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Image : Un garçon portant un chapeau et des bottes de cowboy assis sur la structure des stalles.

En Alberta, les cowboys ne sont pas juste un stéréotype. Les rodéos et le mode de vie western sont très présents dans de nombreuses communautés. Mais les rodéos n'ont pas échappé aux contraintes imposées par la propagation de la COVID-19.

Texte : Julie Préjet, Mylène Briand | Photos : Julie Préjet, Geneviève Tardif

Image : Melissa Thiessen sur son cheval.

Au début, nous étions tous optimistes, car les rodéos de mars et d'avril ont été reportés à l’automne. Puis, ils ont été annulés l’un après l’autre, même ceux qui avaient été reportés. Je ne suis pas vraiment une cavalière amateure, je devais trouver une façon de monter mes chevaux.

Melissa Thiessen, athlète de rodéo

Athlète de course de barils, Melissa Thiessen pourra s'y adonner, puisque sa discipline peut se pratiquer en respectant les règles de distanciation physique, mais ce n’est pas le cas de la plupart des athlètes de rodéo.

Image : Bruce Harbin collant son visage au museau d'un cheval.

Normalement, il y a chaque année jusqu’à 60 événements à l’horaire de la Canadian Professional Rodeo Association (CPRA), dont environ 45 ont lieu en Alberta. Les finales de la tournée professionnelle font des arrêts un peu partout dans la province, offrant des prix d'une valeur totale de plus de 5,7 millions de dollars.

Image : Une flaque d'eau dans l'arène vide du Stampede.

Considéré comme le plus grand spectacle en plein air du monde, le Stampede de Calgary attire des participants et des visiteurs venus de partout en Amérique du Nord. Le rodéo, qui a vu le jour en 1912, est devenu un rendez-vous annuel en 1923, malgré des guerres et d’autres pandémies.

En avril, alors que le nombre de cas de la maladie est monté en flèche dans la province, la décision est tombée : le Stampede de Calgary n’aura pas lieu cette année, pour la première fois depuis près d’un siècle.

Image : Bancs vides avec toiles d'araignées.

L’annonce a fait mal à la ville, et pas seulement parce qu’il n’y aurait pas de fêtes et de déjeuners de crêpes. Selon le Conference Board of Canada, le Stampede rapporte plus de 285 millions de dollars en retombées économiques à la province. Environ 3500 personnes sont embauchées pour les 10 jours du Stampede, et près de 1200 personnes y travaillent toute l’année.

Image : Denise Hetherington portant un dossard d'agent de circulation.

Denise Hetherington travaille au Stampede depuis quelques années. Au printemps, elle était parmi les centaines d’employés mis à pied.

J’adore le rodéo, et l’excitation au centre-ville et dans les restaurants. C’est très tranquille cette année, c’est triste!

Denise Hetherington
Image : Des mini-beignes servis au volant des voitures.

Quelques mois plus tard, on la rappelait pour une activité créée en collaboration avec YYC FoodTrucks, visant à donner un goût du Stampede aux visiteurs. En Calgarienne de longue date, elle a saisi l’occasion et s'est affairée à gérer la circulation pour la tenue de cette foire alimentaire.

C’est bien de voir les gens venir ici. Ils sont contents, ils sourient. Avec tout ce qui se passe, tout le monde est un peu découragé. Donc, c’est encourageant de voir des sourires pour des minibeignes.

Denise Hetherington, employée du Stampede
Image : Arène et gradins déserts.

À Ponoka, à une centaine de kilomètres au sud d’Edmonton, un des plus grands rodéos dans la province a lieu chaque année à la fin du mois de juin.

La petite ville de 6000 habitants voit alors sa population gonfler, pendant quelques jours, grimpant jusqu’à 80 000 avec l’arrivée des athlètes et des spectateurs.

Image : Bruce Harbin assis dans des estrades vides.

C’est un événement que Bruce Harbin connaît bien. Il a de précieux souvenirs de son enfance, lorsque les manèges arrivaient en ville à la fin du mois de juin, ce qui coïncidait avec les dernières journées de l’année scolaire. De l'enfance jusqu’à l’âge adulte, il a participé à différentes compétitions, notamment dans le circuit professionnel de la CPRA. Puis il a marché dans les pas de son père, siégeant au conseil d’administration du Stampede de Ponoka, dont il est maintenant le président.

Image : Bruce Harbin de profil.

C’est difficile, et les gens sont bouleversés. Cette semaine est mieux que Noël, d'habitude. Sans ces événements, on a l’impression qu'il manque quelque chose. Ça fait un grand vide.

Bruce Harbin, président du Stampede de Ponoka
Image : Arène et gradins déserts.

Comme son grand frère de Calgary, le Stampede de Ponoka a une longue histoire, puisqu'elle remonte à 1936. Avant cette année, le Stampede de Ponoka n’a été annulé qu’une seule fois, en 1943, en raison de la Deuxième Guerre mondiale.

C'est l’événement le plus important pour l’économie locale. Plusieurs collectes de fonds ont lieu pendant les compétitions. Cette année, c’est un trou que la communauté doit combler d'une autre façon.

Image : Des femmes sur des chevaux dans une arène.

À quelque 90 kilomètres au sud-est de Ponoka, dans le village de Stettler, l'ambiance est moins morose. Les athlètes de course de barils commencent tranquillement à reprendre leurs activités, puisque le sport respecte la distanciation physique.

Image : Melissa dans sa roulotte en train de préparer des tacos.

Quant à Melissa Thiessen, la pandémie l'a incitée à finalement réaliser son rêve : ouvrir un camion-restaurant. Alors que, pour elle, le printemps est normalement occupé par la préparation de la saison et les premières compétitions, l’athlète de course de barils a profité de son temps libre pour terminer, avec son mari, l'aménagement de son camion-restaurant, surnommé le Cowboy Café.

Image : Melissa à côté de son camion-restaurant.

Avec l’arrivée de la COVID-19, les camions-restaurants étaient parmi les seules entreprises qui pouvaient rester ouvertes, surtout quand on a fermé les restaurants. Je suis seule dans mon camion, les gens viennent pour la nourriture et ils s’en vont. Donc, je savais que j’aurais du succès, parce que ça respecte très bien les règles de distanciation physique.

Melissa Thiessen, athlète et propriétaire du Cowboy Café
Image : Message sur la vitre du camion : I will be right back :-).

Melissa s'est déjà rendue dans différentes communautés avec le Cowboy Café, qui est devenu tellement populaire qu’il ne reste plus de nourriture avant la fin de la journée. Les mercredis, aux courses de barils de Stettler, elle a deux chapeaux : celui de chef et celui d’athlète! Après avoir installé son camion-restaurant, elle se prépare avec son cheval.

Image : Melissa sur son cheval pendant une course de barils.

Quelques dizaines d'athlètes de tous les âges participent à la course, devant quelques spectateurs, des parents ou des grands-parents de participants. Cela ne ressemble pas aux grands rodéos auxquels Melissa est habituée, mais cela lui donne au moins un sentiment de retour à la normale.

Image : Melissa tient une assiette de tacos.

Et, si la pandémie a amené de l’incertitude dans tous les aspects de la vie quotidienne, Melissa assure une chose : même si elle retrouve sa routine habituelle l'an prochain, le Cowboy Café continuera à faire le tour du centre de l’Alberta.

Moi, j'ai toujours aimé les rodéos, mais je pense que les gens les apprécieront davantage quand ils seront de retour.

Melissa Thiessen, athlète et propriétaire du Cowboy Café











Équipe numérique | réalisatrice : Catherine Dumont | édimestre : Mylène Briand

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