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Image : Aagje Denys est souriante tandis qu'une chèvre sent son manteau.

À l'occasion de la Journée internationale des femmes, incursion dans le quotidien de huit femmes qui embellissent le paysage alimentaire de Québec et de ses environs.

PAR ALLISON VAN RASSEL

Image : Marie-Chantal Lepage est assise sur une chaise et pose, souriante, pour la caméra devant un tableau coloré et contemporain.

Marie-Chantal Lepage, cheffe

Marie-Chantal Lepage a influencé toute une génération de cuisinières. Autodidacte, disciple de Serge Bruyère, elle incarne tant la rigueur que la douceur en cuisine. Inspirée par la délicatesse des parfums du Québec, Marie-Chantal Lepage est une cheffe haute en couleurs.

Image : Gros plan sur les mains de la cheffe, délicates. Elle porte une bague à motif de spirale et de ronds contemporains.

« Je suis fière de mon parcours, mais surtout d’avoir fait quelque chose pour les femmes dans le métier. Je pense que mon chemin s’est forgé de manière instinctive. Je suis une fille émotive, un peu impulsive et j’avais juste une idée en tête : devenir une cheffe reconnue. Je ne pensais pas aux reconnaissances, elles sont arrivées parce que j’ai forgé ma place dans un milieu d’hommes. Je voulais réussir, je voulais faire un pied de nez à une industrie beaucoup trop masculine. »

— Maire-Chantal Lepage

Image : Mélanie Gagné pose, tasse de café à la main, sur les lieux de son entreprise. Elle est dans un espace couvert, à l'extérieur, et le décor est rustique.

Mélanie Gagné, propriétaire La p’tite brûlerie

Mélanie Gagné à tout quitté pour s’établir dans le magnifique village de Deschambault, dans Portneuf. Depuis bientôt 10 ans, elle opère avec passion La p’tite brûlerie, la seule entreprise de torréfaction au Québec à se concentrer exclusivement sur des grains de cafés biologiques. Elle sert du réconfort, une tasse à la fois.

Image : La main de Mélanie Gagné qui tient une tasse de café. Il y a un peu de mousse sur le dessus.

« Je n’ai jamais regretté mon choix. Il y avait quelque chose qui m'attirait ici. Maintenant je le sais que c’est la communauté. Elle me réconforte. On est seules, souvent, en général, les femmes. Ici, j’ai l’impression de faire partie d’une communauté où j’ai plein de gens autour de moi. La mission première de mon entreprise était de créer un lieu de rencontre chaleureux où la clientèle aurait accès à des produits de meilleure qualité, plus équitable. Je ne veux pas me vanter, c’est quasiment gênant, mais je pense que j’ai réussi. »

— Mélanie Gagné

Image : Nathalie Lane, une femme d'une quarantaine d'années, pose dans une pièce pleine de barils en bois.

Nathalie Lane, copropriétaire Vignoble Ste-Pétronille

Après plus de 16 ans de travail sur les vignes et dans les cuves de son entreprise, les vins de Nathalie Lane se retrouvent au menu de quelques-unes des plus grandes tables au Québec. Selon elle, les femmes ont bien fait leur place dans la viticulture au Québec.

Image : Nathalie Lane verse un échantillon de vin qui se trouve dans une de ses cuves. Le liquide est d'un jaune très pâle et opaque.

« J’évolue dans un monde masculin, mais on voit de plus en plus de femmes. Il y a de plus en plus d’entraide, de partage dans l’industrie du vin au Québec et c’est aussi en raison de la présence des femmes. La contrainte en viticulture est pas mal plus monétaire que de savoir si je suis une femme ou un homme. »

— Nathalie Lane

Image : Annick Béland Morin est une femme aux cheveux grisonnants. Elle pose devant un étalage de produits locaux.

Anick Béland Morin, fondatrice du Marché de proximité de Québec

Anick rapproche les mangeurs de la terre. Fondatrice du Marché de proximité de Québec, son initiative propose une plateforme virtuelle qui allie commerce électronique et achat de proximité. Grâce à sa mission, le Marché permet à des microentreprises d’avoir des conditions plus sécurisantes afin de se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux : de bons produits.

Image : Anick Béland Morin marche devant un grido de produits locaux dans son commerce.

« On veut permettre aux gens de manger diversifié, de manière intéressante au niveau gustatif, mais tout ça avec un écho de solidarité pour les producteurs et productrices membres du marché. On s’attaque aux pièges de l’épicerie du terroir où on offre un maximum de diversité pour le consommateur au quotidien, mais surtout la base pour permettre aux gens de cuisiner des produits locaux. »

— Anick Béland Morin

Image : Sophie Marchand est assise sur une banquette en velour vert. Derrière elle, plusieurs plantes verdoyantes et une belle lumière de journée ensoleillée.

