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Un homme marche de profil dans la neige devant le soleil avec ses skis dans ses bras.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Vivre au sommet, risquer sa vie, respirer l'air frais, avoir le plaisir d'être le premier sur les pistes ou même créer ses propres sentiers; les montagnes à la frontière de l'Alberta et de la Colombie-Britannique regorgent de personnages colorés et d'êtres inspirants.

Un photoreportage de Nafi Alibert, Vincent Bonnay, Julie Landry, Geneviève Tardif et Marylène Têtu

Un homme dans la soixantaine souriant pose devant la caméra avec plusieurs abonnements de saisons de ski dans les mains.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Charlie Findlay

Ingénieur retraité, 43e saison de ski, sur les pistes presque tous les jours

Demandez de trouver le personnage excentrique de Jasper, et le nom de Charlie Findlay sera prononcé. L’ingénieur du Canadien National à la retraite ne passe pas inaperçu avec son look et son équipement rétro. Il n’a pas acheté une seule paire de skis depuis 15 ans. Pourtant, il skie presque tous les jours à Marmot Basin. Charlie est un personnage plus grand que nature connu pour son amour du ski, son grand jardin où il cultive des fleurs à porter à sa boutonnière l’été, et son amour pour les bons repas et les bons vins.

Un homme en habit de ski est debout sur une table de cafétéria.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Ce ski bum originaire de l’Ontario a remporté le concours annuel de costume d’Halloween pendant 22 années, jusqu’à ce qu’on lui interdise de participer pour donner la chance aux autres. Le prix? Une passe annuelle de ski.

Un homme marche de profil dans la neige devant le soleil avec ses skis dans ses bras.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Charlie Findlay respecte les montagnes pour l’aura qu’elles dégagent, mais aussi pour les sources d’eau qu’elles fournissent : Nous sommes tellement stupides. Nous chérissons le pétrole plus que l’eau, pourtant si nécessaire à la vie.

Une femme dans la quarantaine souriante pose assise sur une motoneige.
Radio-Canada / Marylene Têtu

Mireille Picard

Travailleuse sociale, passionnée de nature et de motoneige

Quand Mireille Picard parle de plein air, ses yeux s’illuminent. Elle est complètement éprise de la nature et des grands espaces. C’est à Fernie que la Québécoise d’origine a trouvé tout ce qui pouvait la combler. À proximité, elle peut pratiquer ses sports : motoneige, ski hors-piste, ski de fond, raquettes, vélo de montagne et pêche.

Le soleil se lève sur une montagne couverte de neige avec quelques sapins.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Les montagnes représentent pour moi la vie, l’essence de pourquoi je suis ici. C’est ça qui me tient en vie. Quand je suis en haut d’une montagne, c’est là que je suis à mon top zen. [...] Quand je suis en haut, c’est comme si rien ne pouvait m’atteindre. Je suis en extase. Je me sens sereine, et c’est une énergie que je ne peux avoir nulle part ailleurs. »

— Une citation de  Mireille Picard
Un jeune homme de profil peint un vautour sur une toile.
Radio-Canada / Marylene Têtu

Michael Corner

Ex-planchiste devenu artiste peintre

Michael Corner a quitté les plaines de la Saskatchewan pour vivre sa passion de la montagne. Il a vécu à fond dans la communauté des planchistes de Lake Louise, en étant sur les pistes tous les jours, tout en y travaillant.

Un jeune homme de profil tient une plancheà neige.
Radio-Canada / Marylene Têtu

C’était sa vie, il en était accro, c’était presque s’envoler! It’s the closest you’ll ever get to fly. Toutefois un jour, il en a eu marre. Il a troqué sa planche pour un pinceau et ne l’a plus jamais reprise. Aujourd’hui, l'artiste qui réside à Banff entretient un lien d’amour-haine avec les montagnes.

