisqu’elle part pour l’Angleterre le 6 mai de la même année.

Sur le bateau, les infirmières, qui ont le rang de lieutenant, assistent à des exposés sur les règlements de l’armée, l’entretien sanitaire ou encore les soins infirmiers militaires. Mais tout cela paraît bien insuffisant une fois sur le terrain.


Ce n’est pas la vie de château

Blessés français (poilus) et leurs infirmière et infirmiers canadiens, vers 1916 à l’hôpital militaire de Saint-Cloud

Blanche Lavallée, contrairement à ses consoeurs, qui demeurent en Angleterre, est envoyée au British General Hospital numéro 4, installé dans un hôtel à Versailles. Dans cet « hôpital » de guerre, la nouvelle recrue voit des atrocités : des amputations à la dizaine, des milliers de blessures par balles, des visages ravagés et, surtout, beaucoup de morts de jeunes hommes. Après ce dur apprentissage, Blanche Lavallée passe quelques mois en Angleterre.


Saint-Cloud, l’hôpital stationnaire numéro 4

Personnel infirmier canadien-français accueillant une ambulance avec blessés, vers 1915 à Saint-Cloud

En janvier 1916, Blanche Lavallée retraverse la Manche pour travailler dans un hôpital de guerre, fait de baraques et de tentes montées sur un champ de courses, en banlieue de Paris. Les soldats blessés arrivent souvent en grand nombre à la suite d’une attaque ennemie. Les infirmières doivent les débarrasser de leur uniforme encrassé, les laver, soigner leurs blessures, assister aux opérations, faire et changer les pansements, accompagner les convalescents vers un autre hôpital, réconforter ceux qui vont mourir et assister aux funérailles, qui parfois durent des journées entières, tant il y a de pertes.

Le travail ne cesse jamais. Les conditions de travail sont difficiles, dans le froid et l’humidité, sans oublier la présence des rats et des poux, particulièrement après la bataille de la Somme.

Blanche envoie une bonne partie de son salaire à sa famille, car son père, atteint de cancer, ne peut plus subvenir aux besoins de sa famille.


Un militaire de carrière

Henri Trudeau en uniforme d’aviateur, 1917

Henri Trudeau est né à Longueuil, en 1891. Il s’enrôle dans le 85e Régiment en 1906 comme soldat. En 1914, il entre au Canadian Royal Regiment avec le rang de lieutenant. Il sert en France et en Belgique à compter de novembre 1915. Comme l’armée canadienne n’a pas d’aviation, il rallie la Royal Air Force en 1917. Il est basé dans le secteur des Vosges, dans le nord-est de la France, où il mène des raids contre des manufactures de munitions allemandes.


La vie dangereuse d’un aviateur

Livre de bord des vols d’Henri Trudeau : date, vent, altitude, temps dans les airs et nombre de victimes touchées

Quand Henri Trudeau monte à bord de son avion, il ne sait pas s’il va en revenir vivant. Les premiers avions de guerre sont faits en bois, à part le moteur. L’aviateur est assis dans un espace à ciel ouvert, à la portée des tirs de mitrailleuses. Bien sûr, il n’y a pas de parachute. À sa fille, il dira qu’il n’a jamais eu peur : « J’étais brave. »

L’aviateur rend compte de chaque mission. Il écrit précisément, toujours en anglais, combien d’ennemis - de Boches, comme il les appelle - il atteint ou encore combien de coups il a tirés, à quelle distance et au-dessus de quel endroit.


Un grand amour en pleine guerre

Les amoureux, probablement à Saint-Cloud

Henri Trudeau est blessé à deux reprises. Est-ce à l’une de ces occasions qu’il est soigné à Saint-Cloud? Chose certaine, un certain soir du printemps 1916, il va très bien, puisqu’il invite une infirmière à dîner. À son retour, c’est Blanche Lavallée qui ouvre la porte à sa collègue. C’est le coup de foudre entre Blanche et l’officier. Ils se fréquentent, autant que faire se peut en temps de guerre, et s’écrivent beaucoup. Les lettres ont été perdues, mais leur fille se rappelle que c’était rempli de mots doux et de longues phrases pour exprimer un tendre sentiment.


De longues fiançailles

Blanche Lavallée (à droite) et une collègue infirmière après leur passage à Washington en mai 1918

Blanche Lavallée est rapatriée en janvier 1918, souffrant d’un affaiblissement général. Le 2 mai, elle va militer à Washington pour que les infirmières américaines accèdent au rang de lieutenant. En tant qu’officier, Henri Trudeau a le droit de se marier à condition de posséder 5000 $ et de ne pas avoir de dettes. Il épouse donc Blanche Lavallée en 1924. Le couple aura quatre filles. Henri Trudeau poursuivra sa carrière militaire et Blanche Lavallée jouera un rôle-clé à la Croix-Rouge à Québec, à Montréal et à Regina, où son mari est tour à tour posté. Blanche et Henri prendront leur retraite en 1947.


