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Image : Corridor de la faculté vide vue de l'étage.

Scènes plutôt inhabituelles, des lieux emblématiques de la grande région de Vancouver sont désormais désertés en raison de la pandémie. De ces espaces d'ordinaire animés, la réalisatrice vidéaste Camille Vernet a capté des images uniques.

Image : Un espace urbain fait en pièces de Lego, avec des petits arbres sur une terrasse, sans personnage.

Centres sportifs, musées, universités, un grand nombre d’espaces essentiels à notre bien-être tant mental que physique sont aujourd’hui inoccupés. J’ai eu le privilège d’accéder à ces lieux temporairement fermés pour les photographier.

Image : La billetterie vide.

Ma première visite s’effectue à Science World, une icône du paysage bâti vancouvérois.

Ce dôme métallique, construit pour l'Expo 86, accueille plus de 850 000 visiteurs par an, majoritairement des enfants. Mais, fini pour l’instant les longues files d’attente à la billetterie. La quasi-totalité des revenus s’est aussi volatilisée.

Image : La devise du musée écrite sur un mur.

Nous réfléchissons à la meilleure manière de continuer notre mission en ligne. Nous voulons encore susciter l'émerveillement des jeunes pour la science et soutenir les familles pendant cette période. Nos animateurs scientifiques font maintenant des démonstrations depuis leur jardin ou leur salon.

Teresa Virani, vice-présidente marketing, Science World
Image : Le musée vide.

Teresa se souvient du jour de la fermeture : Nous étions tristes, car c'était juste avant la semaine de relâche. Science World est un espace vraiment amusant et interactif. Les jeunes posent beaucoup de questions à nos animateurs. Ces interactions suscitent quelque chose de spécial.

Aujourd’hui, seuls les clics de mon appareil photo résonnent dans l’espace.

Image : Teresa Virani marche dans la salle des blocs Lego.

Teresa est nostalgique, les petits plaisirs quotidiens, tels que l’odeur du maïs soufflé, lui manquent : Tout est si différent. Tout ce que je peux sentir ici maintenant, ce sont les produits de nettoyage.

L’un des plus gros défis de ce nettoyage : les 200 000 pièces de Lego de cette exposition.

Image : Un homme qui porte un masque de protection.

John, l’une des rares personnes que je croise, s’acharne à désinfecter le bâtiment. Il en est fier : Lorsque nous pourrons ouvrir les portes à nouveau, la bâtisse n’aura jamais été aussi propre!

Image : Une fontaine sans eau contenant des balles de couleurs.

La science est très importante, surtout lorsque l’on vit une situation comme celle-ci. Elle ne pourrait pas être plus présente dans nos esprits avec la recherche de remèdes et de vaccins. La science est une solution et permet de progresser vers un avenir prometteur.

Teresa Virani
Image : L’intérieur d’un bâtiment vide.

Lieu fréquenté, la faculté de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) est l'une des rares zones d'études ouvertes du campus. Ce point de rencontre où se réunissaient les étudiants des autres départements est aujourd’hui vide… ou presque. Une jeune femme venue étudier en douce s’empresse de partir en me voyant.

Les laboratoires sont verrouillés, seuls les arbres sont arrosés.

Image : Les bancs d'un amphithéâtre vide.

Comme ses étudiants, le professeur Richard Hamelin est joignable de façon virtuelle.

Avec une pointe de nostalgie, il se souvient de ses propres études universitaires.

C’est parmi mes plus beaux souvenirs. Créer des liens avec les autres étudiants en ligne, c’est plus difficile. Cela me fait de la peine pour les étudiants dont la cérémonie de graduation a été annulée.

Image : L'intérieur d'un laboratoire vu d’une fenêtre.

Le plus difficile pour ce professeur de foresterie, c’est l’annulation des travaux sur le terrain.

Certaines expériences sont interrompues. Si ça s’étire tout l’été, cela pourrait retarder de plusieurs années certaines recherches.

Richard Hamelin
Image : Une piscine vide.

Beaucoup d'athlètes et de sportifs amateurs sont aussi en congé forcé.