Brume sur les montagnes Rocheuses.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« J’ai du mal à coexister avec elles. Elles sont si intimidantes et vastes. On vit dans leur ombre. C’est vraiment étrange. [...] Je n’arrive pas à les dépeindre. Je n’arrive pas à capturer ce qu’elles nous font. Elles sont tellement insaisissables, c’est peut-être pour ça que je suis encore ici. J’essaie toujours de comprendre ce que ça fait, de vivre dans leur ombre. »

— Une citation de  Michael Corner
Un père et une mère pose avec leurs trois jeunes filles et leur bébé garçon ainsi que leur chien dans leur cour extérieur enneigée.
Radio-Canada / Nafi Alibert

La famille Rousseaux-Zawadzki

Pauline, pâtissière, Raoul, technicien dans l’industrie du pétrole, Zoé (10 ans), Léa (7 ans), Solène (4 ans) et Gaspard (4 mois)

Originaires des Alpes françaises, Pauline Rousseaux et Raoul Zawadzki sont nés avec une paire de skis aux pieds. Quand ils ont quitté leurs vertes montagnes pour l'Alberta, il y a une quinzaine d'années, ils savaient qu'Edmonton ne serait qu'une escale avant qu’ils ne retournent se nicher dans les hauteurs.

Devenus parents, ils tiennent mordicus à offrir à Zoé, Léa, Solène et Gaspard la même enfance qu'ils ont connue dans les grands espaces dentelés. Une vie forte en émotions, sur les pentes à pic de Kicking Horse.

Pauline Rousseaux.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

« On voulait être ici pour la mentalité des gens. J'aime bien ce petit côté où on vit tous ensemble. Il y a une belle entraide. J'ai quand même beaucoup de soutien. On cherchait un côté “campagne”, et Golden n'est pas encore développée comme Banff; c'est encore assez sauvage. »

— Une citation de  Pauline Rousseaux
Trois soeurs dans le portique d'une maison, tenant leurs skis.
Radio-Canada / Marylene Têtu

« Être montagnarde signifie de vivre avec la nature. Je n'aime pas vraiment les grandes villes parce qu'il y a trop de monde. »

— Une citation de  Zoé, 10 ans
Portrait de Blair Craig, à l'aube.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Blair Craig

Dameur de nuit, skieur de jour

Un gamin des Prairies venu à Fernie il y a 45 ans et qui n’en est jamais reparti. Je ne suis pas né ici, mais je suis là depuis assez longtemps pour que les “locaux” n'arrivent plus à se rappeler que je ne suis pas d'ici.

Une dameuse, de nuit, sur la montagne. Un homme debout regarde les lumières du village nichée dans la vallée.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Ce mordu des planches qui se décrit comme un ski bum arpente et façonne les pistes de la station de ski Fernie Alpine Resort dans sa dameuse. Il passe ses nuits seul auprès de sa montagne. Le long des pentes abruptes, il vit avec elle la magie d'un lever de soleil, et une fois son quart de travail terminé, il chausse ses skis, aux premières lueurs du jour.

Une dameuse, à l'abe, sur la montagne.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Quoi de plus beau que la montagne comme lieu de travail? On peut regarder les arbres, la vue, et avoir le sentiment d’en faire partie. »

— Une citation de  Blair Craig
Une jeune femme souriante pose devant la caméra assise à une table.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

Mélanie Bernier

Architecte résidentielle, championne de ski d’alpinisme

Non seulement Mélanie Bernier dévale les pistes abruptes et couloirs dans l’arrière-pays à toute vitesse avec une technique impeccable, elle en fait aussi l’ascension presque plus rapidement que son ombre. Chaussée de ses skis, avec ses skins (peaux de phoque), elle a déjà gravi en 1 h 30 les plus de 1500 mètres la séparant du sommet de la station de ski de Revelstoke, sa ville d’adoption. Mais l’athlète d’endurance est loin de se vanter de ses records. L’architecte bientôt mère reste humble et surtout reconnaissante de ce que lui procure sa vie dans les montagnes.

Près d'une dizaine de skieurs en habits colorés avec des sacs à dos se dirigent sur une piste enneigée.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Pour moi, être montagnarde, c’est vraiment la joie. Je ne vois pas vraiment d’autres façons de vivre. C’est [toutefois] aussi pour moi de vivre loin de ma famille, et c’est ce que je trouve le plus difficile, [...] mais pour moi, la qualité de vie ici, ça n’a aucun prix, et c’est ce qui me rend heureuse. »

— Une citation de  Mélanie Bernier
Une femme dans la trentaine est debout avec ses skis alpins à la main devant une forêt et de la neige avec un chien noir à ses pieds.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

Mélanie se souvient de sa première journée en ski alpin, à l’âge de 7 ans. Une journée qui a changé ma vie, et c’est une longue histoire d’amour depuis ce temps-là, raconte celle qui fait désormais uniquement du ski hors-piste.

