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Image : Louana Girard se balance au parc de Laniel.

Texte et photos de Tanya Neveu

Image : Louana Girard est debout dans la glissade.

Louana Girard a 6 ans. Elle est la seule enfant du territoire non organisé de Laniel, qui compte au total 81 habitants.

Son grand frère de 13 ans vient lui rendre visite une fin de semaine sur deux. La plupart du temps, surtout en hiver, elle se retrouve seule au parc pour enfants, situé en plein cœur du village.

Image : Patricia Noël et Louana Girard marche dans un chemin enneigé de Laniel.

Originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, sa mère, Patricia Noël, est arrivée à Laniel en 2001 pour le travail. Elle s’est rapidement créé un réseau d’amis. L’idée d’élever un enfant dans un village où il n’y en a pas ne lui a jamais fait peur.

Quand elle est arrivée, je me suis questionnée. Pourquoi on déménagerait? C’est ici qu’on est heureux. En la voyant grandir, je me rends compte qu’elle n’est pas malheureuse. Je ne connais pas l’avenir, mais je ne me pose plus la question.

Image : Une affiche à l'entrée de Laniel souhaite la bienvenue aux visiteurs.

Laniel est situé entre forêts et lacs, sur la route 101, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Témiscaming.

Si le nombre d’habitants y est très peu élevé en basse saison, l’endroit se transforme en été et devient effervescent. Le lac Kipawa et les 600 km2 de territoire attirent plusieurs plaisanciers. Laniel est aussi l’une des portes d'entrée du parc national d'Opémican, le dernier-né de la Sépaq, la Société des établissements de plein air du Québec.

Image : Un pont en arche

Le village de Laniel possède l'un des rares ponts arqués du Québec. Au centre du village, un barrage permet de régulariser le débit de la rivière Kipawa.

Image : Une dizaine d'adultes entourent Louana Girard à une table.

Louana a grandi avec des adultes. Rapidement, les gens du village l’ont prise en affection. D’autant plus que la dernière naissance à Laniel avant Louana remonte à plus d’une vingtaine d’années.

Depuis qu’elle est haute comme trois pommes, Louana participe presque chaque vendredi aux festivités organisées par un groupe du village. Des 5 à 7, elle en a déjà vécu plusieurs.

Image : Nancy Peers et Louana Girard jouent sur la table de la cuisine.

Plusieurs citoyens ont tissé des liens très serrés avec Louana. La voisine de gauche est sa marraine, celle de droite, Nancy Peers, a aussi noué une amitié solide avec Louana.

Nancy avoue qu’elle redevient une enfant lorsque la jeune fille de 6 ans lui rend visite. Parfois, elle l’aide à faire ses devoirs.

Je ne suis pas sa mère, je ne suis pas son enseignante, je suis une amie. On s’apprend des choses dans nos émotions, mais aussi dans nos façons d’être. Je la vois évoluer et j’aime ça!

Image : Louana Girard et Fernande Denis jouent aux cartes.

Fernande Denis, l’aînée du village, a 84 ans de plus que Louana. Cet écart d’âge ne l’empêche pas de s’amuser avec l’enfant, qu’elle considère comme sa petite-fille.

On la gâte, c’est la seule!

Fernande Denis
Image : Des enfants posent devant l'école de Laniel.

Fernande se souvient de la première école de Laniel, construite en 1933. À l’époque, les enfants couraient les rues.

C’était de la 1re à la 7e année. Plusieurs de ces enfants sont partis. Il n'y en a plus, sauf ma petite-fille! dit-elle en regardant Louana.

L’école a fermé ses portes en 1960.

Image : Louana Girard descend de l'autobus scolaire.

Louana doit parcourir une vingtaine de kilomètres en autobus pour se rendre à son école, située à Saint-Édouard-de-Fabre.

L’autobus fait le trajet matin et soir pour assurer le transport de l’enfant du village.

La plupart du temps, elle est seule à bord.

Image : Louana marche en raquettes, entourée de son père et sa mère.

Le proverbe africain dit : Il faut tout un village pour élever un enfant. Les parents de Louana y adhèrent. Ils s’estiment chanceux de pouvoir compter sur les gens du village pour occuper et émerveiller le quotidien de leur fille.

Quand on voit Louana évoluer à travers notre réseau d’amis ici, les adultes, je me dis que c’est une formule gagnante. La majorité des gens qui sont ici sont retraités. Ils ont du temps à donner et Louana en bénéficie énormément.

Image : Louana Girard glisse dans la neige.

Toujours souriante, Louana ne souffre pas tant de l’absence d’amis de son âge. Elle se plaît à faire visiter son village à d’autres enfants.

J’aime ça, Laniel, mais j’aimerais avoir plus d’amis!

Louana Girard

En attendant, elle s’estime chanceuse de pouvoir compter sur des adultes qui développent avec elle une amitié bien particulière.

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