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Image : Des lynx au pelage gris.

Le Manitoba est un véritable terrain de jeu pour les photographes animaliers qui croquent, par tous les temps et en toute saison, hiboux, castors, lynx, orignaux et autres éléments de la faune diversifiée des Prairies, pour le pur plaisir de la photo.

Texte de Thibault Jourdan | Photos : Heather Hinam, Paul Hancock, Matthew Henry, Aaron Janzen

Image : Un oiseau coloré sur des branches de pin.

Malgré sa faible population, le Manitoba compte une communauté de photographes animaliers très active. Plusieurs d’entre eux exposent leur travail sur le réseau social Instagram, où commentaires, encouragements, critiques et échanges de bons plans sont légion. La collaboration et l’entraide entre passionnés s’en trouvent renforcées.

Image : Heather Hinam porte un chapeau, sourit et a un appareil photo autour du cou.

Heather Hinam est l’une des quelques femmes qui font partie de la communauté manitobaine des photographes animaliers. La photographe, qui se décrit comme semi-professionnelle, prend des photos depuis environ 20 ans.

Image : Un castor dans l'eau

Détentrice d’un doctorat en écologie, elle est toujours à « la recherche de n’importe quel animal » à photographier.

Image : Un oiseau sur un arbre.

Parmi ses endroits préférés pour faire de la photo, Heather Hinam mentionne le Bois-des-Esprits, à Winnipeg, une forêt urbaine où on trouve des biches et des chevreuils ainsi que des oiseaux comme cette sittelle à poitrine blanche.

Image : Une chouette sur une branche d'un bouleau.

Elle parcourt aussi le parc Hecla-Grindstone ou encore le marais Oak Hammock « pour les oiseaux ». Cette chouette lapone a ainsi été croquée en fin d’après-midi en novembre 2018.

J’aime aider les gens à prendre conscience de ce qui les entoure

Heather Hinam
Image : Un lynx au milieu d'arbres.

Heather Hinam est parvenue à photographier ce lynx au parc national du Mont-Riding en mars 2018, en fin d'après-midi.

Image : Un orignal marche sur une route de gravier.

Elle s’est retrouvée face à cet orignal en juillet dernier, sur une route de gravier dans le parc provincial Hecla-Grindstone.

Image : Un homme avec un appareil photo et un immense téléobjectif.

Ancien employé du secteur financier, Paul Hancock a décidé de prendre une retraite anticipée pour s’adonner à sa passion au Manitoba. Installé à quelques minutes en voiture du parc national du Mont-Riding, l’homme de 55 ans passe des heures à traquer des lynx, ses « animaux préférés même s’ils sont probablement les plus difficiles à photographier ».

Image : Deux lynx se battent au milieu d'un chemin.

Ces deux lynx qui se battent tels des boxeurs ont été photographiés en pleine saison des amours.

Ce que les gens ne réalisent pas, c’est le temps que ça prend. Derrière chaque photo [d’animaux], il y a des centaines d’heures de conduite, de randonnée…

Paul Hancock
Image : Un original noir avec des bois majestueux.

Et, même s’il vend quelques-unes de ses photos sur son site Internet, Paul Hancock met en garde les amateurs qui aimeraient se lancer dans la photographie animalière : « Ce n’est certainement pas une profession ou une passion qui rapporte de l’argent. C’est vraiment pour le plaisir personnel de voir tous ces animaux. »

Image : Des petits ours noirs sur un arbre.

On peut voir assez fréquemment des oursons dans le parc du Mont-Riding, explique le photographe.

Image : Une chouette avec une souris dans une serre et ses ailes déployées, en plein vol.

La photographie animalière permet de faire des prises spectaculaires, comme cette chouette au parc du Mont-Riding, qui vient d'attraper une souris, qu'elle emporte dans ses serres.

Image : Un homme avec un chapeau et un appareil photo avec un long téléobjectif.

Matthew Henry est le plus jeune des photographes animaliers au Manitoba. Toutefois, à seulement 17 ans, il a déjà plusieurs années d’expérience. « J’ai commencé la photographie il y a cinq ans, lorsque j’avais 12 ans, et j’ai commencé à prendre des photos d’animaux vers 14-15 ans. »

La photo animalière a été une vraie révélation pour moi.

Matthew Henry
Image : Un huard de dos avec les ailes déployées.