Christian Roy, résident de Jasper.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Christian Roy

Guide de montagne, adepte de la méditation

C’est dehors, à l’air frais, en haut d’une montagne, que Christian Roy est le plus heureux. L’Acadien d’origine a découvert les montagnes lors d’un voyage en Europe il y a 25 ans et il a habité dans différentes villes montagnardes de l’Ouest canadien, mais Jasper le rappelait à elle comme un aimant. Dès le moment où j’ai mis les pieds à Jasper, je me suis senti chez moi. C’est dur à expliquer.

Christian Roy, résident de Jasper.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Aujourd’hui, le guide et copropriétaire de l’entreprise Canadian Skyline Adventures ne changerait de place avec personne au monde, et les randonneurs qu’il accompagne le lui rappellent constamment.

« Tous les jours, presque, il y a des gens qui me disent : “T’es chanceux, t’as la meilleure job au monde!” »

— Une citation de  Christian Roy
Todd Weselake à côté d'un petit avion.
Radio-Canada

Todd Weselake

Survivant d’avalanche devenu pilote d’avion

Sa passion a failli lui coûter la vie. Le photographe Todd Weselake, qui habite à Fernie depuis son adolescence, a passé plus de 20 minutes prisonnier sous deux mètres de neige en janvier 2008. Ses deux amis qui venaient de passer un cours de survie aux avalanches lui ont sauvé la vie. Même s’il raconte son expérience au seuil de la mort avec un calme étonnant, il en a gardé des séquelles.

Sommet de montagne avec arbres enneigés.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Quand l’avalanche m’a frappé, elle m’est rentrée dedans comme un train. Elle m’a broyé et enfoncé de plus en plus. Quand elle s’est arrêtée, tout était noir. Je ne pouvais pas bouger les doigts et je me suis dit : “Je suis vraiment trop profond.” J’ai paniqué quelques secondes. Je me suis calmé, puis je me suis évanoui. »

— Une citation de  Todd Weselake
Une main tient le volant d'un petit avion.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Depuis, il a beau tout essayer pour retourner sur la montagne, il n’arrive toujours pas à se sentir complètement à l’aise. Puisque la montagne fera toujours partie de lui, il a choisi de la côtoyer, mais des airs : Je n’ai pas peur des montagnes, mais je les traite avec plus de respect qu’avant.

Rosemary Brydon dans son chalet perché au bout d’une route escarpée vis-à-vis des montagnes.
Radio-Canada / Nafi Alibert

Rosemary Brydon

Veuve, Rosemary, 71 ans, ne partage plus qu’avec son chien son chalet perché au bout d’une route escarpée vis-à-vis des montagnes depuis que sa fille unique est partie. Ce chalet, elle l’a assemblé, billot par billot, de ses mains avec son mari, Bob. C’est par amour pour lui qu’elle l’a suivi à Fernie en 1975, alors qu’elle pensait avoir quitté son Angleterre natale que pour quelques mois.

Sommet de montagne avec arbres enneigés.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Ça pourrait devenir un slogan : Viens passer un hiver à Fernie, et tu y resteras une bonne partie de ta vie! Comme moi, beaucoup de gens arrivent ici pour une saison, mais finissent par rester. Les montagnes sont magnétiques. Elles sont simplement magnifiques. »

— Une citation de  Rosemary Brydon
Rosemary Brydon dans la forêt en raquettes avec son chien.
Radio-Canada / Nafi Alibert

Contrairement à sa fille, l’ex-championne de ski alpin Emily Brydon, Rosemary n’aime pas particulièrement dévaler les pentes. Elle préfère chausser tous les jours ses raquettes pour arpenter les sentiers qu’elle refaçonne chaque hiver depuis le pied de sa propriété.

La vie à la montagne n’est pas de tout repos en hiver. Je parcours des kilomètres en raquettes deux fois par jour, il faut entretenir les sentiers, pelleter et déblayer la neige quotidiennement… C’est épuisant, mais ça me libère l’esprit. Je me sens en vie; ça me fait du bien. Je suis vraiment chanceuse: nous vivons comme dans une bulle où la nature s’offre à ceux qui veulent en profiter.