Sophie Marchand, restauratrice

Associée dans les restaurants Chez Boulay bistro boréal, Chez Boulay — Comptoir boréal, Les Botanistes et Véritable, Sophie Marchand vit dans l’ombre de son mari, le chef Arnaud Marchand. Celle qui gère l’image des commerces, mais aussi celle de son amoureux, se bat au quotidien contre des idées préconçues quant à son rôle au sein de leurs entreprises.

Image : Sophie Marchand, jeune femme aux cheveux blonds, est assise au comptoir de Chez Boulay. Le décor est accentué de verdure et de teintes de cuivre.

« Quand je suis dans mes établissements et qu’on me présente, c’est toute le temps : “Je te présente la femme à Arnaud”. Je réponds toujours : “Mon nom est Sophie et je suis associée”. Je mets mon pied à terre. Mes trois grossesses ont fait en sorte que j’ai été dans l’ombre, mais je suis une partie intégrante de l’entreprise. »

— Sophie Marchand

Image : Aagje Denys dans sa chèvrerie aux côtés de son chien.

Aagje Denys, fromagère Cassis & Mélisse

Depuis les 15 dernières années, la fromagère Aagje façonne à la louche des fromages d’exceptions certifiés biologiques. Élaborés à partir du lait frais de ses chèvres, ses fromages goûtent la beauté du paysage de Saint-Damien de Buckland.

Image : Madame Denys est dehors, raquette à la main. Elle sourit alors que ses deux chiens attendent de partir en randonnée avec elle.

« À mes cinq enfants, je dis d’aller voir le monde. Allez voir ailleurs, peut-être un jour ils vont réaliser que ce n’était pas si pire à Saint-Damien. Je ne m’inquiète pas de la relève. On n’a jamais poussé les enfants à travailler à la ferme. C’est notre choix, ce n’est pas leur choix. On a respecté ça. Si j’ai besoin d’un coup de main, ils vont m’aider, mais je n’ai pas obligé les enfants à participer à ça. Ils nous ont vu travailler. Aujourd’hui, c’est plus simple. Ils en sont très fiers, mais parfois ils m’en veulent, parce qu’ils sont dans un âge où ils voient ce qu’ils n’ont pas eu. En grandissant, ils vont peut-être voir ce qu’ils ont eu. J’espère. »

— Aagje Denys

Image : Dre Karine Gravel lors de sa sortie de course sur les plaines d'Abraham.

Karine Gravel, nutritionniste et docteure en nutrition

La nutritionniste Karine Gravel aborde la nutrition sous un angle créatif. Son approche de l'alimentation en est une positive et bienveillante, plutôt que contrôlante et restrictive, comme celle de la culture des diètes.

Image : Karine Gravel court sur fond de neige, sur les plaines.

« L’alimentation intuitive c'est reconnaître ses besoins et les respecter. C’est faire la paix avec les aliments et son corps, faire des choix pour se sentir bien, se sentir mieux, plutôt que de vouloir se changer parce qu’on ne s’aime pas. Et s'il y a des choses à changer, c’est qu’on s'aime bien finalement. »

— Karine Gravel

Image : Caroline Beaulieu regarde au loin en rigolant. Elle est assise à une table de restaurant avec, en arrière-plan, des coussins et de la brique. Un verre de vin rouge est déposé sur sa table.

Caroline Beaulieu, sommelière Légende par la Tanière

Caroline Beaulieu, 26 ans, est la sommelière du réputé restaurant de Québec Légende par la Tanière. La semaine prochaine, elle fera l’examen de 3e niveau de la prestigieuse certification Court of Master Sommelier. Une certification que très peu de femmes détiennent.

Image : La main de Caroline Beaulieu en gros plan. Son index est délicatement déposé sur le pied de la coupe de vin.

« Les femmes en sommellerie n’ont pas la même réalité ici qu’aux États-Unis, par exemple, où il y a une grande différence entre les sexes. On a une ouverture d’esprit au Québec pour ce qui est du vin qu’on ne voit pas toujours ailleurs. C’est ce qui fait la beauté de notre industrie. Pour l’instant, le fait d’être une femme n’est pas un obstacle, mais c’est clairement un métier d’homme. »

— Caroline Beaulieu

Image : Anick Béland Morin est derrière le comptoir avec une autre employée. Ils vérifies, ensemble une liste derrière un ordinateur.

Alors que les hommes dominent le paysage gastronomique au Québec, les femmes, elles, l'embellissent de façon plus discrète.

Ce photoreportage a été réalisé dans le cadre de Ça vaut le détour

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