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Rose Naggar-Tremblay, Révélation Radio-Canada en musique classique
Radio-Canada / Denis Wong

Elles sont les découvertes musicales de l’année du diffuseur public et elles collaborent pour la première fois. À l’occasion du 15e anniversaire des Révélations Radio-Canada, des artistes venant d’horizons différents conjuguent leurs talents pour créer une chanson avec le compositeur Philippe Brault.

Texte et photos : Denis Wong

Le directeur musical Philippe Brault regarde un ordinateur dans son studio.
Radio-Canada / Denis Wong

Dans ce studio montréalais, le directeur musical Philippe Brault accueille cinq des six Révélations de Radio-Canada. Leur mandat est simple et compliqué à la fois : ces voix émergentes doivent revisiter une chanson interprétée par une ancienne Révélation et l’enregistrer en 48 heures. C’est la première fois dans l’histoire de ce concours que les personnes nommées se lancent dans un tel projet.

Leur choix s’arrête sur Le vent m’appelle par mon prénom, de Marie-Pierre Arthur. Ces Révélations qui viennent de se rencontrer doivent trouver le filon leur permettant de mettre en valeur leurs talents respectifs.

L'artiste Lysandre en studio
Radio-Canada / Denis Wong

Cette année, six artistes ont reçu le titre de Révélations Radio-Canada : Lysandre en chanson (sur la photo), Lova en rap, Noé Lira en musique du monde, Ariane Racicot en jazz, Rose Naggar-Tremblay en musique classique et Kanen à titre de toute première Révélation autochtone.

C’est à l’occasion d’une résidence de création que les cinq premiers talents se retrouvent en studio, en compagnie de Philippe Brault, pour enregistrer cette chanson collective. Dimanche, le groupe a présenté le fruit de son travail sur la scène des Francos de Montréal.

Le compositeur et directeur musical Philippe Brault
Radio-Canada / Denis Wong

Composée par Michel Rivard et Louis-Jean Cormier, la pièce de Marie-Pierre Arthur nous connecte à la grandeur de la nature; celle qui nous aide à retrouver nos repères en tant qu’êtres humains. Musicalement, le morceau laisse le champ libre aux harmonies vocales puisque la section rythmique de la chanson originale est limitée.

C’est une chanson qui a un paysage vaste et une belle montée épique, souligne le directeur musical Philippe Brault. Il y a un bel équilibre entre l’intimité de la personne qui la chante et le côté épique du paysage qu’elle regarde. Ça permettait [aux Révélations] de s’exprimer dans un cadre qui était musicalement large, mais avec un sujet très personnel. J’aime beaucoup cette dualité.

Les Révélations Radio-Canada sont en répétition en studio.
Radio-Canada / Denis Wong

Dès que les amplificateurs et les micros sont installés en studio, une entente et une complicité évidentes entre les artistes se dévoilent. Les Révélations improvisent des harmonies et créent des arrangements qui font le pont entre les différentes aptitudes du groupe. Dans cette version ambitieuse de Le vent m’appelle par mon prénom résonnent du piano classique, des claviers aux accents pop et quatre voix qui se répondent élégamment.

L'artiste Lysandre en compagnie du directeur musical Philippe Brault
Radio-Canada / Denis Wong

Selon Philippe Brault, il lui a été simple d’harmoniser les différents segments de la chanson, enregistrés sur deux jours. Cette cohorte des Révélations a la particularité d’être multidisciplinaire, et les artistes ont choisi de se mettre au service de la pièce, même si cela impliquait d’explorer un terrain musical inconnu. 

C’est assez représentatif de cette génération, mais ce sont tous des gens qui ont fait plein de choses, note le compositeur. Tout le monde a plusieurs cordes à son arc parce qu’il touche à tout. Je trouve que la musique s’est beaucoup décloisonnée ces dernières années, et ce groupe des Révélations le représente bien.

La mezzo-soprano Rose Naggar-Tremblay entonne le refrain d'une chanson.
Radio-Canada / Denis Wong

Le résultat est puissant et intrigant : après une introduction de piano jazz, les voix se déploient dans un crescendo d’intensité, avant qu’une douce finale livrée façon rap ne vienne clore la pièce. Lorsque les artistes entonnent le refrain, comme Rose Naggar-Tremblay le fait sur la photo, leur talent se révèle en simultané.

Mais quand j'reviens d'où je viens
Je retrouve mon horizon
Le ciel me prend par la main
Le vent m'appelle par mon prénom

Portrait de Lova en studio
Radio-Canada / Denis Wong

Lova (sur la photo) et les autres Révélations commencent à obtenir une certaine reconnaissance, et leur nomination est un coup de pouce précieux pour leur carrière. Or, comment faire pour poursuivre sur cette lancée sans perdre son élan? Philippe Brault, qui évolue dans l’industrie depuis plus de 20 ans à titre de directeur musical, mais aussi comme contrebassiste et concepteur sonore, estime qu’il n’existe pas de recette miracle. 

Tu ne peux pas faire autre chose qu’être fidèle à tes goûts et tes envies et ne jamais arrêter de travailler, dit-il. Les gens que j’ai connus parmi les Révélations qui sont toujours là, ce sont des gens travaillants qui s’occupent de leur musique en premier; ils ne sont pas paresseux là-dessus. Il n’y a pas vraiment d’autres secrets.

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