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Image : Une pelle mécanique charge du roc dans un camion dans la mine de fer du Lac Bloom.

Texte et photos de Marlène Joseph-Blais

Image : Martin-Olivier Lévesque note des informations à l'une des stations d'échantillonnage.

Martin-Olivier Lévesque est technicien en environnement chez Minerai de fer Québec, une société de la compagnie Champion Iron. Depuis un an, il parcourt le territoire de la mine de fer du Lac Bloom, à Fermont, au nord du 52e parallèle.

La météo, ce n’est vraiment pas si pire. C’est juste le vent. Le vent, c’est le pire ennemi ici.

Quand la mine a redémarré, en 2018, des amis l’ont appelé pour qu’il se joigne à l’équipe. Je ne regrette vraiment pas mon choix, dit-il.

Image : Marc-Olivier Lévesque prend des mesures de la qualité de l'air autour de la mine.

Son travail consiste à évaluer la qualité de l’eau et de l’air à la mine du Lac Bloom, notamment. Pendant notre visite, Martin-Olivier fait un arrêt pour vérifier un filtre à air.

On a plusieurs stations d'échantillonnage d’air sur le site. C’est le monitorage de nos poussières, l’impact qu’on peut avoir sur le milieu naturel.

Image : Du haut de la mine à ciel ouvert, la machinerie immense semble minuscule.

Il surveille aussi les déversements qui pourraient survenir sur le site.

Si j’ai un déversement sur le site, il y a tout un processus qui s’enclenche, indique Martin-Olivier Lévesque. Je reçois les informations par radio. J’avise tout de suite le ministère, Urgence-Environnement. Je déclare le déversement avec l’information que j’ai en premier : quantité, produit, est-ce que ça a atteint un milieu sensible, une rivière, un lac, un cours d’eau.

Image : Une pelle mécanique soulève des pierres, soulevant un nuage de poussière dans la mine.

Martin-Olivier n’est pas gêné de travailler au sein d’une compagnie minière. Au contraire, il en est fier. Le technicien en environnement croit que ceux qui ont une vision négative de l’industrie ne la connaissent pas bien.

C’est une perception à cause des erreurs du passé. Moi, je pense, personnellement, que c’est une des industries les plus propres.

Image : Dans la mine, Marc-Olivier Lévesque prend des relevés pendant qu'une pelle soulève des pierres.

Le technicien en environnement est particulièrement fier du travail effectué chez Minerai de fer Québec pour éviter que des contaminants se retrouvent dans l’eau qui est rejetée dans l’environnement. On suit la qualité de l’eau souterraine, sur le site et en périphérie du site. On a une soixantaine de puits qui varient en profondeur dans le roc, précise Martin-Olivier Lévesque.

Autour du site, c’est tout un fossé, explique le travailleur. Au printemps, dans le dégel, on dégage tous les fossés en périphérie de la mine. Donc, il n’y a aucune neige ou eau de fonte de la mine qui retourne dans l’environnement. Tout est capté par nos bassins et nos réseaux de fossés.

Image : Marc-Olivier Lévesque est devant une armoire où se trouve plusieurs bouteilles.

Le travail de Martin-Olivier est encadré par les normes gouvernementales en matière de respect de l’environnement, mais aussi par les règles imposées au sein de l’entreprise. Nous autres, on a des exigences encore plus sévères qu’on s’est mises à l’interne, puis il faut les atteindre.

Par exemple, la Municipalité de Fermont n’offre toujours pas de collecte des matières recyclables sur son territoire, mais la minière le fait entre ses murs. On fait du recyclage, ici. Rien ne nous y oblige. La compagnie paye pour disposer du recyclage. C’est revalorisé. Ce n’est pas enfoui, indique Martin-Olivier Lévesque.

Image : Marc-Olivier Lévesque est près de sa camionnette.

Presque tous les employés de la mine du Lac Bloom font du navettage ou, en termes plus connus, du fly-in fly-out. Ils travaillent 12 heures par jours, 14 jours consécutifs, pour ensuite être en congé pendant deux semaines.

J’ai 28 semaines de vacances par année. Je suis un préretraité! dit Martin-Olivier Lévesque, qui habite à Québec avec sa conjointe et leurs deux enfants de 4 et 6 ans. Ma blonde, elle, a un terme pour ça : c’est ­­”soloparental”!

Image : Deux employés discutent près d'un véhicule.

Sur le site, l’ambiance est à la camaraderie entre les employés. Martin-Olivier Lévesque constate que l’équipe qui l’entoure chez Minerai de fer Québec est assez jeune et que les liens se créent facilement entre les employés.

On passe plus de temps avec les gens au travail qu’avec notre famille.

Image : Les installations de Minerai de fer Québec au Lac Bloom, à Fermont.

Minerai de Fer Québec emploie 500 personnes à la mine du Lac Bloom. Tout le monde a le même but commun, c’est que ça fonctionne ici, affirme Martin-Olivier Lévesque. En 2019, la production a atteint 7,8 millions de tonnes de minerai de fer. La compagnie planche sur une expansion.

L’industrie minière est nécessaire, dit Martin-Olivier Lévesque. [...] Il y a du métal dans tout. Que ce soit du nickel, du cuivre, de l’or. Il y a une manière de l’exploiter de façon responsable, autant pour la communauté que pour l’environnement.

Image : Marc-Olivier Lévesque arrive à la porte de sa résidence.

Les travailleurs de la mine sont logés et nourris par leur employeur. Le truc, c’est d’avoir un mode de vie sain. Bien manger. Pas trop manger, parce que ce serait facile ici.

À la fin de leur quart de travail, les employés retournent dans le logement fourni par la minière à Fermont. Martin-Olivier Lévesque partage une maison avec des collègues. Je cuisine aussi à la maison. Je ne vais pas toujours à la cafétéria. Je vais à l’épicerie locale. Des fois, avec une gang de collègues, on se fait un souper.

Image : Un quartier de Fermont, le soir.

Martin-Olivier Lévesque pense que le navettage n’est plus ce qu’il était. Il reconnaît que les travailleurs qui sont loin de leur famille ont la réputation de faire la fête. Selon lui, si c’était vrai à une époque, les temps ont changé. On se couche assez tôt. C’est pas une place de party.

Les employés de Minerai de fer Québec n’ont jamais de congé quand ils sont à Fermont. Vaut mieux éviter de faire la fête quand on travaille 14 jours consécutifs, indique Martin-Olivier Lévesque. On s’entend que tous les jours sont des lundis pour nous ici.

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