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Image : Dans un studio de télévision, Oscar Peterson assis à son piano dont le couvercle est relevé. À l'arrière-plan, on voit une caméra de télévision.

Le 15 août 1925 naît à Montréal dans la Petite-Bourgogne un garçon appelé à devenir un virtuose du jazz. Découvrez le pianiste de renommée mondiale Oscar Peterson à travers nos photos prises lors de ses performances dans les studios de Radio-Canada.

Image : Oscar Peterson, les mains sur le clavier d'un piano, regardant au loin.

Oscar Peterson grandit dans le quartier montréalais de la Petite-Bourgogne, connu alors comme principal lieu d’habitation de la classe ouvrière afro-canadienne, mais aussi comme foyer du jazz montréalais. Originaire des îles Vierges britanniques, son père Daniel Peterson immigre au Canada en 1917. Après un passage par Halifax, il choisit de s’établir à Montréal.

C’est dans cette ville qu’il décroche un emploi de porteur au Canadien Pacifique, rencontre Kathleen Olivia John et fonde avec elle une famille. Bien qu’il n’ait aucune formation, Daniel Peterson enseigne la musique à ses cinq enfants : Fred, Daisy, Charles, Oscar et May.

Image : Dans un studio de télévision, Oscar Peterson est assis à son piano dont le couvercle est relevé.

Oscar Peterson commence à jouer de la trompette et du piano à l'âge de cinq ans. À sept ans, la tuberculose endommage ses poumons et le force à abandonner la trompette. Il consacre alors toutes ses énergies au piano. Sa sœur Daisy, une excellente pianiste classique, est sa première enseignante.

Son talent hors du commun lui permet d'avoir des professeurs de grande réputation, dont Luis Hopper et Paul de Marky. Si le premier s'inspire du jazz de Harlem, le second est un héritier du célèbre compositeur Franz Liszt. Daniel Peterson aimerait bien que son fils soit un pianiste classique.

Voyant qu’Oscar préfère le jazz, il lui soumet une condition : s’il veut devenir pianiste de jazz, il ne devra pas être un pianiste de plus, mais bien le meilleur! Oscar ne déçoit pas son père, puisque, à 14 ans, il remporte un prestigieux concours national organisé par CBC/Radio-Canada.

Image : Dans un studio de télévision, Oscar Peterson, assis au piano, avec en arrière-plan Ed Thigpen à la batterie et Ray Brown à la contrebasse.

Le célèbre pianiste de jazz Art Tatum est probablement celui qui a eu la plus grande influence sur Oscar Peterson. Mais il n'est pas le seul. Teddy Wilson, Bill Evans, Nat « King » Cole et Charlie Parker sont autant de musiciens qui l'inspirent.

Au début des années 40, Montréal bat au rythme de cette musique venue du sud des États-Unis. Et Oscar Peterson est l’un de ceux qui la font vibrer.

Image : Dans un studio de télévision, Oscar Peterson, en train de jouer du piano.

Oscar Peterson sait faire chanter la musique. Les airs qu'il joue se fredonnent allégrement et les rythmes syncopés ajoutent une fluidité rare à sa musique.

Fait peu commun, Oscar Peterson utilise aussi bien sa main gauche que sa main droite. Ses mains se baladent si vite que les notes jouées donnent l'impression d'entendre un chœur à cent voix. À sa technique parfaite et à sa profondeur, il ajoute un « swing » exceptionnel qui fait de sa musique une pure magie.

Image : Oscar Peterson, au piano, Ed Thigpen, à la batterie et Ray Brown, à la contrebasse, souriant tout en interprétant une pièce dans un studio de télévision.

Comme pianiste attitré du Jazz at the Philharmonic, Oscar Peterson a joué avec à peu près tous les grands noms du jazz. Coleman Hawkins, Louis Armstrong, Charlie Parker, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillepsie, Stan Getz, Roy Eldridge...

En fait, il serait plus facile de nommer les grands musiciens qu'il n'a pas accompagnés. Au début des années 50, Oscar Peterson commence à enregistrer sous l’étiquette Verve et forme un premier un trio avec le contrebassiste Ray Brown et le guitariste Herb Ellis.

De l'aveu d'Oscar Peterson, il s’agit des meilleurs moments musicaux de sa carrière. Il passe ensuite à un trio piano-contrebasse-batterie en intégrant le batteur Ed Thigpen, célèbre pour sa sensibilité et son travail méticuleux avec les balais.

Image : Dans un studio de télévision, le réalisateur Jacques Blouin et le régisseur Gilbert Delasoie sont penchés au-dessus du pianiste Oscar Peterson, assis à son piano, consultant une partition.

Oscar Peterson a signé plusieurs compositions, la plus importante et la plus célèbre étant sans contredit la Canadiana Suite.

À travers les pièces Place St. Henri, Hogtown Blues et Wheatland, il rend hommage à sa ville d’origine, Montréal, et à la beauté de son pays, qu'il considère comme le plus bel endroit au monde.

Image : Le Trio Oscar Peterson composé d'Ed Thigpen, batterie, Oscar Peterson, piano, et Ray Brown, contrebasse, en prestation dans un studio de télévision.

En 1962, il s'inspire du mouvement de Martin Luther King pour composer la pièce Hymn to Freedom. Il écrit cette œuvre pour protester contre la ségrégation raciale et promouvoir la liberté et l'égalité de tous les hommes.

Hymn to Freedom devient l’hymne emblématique du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

Image : Oscar Peterson jouant du piano avec d'autres musiciens en arrière-plan.

Oscar Peterson a reçu de nombreux prix et honneurs durant sa carrière. Parmi les plus importants, il y a le prix de musique de l'UNESCO qu'il remporte en 2000.

Il est le premier Canadien à remporter ce prix. Seuls les grands musiciens de ce monde peuvent y aspirer, comme les compositeurs Dimitri Chostakovitch et Leonard Bernstein. Oscar Peterson s’éteint quelques années plus tard, le 23 décembre 2007, à son domicile de Mississauga, en Ontario.

Géant parmi les géants du jazz, Oscar Peterson est aujourd’hui reconnu pour sa contribution exceptionnelle à la musique.







Équipe

Recherche et rédaction : Élodie Gagné

Recherche d'archives : Sylvie Cournoyer

Photographies : André Le Coz, 1956, 1959, 1963, 1964 ; Fred Phipps, 1978

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