* Sources

Liliane Grantham, « Blanche Olive Lavallée : infirmière militaire pendant la Première Guerre mondiale et philanthrope », Canadian Defense Quarterly, automne 1986.

Témoignage et photos recueillis auprès de la famille Trudeau

Photos de la collection de Michel Litalien, auteur du livre Dans la tourmente : deux hôpitaux militaires canadiens-français dans la France en guerre (1915-1919), Athéna Éditions.

Du 1er juillet au 18 novembre 1916

La longue bataille
de la Somme

Les Alliés tentent de faire une brèche dans le front allemand qui s'étend sur 45 km dans le nord de la France. Plus de 3 millions de soldats participent à cette offensive. On évalue les pertes à environ 1 200 000 morts, disparus et blessés, toutes armées confondues. Près de 24 000 Canadiens meurent au combat.

Carte des batailles »

Du 15 au 22 septembre 1916

Courcelette : la bataille des Canadiens français

Cette attaque s'inscrit dans l'offensive de la Somme. Le 22e Bataillon reçoit l’ordre de s’emparer du village de Courcelette, mais perd le tiers de ses effectifs en se rendant sur les lieux. Ainsi, seulement 600 soldats occupent le village durant trois jours et défendent leur nouveau bastion contre des milliers d’Allemands. Les Canadiens français font ainsi leurs preuves. Durant cette bataille, les premiers chars d’assaut sont utilisés par les Alliés : ils coupent les barbelés et défient les tirs de mitraillette.

Le jeune commandant du 22e

Thomas-Louis Tremblay
Épisode 2 »

« L’impression me reste d’un très mauvais rêve; les maisons en feu au sud de village, les obus qui tombent par centaines faisant tout sauter, la bataille à la grenade, les charges à la bayonnette, les morts et le gémissement continuel des blessés. La résistance physique et morale de l’homme est inconcevable. Si l’enfer est aussi abominable, que ce que j’ai vu là; je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi d’y aller. »

Tiré des mémoires de Thomas-Louis Tremblay, 28 ans, commandant du 22e Bataillon pendant la bataille de Courcelette

Un médecin dans un hôpital militaire

François-Louis Demers

Le Dr François-Louis Demers participe à la guerre, en France, dans les hôpitaux dirigés par, entre autres, un autre médecin canadien-français, Arthur Mignault, aussi à l’origine du 22e Bataillon. Il pratique à Saint-Cloud à partir de novembre 1916, à Troyes en 1917, à Joinville-le-Pont en 1918, puis en Angleterre en 1919. C’est une contribution sans prix à cette guerre qui a fait tant de victimes.

Plus d'archives »

Janvier-février 1917

L'hiver le plus froid
de la guerre

Les soldats, campés en Europe, connaissent l'hiver le plus froid depuis le début de la guerre. Les températures atteignent -30 °C, ce qui est exceptionnel pour la région. Avec des vêtements en toile et en laine, les hommes sont mal équipés pour affronter le froid humide et la boue glaciale des tranchées belges et françaises.

De février à octobre 1917

La révolution russe

La chute du tsar en Russie et l’instauration d’un gouvernement bolchevique changent complètement le jeu des alliances. Les Alliés craignent que le redéploiement des soldats du front de l’Est vers celui de l’Ouest n’enfonce les positionnements français et britannique. Ils décident alors d’attaquer le gouvernement bolchevique, afin de remettre le tsar sur le trône. Environ 5000 soldats canadiens sont envoyés sur le front de l’Est en 1918.

6 avril 1917

Entrée en guerre
des États-Unis

Le président américain Woodrow Wilson s'allie à la Grande-Bretagne et à la France, et déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Les États-Unis craignent, entre autres, une alliance entre le Mexique et l'Allemagne. L’apport de l’armée américaine aux combats est un prélude à la fin de la guerre.

Du 9 au 12 avril 1917

La bataille de la crête
de Vimy

À l’aube du 9 avril, les troupes canadiennes se lancent à l'assaut du sommet le plus haut de la crête, un endroit stratégique pour l'observation des tranchées. Au bout de trois journées de combat, les Canadiens s'emparent de la crête de Vimy, ce qui leur vaut une victoire-clé, mais avec la mort d'environ 3600 hommes.