Ce n’est pas la première fois que je me rends au Canada Games Pool, j’y ai souvent fait des longueurs. Certaines choses n’ont pas changé depuis la pandémie : il y fait encore bien chaud et deux des piscines sont encore remplies. Seul le bruit sourd de la ventilation se fait entendre.

Image : Les casiers vides d’un vestiaire.

C'est un endroit où l'on peut connecter, pas seulement pour les enfants, mais aussi pour les parents. Ils deviennent amis entre eux. Il y a un sentiment d'appartenance.

Mark Bottrill, entraîneur-chef du Hyack Swim Club

Le Hyack Swim Club compte environ 300 membres, certains fréquentent la piscine sept jours sur sept, et pour maintenir leur sentiment d’appartenance à cette grande équipe, Mark Bottrill organise des entraînements en ligne avec plus de 60 enfants.

Image : Une piscine pour enfant sans eau.

Les enfants sont très impatients de participer à nos séances en ligne. C'est drôle, les 5 premières minutes, les enfants bavardent entre eux. Nous devons les mettre en sourdine pour commencer. Cela vous montre que faire partie d’une équipe leur manque.

Mark Bottrill
Image : Un aquarium sans visiteur.

La pandémie a aussi eu un effet majeur sur l'Aquarium de Vancouver.

Un des problèmes actuels de l'Aquarium, c’est qu’il dépend à 85 % des recettes de la vente de billets. Nous réduisons notre utilisation d'énergie le plus possible, pour économiser de l'argent, m’explique Clint Wright, vice-président général, avec qui j’ai parlé en vidéoconférence, dans son bureau à peine éclairé.

L’Aquarium de Vancouver annonçait même, à la mi-avril, que, si des fonds publics ne sont pas rapidement investis, même s'il est visité par plus de 1 million de personnes par an, il pourrait faire face à la faillite d’ici le début de l’été.

Image : L'aquarium sans visiteur.

Pendant le confinement, l’Aquarium doit maintenir des activités essentielles, comme le pompage de 15 000 litres d'eau par minute ainsi que les soins quotidiens des 6000 animaux.

Les animaux se portent bien. J’ai même l’impression que les visiteurs leur manquent! C'est différent pour eux aussi, car ils sont habitués à voir des gens autour d'eux.

Clint Wright
Image : Un bureau vide de l'Aquarium de Vancouver.

Alors que 331 employés ont dû être licenciés, certains ont pu poursuivre leurs activités grâce au télétravail, notamment des éducateurs qui créent des ressources d'apprentissage en ligne.

Nous établissons un lien entre les gens et les océans. Les océans sont en danger, et nous sommes les seuls qui peuvent changer les choses. Nous voulons donc maintenir cette connexion et atteindre les gens chez eux.

Clint Wright

Puisqu’il y a toujours du personnel qui y travaille et pour des raisons de sécurité, je n’ai pas pu m’y rendre. Les images m’ont été gentiment fournies par l’établissement.

Image : Une patinoire vide.

Autre lieu désert, l’aréna Queen’s Park qui, normalement, se remplit d’énergie chaque jour, vers 15 h.

On ne réalise pas avant leur fermeture à quel point nous avons besoin de ces arénas dans notre communauté. En ce moment, il y a 400 enfants qui ne peuvent pas jouer. Je sais ce que cela leur apporte, socialement et mentalement. C’est plus qu’un jeu, cela leur permet de nouer des amitiés pour la vie.

Richard Catton, président de Crosse mineure, New Westminster
Image : Les bancs vides d’un arèna.

Richard Catton est particulièrement fier de cet aréna qui est l'un des plus anciens du Canada : Nous espérons ouvrir à nouveau en juin, mais ce qui compte avant tout, c’est notre sécurité et celle de nos enfants.

Ce souhait est commun à toutes les personnes que j’ai croisées et qui espèrent que le silence sera bientôt brisé par les rires des enfants, les conversations des adultes et les exclamations des touristes qui viendront de nouveau animer ces lieux.

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