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Image : Rivière Saskatchewan Nord en vue large dans la ville d'Edmonton, avec un pont et une ancienne usine au loin.

Rivière puissante déployant son élan sur 1220 kilomètres, la Saskatchewan Nord creuse son lit au cœur de la ville d'Edmonton, où elle entrelace son destin à celui de ses habitants. Hommage poétique à cette voie d'eau capitale dans l'univers naturel et culturel des Edmontoniens.

Un récit poétique de Katrine Deniset | Photographe : Geneviève Tardif

Image : La rivière Saskatchewan Nord dans le parc national Banff.

Fine et pimpante voyageuse
née dans les Rocheuses.

Elle dodeline, dessine,
coude après coude,
ses premiers traits.

Image : Photo de la rivière Saskatchewan Nord à Edmonton, prise en 1913. Les ponts High Level et Walterdale sont en construction à l'arrière-plan.

Dodeline, dessine, jusqu’à un lieu moins bleu,
où elle trouve teint nouveau
corps élargi.

Où ses premières bouchées de terre lui enseignent
que la gloire est passagère.

Image : Des chaloupes amarrées sur un quai sur la rivière Saskatchewan Nord à Edmonton.

Derrière trembles et peupliers, les toits se cachent.

Elle sait pourtant qu'elle n'est pas seule (ça n'a jamais été le cas);
un pêcheur, un deuxième,
le cadavre d’une canne de soupe.

Puis les oiseaux — ceux dont on entend toujours les chants — qui peinent à camoufler le crissement des pneus.

Image : Un train léger sur rail sur un pont.

Des pneus, pour quoi?

Les eaux qui l’ont précédée ont hébergé l’autoroute,
étaient l’autoroute.

Son courage flageole, rythme décélère.

Pourquoi pas moi, se chuchote-t-elle
devant un tableau censément plus lustré.

Image : La rivière sous les ponts. Des bâtiments urbains et des tours s'élèvent sur les falaises en arrière-plan.

Mais sa raison d’être repose juste là
sur son nombril,
le miroir d’une ambitieuse fourmilière maçonnée
sur les côtes de ses grands-mères.

Un flot qu’elle nourrit de jour en jour
d’eau et de vérité.

Image : Un escalier dans un décor boisé relie la rive au centre-ville d'Edmonton, construite en haut du ravin de la vallée de la rivière.

De peur aussi
avec ses hauts et ses bas,
1915.

Les épaves dormantes sur le sable au creux d’elle
sont pourtant signe d’une insécurité partagée,
le rappel des cauchemars qui l’ont souvent fait sortir du lit.

Image : Un vieux bâtiments avec des tuyaux rouillés dirigés vers la rivière.

Parce que même grande et leste sur la pointe de ses pieds
quand vient le temps de la mesurer,
sa parole est enfouie.
Être sa propre commandante est dur ici.

Déguisée en lac j’illumine ton salon,
Je gobe tes étrons, ton poison
devant ton champ fanfaron.

Image : Sentier qui mène au bord de la rivière.

Malgré tout ça, comme toi,
je reste.

Essayons quelque chose: donnons-nous rendez-vous
peut-être plus souvent
au prochain tournant, là où la terre me rencontre.

Raconte-moi une histoire, une drôle ou pas drôle.
Laisse-moi te bercer
demain peut-être, essayons.





















Équipe numérique | designer : Marie-Pier Mercier | édimestre : Mylène Briand | réalisatrice : Catherine Dumont | Photos complémentaires : istock/IanChrisGraham (parc national Banff), archives du domaine public (Edmonton 1913) et Emilio Avalos (photo finale)

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