Extrait audio de la série radio - épisode 3 »

André Biéler, né en Suisse, étudiant à l’Université McGill, s’enrôle le 15 mars 1915 dans le bataillon montréalais du régiment Princess Patricia's Canadian Light Infantry. Il participe notamment à la bataille de Vimy. André Biéler raconte la victoire des Canadiens et la déroute des Allemands : « Nous arrivons à notre but, une tranchée au bord du précipice de la montagne, la vue est extraordinaire. »

Extrait de la série radio - épisode 3 »

Du 11 juin au 17 octobre 1917

Vers la conscription

Après avoir visité les tranchées des Alliés en Europe en mai 1917, le premier ministre Robert Borden répond à l'appel à l'aide de la Grande-Bretagne, menacée par ses pertes subies au front et les attaques des sous-marins allemands. Durant l'été, Borden dépose un projet de loi sur le service militaire obligatoire. La loi est promulguée le 28 août et appliquée dès la mi-octobre. La majorité des Canadiens français s'opposent à cette mesure, alors que l’opinion publique canadienne-anglaise lui est plutôt favorable.

Exemples de propagande »

Du 15 au 25 août 1917

À l'assaut de la Côte 70

Le Corps expéditionnaire canadien attaque Lens, dans le nord de la France, pour aider les Alliés qui combattent près de Passchendaele, en Belgique. Les Canadiens perdent près de 9000 soldats, morts, blessés et disparus, et font environ 25 000 victimes allemandes.

Un ouvrier au front

Joseph Guillemette

Le 15 août 1917, Joseph Guillemette, un ouvrier de Mont-Joli et père de trois enfants, participe à l’assaut de la Côte 70, près de Lens. Il est blessé et meurt deux jours plus tard.

Plus d'archives »

Octobre 1917

L’opposition à la conscription

La majorité des journaux canadiens-français prennent position contre le recrutement obligatoire, notamment La Presse, Le Devoir et la presse rurale. Des marches anticonscription réunissent des milliers de personnes. De nombreux conscrits choisissent de se cacher pour éviter le service militaire.

Automne 1917

Mise en place des tribunaux d’exemption

Au Québec, 98 % des conscrits demandent une exemption. En Ontario, c’est à peine moins, soit 93 % des conscrits. Les hommes qui font appel au tribunal d’exemption de leur localité doivent avoir une raison valable : un motif religieux, un travail essentiel, comme l’agriculture, ou encore, un problème de santé handicapant. Près de 75 % des demandes sont acceptées.

Du 26 octobre au 10 novembre 1917

La pénible bataille
de Passchendaele

Les Canadiens viennent prêter main-forte aux armées britannique et française qui mènent une offensive depuis la fin juillet dans cette région du nord de la Belgique. Les pluies diluviennes et les tranchées marécageuses rendent la bataille extrêmement laborieuse parce que les hommes s'enlisent dans la boue glaciale. En deux semaines d'affrontements, plus de 15 000 combattants canadiens meurent ou sont blessés à Passchendaele.

6 décembre 1917

Explosion dans le port d'Halifax

Le Mont-Blanc, un paquebot français rempli d'explosifs entre en collision avec l’Imo, un navire norvégien. Halifax est ravagée par l'explosion, qui fait près de 2000 morts et 9000 blessés. L’une des survivantes, Margaret Sullivan, 9 ans, perd tous les membres de sa famille. Elle épousera un médecin canadien-français dénommé Boulay avec qui elle aura 11 enfants.

17 décembre 1917

Réélection du premier ministre Borden sur fond
de controverse

Le Parti conservateur, dont la popularité a chuté à cause de la conscription, s'unit au Parti libéral. Grâce à cette alliance stratégique,Robert Borden est réélu premier ministre du Canada.

Marraine de guerre

Blanche Bessette

En 1918, Blanche Bessette, 24 ans, est la marraine de guerre d’un brancardier belge : Cyrille Callewaert. Elle lui écrit, lui prépare des gâteaux, lui envoie des objets de première nécessité et des petites douceurs. Cette correspondance la sort de sa vie sans grande distraction.
Elle finit par s’éprendre de « son » Cyrille, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Après la guerre, le soldat se marie avec une femme de son village, mais toute sa vie, il gardera les lettres de Blanche. En 1988, 70 ans après la fin de la guerre, la fille de Cyrille retrouve la petite-cousine de Blanche.

Plus d'archives »

La guerre du haut du ciel

Pierre Hamel

Pierre Hamel, un des premiers Canadiens français à voler, est d’abord affecté à la surveillance des ports du sud de l’Angleterre. Ses talents de pilote lui valent d’être envoyé en France avec le grade de lieutenant. Son avion s’écrase le 10 janvier 1918 près de la ville d’Arras, dans le nord de la France. L’hélice de son appareil forme la croix érigée sur sa tombe.

Plus d'archives »

Du 28 mars au 1er avril 1918

Conscription : les émeutes
de Québec

Dans un quartier populaire de Québec, des policiers interpellent un conscrit qui n’a pas son certificat d’exemption sur lui. L’incident crée une onde de choc, et une foule en colère s’en prend aux policiers. La tension monte, et des émeutes éclatent en ville. Le gouvernement craint une insurrection populaire et envoie des militaires canadiens-anglais en renfort. Le 1er avril, les manifestants s'en prennent aux soldats, qui ripostent en mitraillant la foule. Une centaine de personnes sont blessées, et quatre, tuées.

