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Sophie Larouche dans le rôle de Clara.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Le conte féérique Casse-Noisette reprend vie à la salle Michel Côté d'Alma. Le ballet joué sur les plus grandes scènes du monde y est présenté pour une 21e année consécutive. Et la magie opère toujours. Incursion dans les coulisses d'une production unique.

Texte et photos - Vicky Boutin | Édimestre et photos - Chantale Desbiens

Des ballerines font des étirements sur la scène.
Radio-Canada / Vicky Boutin

L’arrivée des spectateurs est imminente, mais la troupe du Prisme culturel est encore sur les planches pour peaufiner les derniers détails de la chorégraphie.

Pas moins d’une centaine de danseurs du Saguenay et du Lac-Saint-Jean se côtoient pour cette production, l’aboutissement de longs mois de travail. Les auditions ont eu lieu quatre mois plus tôt. Les artistes ont consacré plusieurs heures par semaine aux répétitions.

France Proulx donne des indications aux danseurs.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Sur scène, la directrice du Prisme culturel, France Proulx, donne ses dernières indications aux danseurs étoiles.

Elle veille sur toute la troupe, que les danseurs soient professionnels ou amateurs. L'heure n'est plus à l'enseignement. Elle doit faire rayonner le talent des artistes.

« Pour eux, c’est une consécration de leur travail et un but à atteindre. »

— Une citation de  France Proulx, directrice du Prisme culturel
Des jeunes filles se maquillent devant un miroir.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Le temps file. Au sous-sol, les loges se remplissent. Tout le monde se trouve un miroir. Filles comme garçons fardent leurs nez, colorent leurs paupières, rosissent leurs joues pour entrer dans la peau de leur personnage.

Les pastilles de couleurs passent d’une main à l’autre, comme les trucs de maquillage qui s’échangent entre deux reflets.

Des adolescentes appliquent du maquillage aux danseurs plus jeunes.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Dans le couloir, une chorégraphie particulière prend forme. Les moins expérimentés s’adossent aux murs alors que les autres s’amènent pour fignoler les détails de leur visage coloré. Les danseurs passent d'une station à l'autre pour chaque étape du maquillage. L'un applique du brillant pendant que l'autre trace le contour des yeux : l'entraide est la clé.

Des jeunes filles attachent les boucles des robes de leurs amies.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Les costumes, tous plus colorés les uns que les autres, sont répartis sous la scène. Habilleuses et couturières veillent tout près pour identifier les réparations de dernière minute et pour que chacun puisse fermer sa boutonnière ou remonter sa glissière le moment venu.

Les artistes s’aident pour nouer une boucle, remonter un jupon, attacher un corset. Tout au fond du local de pratique, des adolescentes s’installent les unes derrière les autres dans un chassé-croisé de fermetures éclair. L’amitié a grandi au fil des répétitions et le plaisir d’être ensemble atténue le stress de la performance à venir.

Une habilleuse attache la fermeture éclair de la robe de Sophie Larouche.
Radio-Canada / Vicky Boutin

L’interprète de Clara, Sophie Larouche, se glisse dans la peau du personnage principal depuis six ans déjà. Chaque année, j’essaie de repousser mes limites, confie-t-elle.

Elle est convaincue que le Casse-Noisette du Prisme culturel a une saveur spéciale.

Les danseurs Sophie Larouche et Jean-Daniel Bouchard avec le personnage de Casse-Noisette.
Radio-Canada / Vicky Boutin

« Notre Clara, elle est vivante, elle danse, elle incarne le rêve. Alors que dans les autres Casse-Noisette, elle regarde le rêve, elle subit le rêve. C’est vraiment une version unique. »

— Une citation de  Sophie Larouche, danseuse
Des enfants et des adultes discutent entre eux.
Radio-Canada / Chantale Desbiens

Quelques minutes avant de monter sur scène, les comédiens-danseurs se rejoignent tout près des coulisses. Les derniers éléments du décor sont installés. Le murmure du public se fait entendre de l’autre côté du rideau.

La tension monte alors que chacun se remémore sa tâche. Mais partout, des sourires illuminent les costumes déjà flamboyants.

Sophie Larouche avec deux danseurs qui personnifient Arlequin et Colombine.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Les murmures s’estompent, le rideau se lève et le ballet créé par Tchaïkovski en 1892 revient à la vie. Le spectacle a traversé les années sans une ride.

Les personnages de la grand-mère et du grand-père font un pas de danse devant les enfants.
Radio-Canada / Vicky Boutin

En coulisses comme sur scène, les générations se côtoient. La troupe a même son grand-père! Pierre Tremblay, l’aîné du groupe, joue ce rôle depuis trois ans. Il avoue avoir été enrôlé par sa fille et sa femme, toutes deux interprètes dans la pièce.

Des enfants et des adultes sont sur scène pour le tableau de la fête des enfants du ballet Casse-Noisette.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Sur les planches, Pierre Tremblay veut donner le maximum pour faire honneur à l’équipe. Il accepte même de se faire reprendre par les plus jeunes quand une figure n’est pas à point. C’est excellent pour l’orgueil et l’humilité!

Par-dessus tout, c’est l’esprit de camaraderie qui le garde dans l’aventure. Ce sont les jeunes qui nous donnent de l’énergie. On arrive ici et la différence d’âge n’existe plus.

Samuel Simard tient dans ses bras son fils Elliot.
Radio-Canada / Vicky Boutin

À six ans, Elliot Simard est le plus jeune danseur du groupe. Il partage la scène avec son père Samuel pour la toute première fois. Malgré les répétitions qui se multiplient, ils sont convaincus que l’expérience vaut tous les sacrifices.

« On tisse des liens, raconte Samuel. L’effervescence du spectacle, c’est une drogue. On devient accro! On a vraiment le goût de s’exprimer sur scène et de donner tout ce qu’on a. »

Jean-Daniel Bouchard tient Sophie Larouche par les épaules.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Jean-Daniel Bouchard , le magicien Drosselmeyer, en est à sa 16e année dans le ballet. Il a revêtu tous les costumes. Agriculteur de profession, il a aussi appris à composer avec l’horaire exigeant des pratiques.

Il aide, entre autres, en recrutant des danseurs. C’est une façon de passer le relais. Entre deux représentations, il doit retourner à la ferme pour régler un problème urgent.

Deux danseurs du ballet Casse-Noisette du Prisme culturel.
Radio-Canada / Vicky Boutin

Chaque année, le scénario se répète : les billets pour le spectacle s’envolent aussi rapidement que le temps des fêtes. Les représentations offertes par la troupe du Prisme culturel sont une fois de plus présentées à guichets fermés.

Les danseurs du ballet Casse-Noisette reçoivent les applaudissements du public.
Radio-Canada / Vicky Boutin

À peine sortis de scène, les danseurs rêvent déjà à l’an prochain, aux nouveaux rôles qui les attendent. Certains repartent même avec leurs souliers de danse pour être certains de revenir sur les planches.

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