Par la suite, il s'est fait des amis qui aimaient la photographie animalière sur Facebook. Depuis, Matthew Henry arpente régulièrement le parc du Mont-Riding en compagnie, entre autres, de Paul Hancock, qui l’a, en quelque sorte, pris sous son aile.

Il était en kayak en train d’observer des huards, quand ceux-ci ont peu à peu dérivé et se sont suffisamment rapprochés de lui pour que la photo montre parfaitement l'intrication serrée des plumes de ces oiseaux.

Image : Un lynx se gratte dans la neige.

Comme c’est le cas pour son ami Paul Hancock, l’animal préféré de Matthew est le lynx. Ce sont cependant des animaux difficiles à voir. Il lui a fallu quatre ans de traque dans le parc national avant de parvenir à en voir un. L'hiver dernier, il a été chanceux et a vu beaucoup plus de lynx.

Image : Deux bébés chouettes sur une branche.

Matthew Henry est l’exemple parfait de l’esprit qui règne dans la communauté des photographes animaliers manitobains. « La plupart du temps, je fais des sorties photo avec des amis. C’est très rare que je sois seul. On aime partager ces moments à plusieurs », dit-il. Il a observé tout un été ces bébés chouettes qui ne se quittaient pas d’une semelle.

Dès que l'un d'eux s'envolait quelque part, l'autre suivait immédiatement.

Matthew Henry
Image : Un original avec les pattes dans l'eau.

« Facebook et Instagram rassemblent tous les photographes de la province et les amateurs de faune sauvage. On voit les photos des autres, ça nous inspire, nous donne des idées. Beaucoup sont aussi prêts à aider les autres, en donnant des indications sur les lieux où ils ont vu tel ou tel animal, ou encore des conseils. J’ai eu beaucoup de conversations à travers les réseaux sociaux avec des photographes que je n’ai jamais rencontrés, mais avec lesquels j’ai vraiment cliqué », affirme-t-il.

Image : Un ours accroché à un arbre

Lors d'une promenade à vélo, Matthew Henry et Paul Hancock sont tombés sur cet ours. Nerveux au départ, il s'est peu à peu détendu quand il a réalisé que les deux photographes n'étaient pas des menaces. Il s'est d’ailleurs tellement détendu qu'il est monté au sommet de l'arbre et a fait une sieste de 15 minutes!

C'était assurément l'une des meilleures rencontres de l'été!

Matthew Henry
Image : Un homme avec une casquette, des lunettes de soleil et un appareil photo avec un téléobjectif s'appuie sur une voiture.

Aaron Janzen aime les oiseaux et ses photographies le montrent bien. « J’aime observer les oiseaux et la photographie est, en quelque sorte, un prolongement de cette passion », explique-t-il.

Image : Un oiseau bleu au milieu de fleurs roses.

Quasiment chaque fin de semaine, il parcourt les routes manitobaines. « Je fais des excursions d’une journée. Le parc provincial Birds Hill, la forêt provinciale Sandilands, le Whiteshell ou encore le coin de Bissett sont des endroits où je me rends régulièrement », explique-t-il.

Winnipeg peut aussi être un terrain de chasse, comme le montre ce passerin indigo qui s'est laissé prendre en photo assez facilement dans le jardin anglais du parc Assiniboine, à Winnipeg, en août 2018.

Image : Une chouette lapone dans la neige.

Ses oiseaux préférés? « Les chouettes et les hiboux. Je trouve qu’ils sont fascinants. »

Image : Une martre des pins avec une souris dans la gueule.

Le jeune homme, qui s’est mis à la photographie animalière il y a une dizaine d’années, insiste cependant sur le rôle qu’ont les photographes en matière de respect de la nature.

Les photographes ont parfois des interactions négatives avec la faune. On doit toujours être prudent, ne pas stresser les animaux et essayer de leur nuire le moins possible.

Aaron Janzen
Image : Un oiseau sur un arbre.

Ce pic à dos rayé est un oiseau assez peu commun dans la forêt boréale. Aaron Janzen est tombé sur lui en décembre 2018, dans la forêt provinciale Agassiz.

Le photographe voit la publication de son travail sur les réseaux sociaux comme un moyen d’éduquer le public. « On a une certaine responsabilité », affirme-t-il.

Image : Un hibou des marais en plein vol.

Ce hibou des marais a volé dans la direction d’Aaron Janzen pour voir ce qu'il faisait, au marais Oak Hammock, en avril 2019. Si les humains ont une curiosité naturelle envers les animaux, il arrive aussi que l’inverse soit vrai!

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