La mort d’un homme sans histoire

Honoré Bergeron

Après sa journée de travail, à la demande de sa femme, Honoré Bergeron va chercher ses garçons qui sont allés manifester contre la conscription. À son arrivée, la foule est refoulée vers la rue Saint-Joseph, mais elle continue de s’agiter. L’armée tire et l’ouvrier, pris entre les soldats et les protestataires, est atteint. Sa veuve recevra plusieurs témoignages de sympathie, mais ne sera jamais indemnisée.

Plus d'archives »

Du 8 août au 11 novembre 1918

L’offensive des Cent-Jours

Le Canada contribue à la victoire des Alliés au cours des trois derniers mois de la Grande Guerre. L’armée perce des lignes jusque-là inébranlables à la hauteur d’Amiens et d’Arras, dans le nord de la France, et près de Mons, en Belgique. Elle réussit à mettre hors de combat des troupes allemandes, mais cela se fait au prix de 45 000 morts, blessés et disparus.

Les 27 et 28 août 1918

Chérisy : les troupes
presque anéanties

Cet événement fait partie de l’offensive des Cent-Jours. Les 22e et 24e Bataillons participent activement aux affrontements. Les pertes sont effroyables : seuls une quarantaine d’hommes du 22e y survivent.

Automne 1918

Grippe espagnole :
la « grande tueuse »

La grippe espagnole, qui porte ce nom parce que les premiers cas sont officiellement déclarés en Espagne, fait plus de morts que la Première Guerre mondiale, soit 50 millions de personnes. Au Canada, 55 000 personnes en meurent, dont 14 000 au Québec, province la plus touchée. Au contraire de ce qui se passe habituellement, cette grippe tue surtout des adultes en bonne santé, et ce, en moins de 72 heures. Le 8 octobre 1918, le service d'hygiène de la province de Québec ordonne la fermeture des écoles, des cinémas, des théâtres, des magasins et des églises.

Carte mortuaire »

Mauvaises nouvelles au pays

Arthur-Joseph Lapointe

Le père du comédien et ex-sénateur Jean Lapointe, Arthur-Joseph Lapointe, passe 15 mois au front en tant que signaleur. Il survit à la bataille de Passchendaele. Mais à son retour au Canada, il apprend que cinq de ses frères et soeurs sont morts de la grippe espagnole. Jean Lapointe raconte cette histoire : « Il a eu tellement de souffrances d’avoir perdu 5 membres de sa famille aussi rapidement alors que lui était au front. »

Extrait audio de la série radio - épisode 5 »

Le père du comédien et ex-sénateur Jean Lapointe, Arthur-Joseph Lapointe, passe 15 mois au front en tant que signaleur. Il survit à la bataille de Passchendaele. Mais à son retour au Canada, il apprend que cinq de ses frères et soeurs sont morts de la grippe espagnole. Jean Lapointe raconte cette histoire : « Il a eu tellement de souffrances d’avoir perdu 5 membres de sa famille aussi rapidement alors que lui était au front. »

Extrait de la série radio - épisode 5

11 novembre 1918

Armistice, la fin des combats

À la 11e heure du 11e jour du 11e mois de 1918, la guerre prend fin. Des deux côtés, les soldats manifestent leur joie. Au Canada, les gens sortent dans les rues. Mais sur les champs de bataille, le bilan est lourd : 10 millions de militaires ont péri au cours des quatre dernières années, dont quelque 66 000 Canadiens, ce qui équivaudrait, en regard de la population d’aujourd’hui, à 250 000 compatriotes.

Plus d'archives »

23 novembre 1918

Rapatriement des troupes

À la fin de la guerre, 277 000 soldats canadiens se trouvent en Europe. L'Aquitania est le premier navire à ramener des troupes au pays : 3900 hommes sont de ce voyage. Au courant de l’hiver, 200 000 soldats rentrent chez eux. Le 22e Bataillon arrive le 18 mai au port de Québec à bord de l’Olympic; il est accueilli triomphalement

Un devoir de mémoire

À la fin de la guerre, 277 000 soldats canadiens se trouvent en Europe. L'Aquitania est le premier navire à ramener des troupes au pays : 3900 hommes sont de ce voyage. Au courant de l’hiver, 200 000 soldats rentrent chez eux. Le 22e Bataillon revient au pays à bord de l’Olympic et débarque à Halifax. Le 18 mai, les hommes arrivent en train à Québec, où ils sont accueillis triomphalement. Le lendemain, c’est Montréal qui leur fait la fête.