4 personnes, les cheveux couverts, dans une boulangerie.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

L’équipe de La Baguette

Sonia Ratté, propriétaire (Portneuf), et les employés Loïc Petit (Auvergne), Greg Voyer (Rimouski) et Charlène Le Blanc (Normandie)

Entrepreneure et férue de sport de montagne, Sonia Ratté dit avoir réalisé son rêve en ouvrant la boulangerie La Baguette, à Revelstoke. En 10 ans, le petit commerce s’est assorti d’un bistrot et d’une épicerie fine qui valent à Sonia des « Merci d’avoir accueilli la bonne bouffe à Revelstoke » quand elle croise des clients dans la rue. En cuisine, ses employés viennent des quatre coins du globe, tous attirés par les montagnes, mais aussi par un certain compromis travail-loisir.

4 personnes, les cheveux couverts, dans une boulangerie.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Le style de vie en montagne, c’est d’essayer de travailler le moins possible et être dehors le plus possible. Ça ne marche pas pour moi, car je suis propriétaire de la business, mais j’aimerais bien pouvoir plus le faire aussi. »

— Une citation de  Sonia Ratté
Une femme de côté dans une cuisine de restaurant.
Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Même en travaillant, on a l’impression d’être tout le temps en vacances. L’été, après le travail, on va se baigner dans le lac qui est juste à côté. Il y a l’escalade, le vélo de montagne... L’hiver, moi je fais du snowboard. La vie à Revelstoke est simple, et c’est le fun. Tout le monde a l’air heureux. »

— Une citation de  Charlène Le Blanc, pâtissière à La Baguette depuis 4 ans et demi
Loni Kettl sur un lac gelé.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Loni Klettl

Skieuse olympique, une des leaders de la Jasper Trails Alliance

À 60 ans, Loni a l’énergie d’une adolescente et a du mal à rester en place. L’ancienne skieuse olympique (Lake Placid, 1980) est née et a été élevée dans le parc national Jasper, où elle consacre des heures incalculables de bénévolat à créer un réseau de sentiers dans les montagnes, pour faire en sorte que les gens en profitent sans perturber la nature et les animaux.

Un cerf étendu dans la forêt l'hiver.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Toute ma vie, j’ai été sur des sentiers. Je skie, je cours, je fais de la randonnée ou du vélo. Elle est fière de faire partie de la Jasper Trails Alliance, le seul groupe au pays qui peut créer des sentiers dans un parc national. L’athlète a construit sa vie à partir de son expérience olympique. Je me sens plus forte. J’ai plus de recul. Je veux aider plus de gens. Je veux engager les gens de ma communauté. Je me sens plus olympienne que jamais.

Des montagnes enneigées séparées par une route sinueuse.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Les montagnes sont mes gardiennes. Chaque fois que je les regarde, je me sens à la maison. Elles me protègent; je sais que tout ira bien parce que mes trois gardiennes sont là. »

— Une citation de  Loni Klettl
Caroline Roy, dehors, près de rails de chemin de fer.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

Caroline Roy

Employée de Parcs Canada, sportive

Caroline Roy se sent choyée d’avoir grandi au bord de la mer au Nouveau-Brunswick, mais ne compte pas y retourner pour s’y installer. Il y a beaucoup trop à faire ici, s’exclame la sportive qui ne se lasse pas d’explorer les montagnes autour de Jasper, même après 22 ans sur place. Elle en veut toujours plus.

Des montagnes enneigées séparées par une route sinueuse.
Radio-Canada / Vincent Bonnay

« J’en mange, j’en respire, des montagnes. Même à Jasper, j’ai monté presque toutes les montagnes, puis j’ai encore hâte d’y retourner, de les remonter. Quand tu atteins ton objectif, t’es tellement fière, t’es tellement contente. Oui, ça a peut-être été difficile, ça a peut-être été une longue journée, mais tu respires puis ça te donne le goût d’en faire plus. Tu regardes alentour puis tu vois une autre montagne et tu te dis : “La prochaine fois, je m’en vais là-bas.” »

— Une citation de  Caroline Roy



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