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Image : Une femme portant un masque et une cycliste circulent sur le Boulevard Maisonneuve, à Montréal

Depuis que sa population est menacée par un virus planétaire, Montréal s'est complètement métamorphosée. Des détails dissimulés dans le décor urbain témoignent de cette situation particulière. Regard artistique sur la nouvelle vie quotidienne dans la métropole.

Texte et photos | Denis Wong

Image : L'ombre d'une rampe se dessine sur un mur en béton.

Ces images s’inspirent librement de l’œuvre du peintre américain Edward Hopper (1882-1967). Soudainement redevenu populaire sur les réseaux sociaux, ce pionnier du réalisme américain représentait des personnages esseulés et des lieux urbains vacants, notamment durant la Grande Dépression.

Image : Deux femmes à pied traversent un boulevard normalement bondé de voitures.

Le boulevard Robert-Bourassa, un après-midi de semaine. Le confinement est l’occasion de constater la superficie qui est réservée à la voiture dans notre milieu de vie. Ces longues bandes d’asphalte sont désormais en grande partie inutilisées. Ironiquement, si la voiture est un moyen de transport efficace pour respecter la distanciation physique, la circulation automobile a nettement baissé en ces temps où les déplacements sont restreints.

Image : Une personne seule attend au coin de la rue avant de traverser.

Une intersection quasi déserte, tout près du viaduc Van Horne. Avec le retour du soleil, ces scènes deviendront de plus en plus rares. Déjà, les coins de rue deviennent plus achalandés et à certains endroits, le flot de piétons et piétonnes déborde des trottoirs. Pour cette raison, des corridors piétonniers ont été installés sur des artères populaires. Comment respecterons-nous la distanciation physique l’été venu? Lorsque la vie reprendra son cours, allons-nous repenser notre rapport à l’espace?

Image : Des mannequins dans une vitrine donnant sur le chantier de construction de la rue Saint-Hubert.

La Plaza St-Hubert, en partie inaccessible et éventrée. Comme de nombreux chantiers non résidentiels de la ville, celui de cette fameuse artère aux accents kitsch s’est arrêté, avec ces spectateurs comme rares témoins silencieux. À partir du 11 mai, les chantiers de construction seront relancés partout au Québec. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) y déploiera 300 inspecteurs et inspectrices pour faire respecter les consignes sanitaires.

Image : Une chaise renversée sur un terrain de soccer fermé, aux abords du Stade Saputo.

Une chaise renversée sur un terrain de soccer fermé, aux abords du Stade Saputo. Il est dorénavant interdit de pratiquer un grand nombre de sports, amateurs ou professionnels, afin de respecter la distanciation sociale. Pour les gens ordinaires, il ne reste que quelques options, comme le jogging ou le vélo. Pendant ce temps, les grands circuits sportifs s’interrogent sur les meilleures manières de redémarrer leurs activités.

Image : La porte colorée d'un hôtel bon marché, sur la rue Sainte-Catherine Ouest.

La porte d’entrée d’un hôtel bon marché, rue Sainte-Catherine Ouest. Les couleurs de cette façade contrastent avec l’état du tourisme montréalais qui est en chute libre. À la suite de l'annulation ou du report de nombreux congrès, festivals et événements sportifs, des dizaines de milliers de nuitées ont été annulées dans les hôtels de la métropole.

Image : Un passant devant une vitrine de restaurant, où un dessin d'arc-en-ciel a été collé.

Un commerce sur l’avenue du Mont-Royal, nous rappelant qu’après la pluie, il y a le beau temps. C’est en Italie que sont apparus les premiers dessins et photos d’arcs-en-ciel, l’un des pays les plus durement touchés par cette pandémie. Ces images étaient accompagnées du slogan « Andrà tutto bene » (tout ira bien). Ce symbole a depuis été adopté un peu partout dans le monde.

Image : Des jouets à l’abandon baignent au soleil, dans la petite cour extérieure d’une garderie.

La petite cour extérieure d’une garderie, dans le Mile-End. Des jouets à l’abandon baignent au soleil, un rappel frappant que les parents doivent s’occuper de la garde de leurs enfants. Si tout se passe bien, le Québec veut rouvrir les garderies et les écoles primaires en région le 11 mai, alors que sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, on parle du 25 mai. Le gouvernement fournira au personnel des garderies du matériel de protection tel que des masques, des visières et des gants, mais leur port ne sera pas obligatoire.

Image : Une femme portant un masque marche dans le Vieux-Port de Montréal.

L’un des quais du Vieux-Port de Montréal. En cette journée radieuse, plusieurs personnes profitent du soleil, mais peu d’entre elles portent le masque. Pour l’instant, le gouvernement recommande de se couvrir le visage dans les lieux publics lorsque la distanciation physique n’est pas possible, comme à l’épicerie ou dans le transport en commun. Porter un masque ne remplace pas les mesures d’hygiène ni la distanciation physique.

Image : Des tables et des chaises vides, à l'intérieur d'un restaurant qui a fermé ses portes.

La vitrine d’un restaurant vide, dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie. Il est facile de s’imaginer une table remplie de convives, au milieu d’une discussion animée. Plusieurs restaurateurs ont changé leur modèle d’affaires pour se concentrer sur la livraison et les commandes à emporter. Mais combien d’entre eux pourront passer au travers de la tempête? Cette industrie est l’une des plus durement affectées, et le concept même des salles à manger pourrait être modifié au sortir de la crise.

Image : Des affiches de l’exposition itinérante Les couleurs essentielles, sur le Boulevard St-Laurent.

Des affiches de l’exposition itinérante Les couleurs essentielles, sur le boulevard Saint-Laurent. Plusieurs artistes ont puisé de l’inspiration de cette crise sanitaire, que ce soit en illustration, en photographie ou en d’autres formes d’arts visuels. D’autres, en humour et en musique, par exemple, ont choisi de performer de la maison, sur les réseaux sociaux ou les plateformes de diffusion en ligne. La notion du spectacle prend soudainement une tout autre tournure.

Image : Une femme sans-abri se déplace dans le métro de Montréal.

Une sans-abri, dans le métro de Montréal. Les gens vulnérables sont plus visibles dans nos espaces publics, puisqu’ils ne se fondent plus dans la foule. Plusieurs centres de jour extérieurs ont été mis sur pied par la Ville, avec des chaises, des toilettes et des stations de lavage de mains, mais le filet social qui protège les personnes itinérantes est plus mince que jamais. Si le virus ne discrimine pas dans sa propagation, celles et ceux qui vivent des situations de pauvreté et d’exclusion sont défavorisés face à la crise.

Image : Une buanderie sur l’avenue De Lorimier est éclairée malgré la noirceur.

Une buanderie sur l’avenue De Lorimier, éclairée malgré la noirceur. La nuit est tombée sur Montréal et les rues sont étrangement calmes. Que se passe-t-il derrière chacune de ces portes closes? Avec le confinement, certaines personnes redécouvrent le confort de la maison, tandis que d'autres vivent des moments d'anxiété. Quand la lumière poindra au bout du tunnel, il ne faudra pas oublier cette vague de souffrance silencieuse.

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