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Dans un studio de radio, installé derrière une table tournante, le bruiteur Marcel Giguère.
Radio-Canada / Henri Paul

Comment fait-on de la radio? Comment parvient-on à installer une ambiance, une connexion avec les auditeurs? Nos photos d’archives nous offrent une incursion dans la radio telle qu’elle se faisait au tout début de la Société Radio-Canada, fondée en 1936.

TEXTE : ÉLODIE GAGNÉ | RECHERCHE D'ARCHIVES : SYLVIE COURNOYER | PHOTOS : HENRI PAUL

Dans un studio de radio, un public principalement féminin assiste à l'émission.
Radio-Canada / Henri Paul

8 juin 1942

Quoi de mieux qu’un public en studio pour ajouter un peu de chaleur à une émission radio! À première vue, celui qui est rassemblé sur le plateau de l’émission Comme tout le monde semble essentiellement féminin.

En observant de plus près, remarquez-vous toutefois ce jeune garçon en culottes courtes avec ses longs bas et ses souliers bien cirés? Il accompagne sans doute l’une de ces femmes élégamment vêtues et chaussées, jambes bien croisées.

À l’arrière, on peut apercevoir quelques hommes qui sont aussi venus assister à l’enregistrement de cette émission d’humour et d’actualité. Ils sourient et rient, comme l’ensemble de l’assistance installée dans des rangées bien serrées de chaises pliantes.

Dans un studio de radio, devant public, sont réunis autour d'une table le docteur et écrivain Philippe Panneton, le journaliste Louis Francoeur, une femme et un homme non identifiés. À l'arrière-plan, vue partielle sur la régie à travers la vitre.
Radio-Canada / Henri Paul

29 janvier 1940

La proximité avec le public se fait bien sentir dans le grouillant studio de l’émission S.V.P. Dans la régie à la très large fenêtre, le réalisateur se réjouit sans doute de l’animation qui règne sur le plateau.

Main sur la tempe, le journaliste Louis Francoeur semble quelque peu embêté par la discussion. Quel sujet peut-il bien enflammer ainsi le Dr Philippe Panneton (dit Ringuet), médecin et écrivain à qui l’on doit le roman Trente arpents?

Autour de ce bureau surmonté de deux micros, on remarque qu’une femme a aussi été invitée à cette table ronde. Elle porte le chapeau, tout comme l’ensemble des femmes dans l’assistance. Certaines ont aussi choisi de garder sur leurs épaules leurs plus belles fourrures.

Dans un studio de radio, le docteur Roméo Boucher et une femme non identifiée, tous les deux la main levée. Vue floue sur la régie à l'arrière-plan.
Radio-Canada / Henri Paul

20 octobre 1941

À la radio, tout passe par la voix. Cela demande beaucoup de préparation et d’écoute de la part des intervenants en ondes. Il faut à tout prix éviter la cacophonie que pourraient entraîner des propos qui s’entremêlent et s’entrechoquent.

Ces deux invités à l’émission de causerie S.V.P. l’ont bien compris. Avec un ou deux doigts levés, ils signalent sagement leur tour de parole. Pour donner du poids à leur argument, ils ont aussi pris soin de bien se parer.

Bibi à voilette, broche à la poitrine et montre portée au creux du poignet pour la dame. Boutons de manchette, bague à l’auriculaire et cheveux bien gommés vers l’arrière pour le monsieur. Parviendront-ils à faire valoir leur point de vue auprès du public?

Dans un studio de radio, derrière un microphone sur pied, le réalisateur Guy Mauffette s'exprimant avec de grands gestes.
Radio-Canada / Henri Paul

13 mars 1940

Radiothéâtres, radioromans, romans-savons, les premières années de la radio font une grande place aux dramatiques. Plusieurs de ces émissions prennent la forme de feuilletons quotidiens de courte durée – une quinzaine de minutes – diffusés au cours de la journée et assidûment suivis par les auditeurs à la maison.

Les comédiens sont ainsi nombreux à converger vers Radio-Canada pour y jouer un personnage à la radio en s’installant derrière l’un des lutrins rangés au fond de ce studio. Afin de bien rendre en ondes toute la gamme d’émotions de ces fictions, ils doivent y déployer une grande énergie!

Expansif et inspiré, Guy Mauffette leur montre la voie. C’est à lui que l’on doit notamment les radioromans Un homme et son péché, J’ai un cœur à chaque étage et La rumba des radioromans. Comédien, réalisateur, puis animateur, celui que l’on surnomme le poète de la radio parvient à s’adresser aux auditeurs comme nul autre. Son un ton décontracté, ses réflexions et ses traits d’esprit donneront une nouvelle couleur à la radio de Radio-Canada.

Dans un studio de radio, derrière un microphone sur pied, le bruiteur Marcel Giguère produit le son de l'eau versé dans une tasse.
Radio-Canada / Henri Paul

13 mars 1940

Dans le cas de fictions radiophoniques, il n’est pas rare que l’on fasse appel à un bruiteur pour illustrer l’action et miser sur l’immersion de l’auditeur.

Placé à bonne distance d’un micro sur pied, le bruiteur Marcel Giguère participe ainsi à l’expérience de La rumba des radioromans qui présente chaque semaine quatre sketches originaux sur un même thème.

On devine ici qu’il cherche à reproduire le son d’un liquide versé dans une tasse. Disposés sur une table tout près des lutrins des comédiens, un téléphone à chandelier et un petit coffre attendent aussi d’être animés par le bruiteur.

Dans un studio de radio, le technicien Albert Deamen, insère les portions musicales durant la diffusion de l'émission.
Radio-Canada / Henri Paul

13 mars 1940

Pour le radioroman Un homme et son péché, le technicien Albert Deamen insère de ses longs doigts agiles les portions musicales durant la diffusion de l’émission. Remarquez qu’il porte le même uniforme que son collègue bruiteur, soit un sarrau de toile ornementé de l’acronyme CBC sur une poche dans laquelle traînent quelques stylos-plumes.

Est-ce de l’émotion ou de la concentration que l’on perçoit dans son regard, tête baissée? La musique occupe une grande place dans l’adaptation radiophonique du roman de Claude-Henri Grignon, dont la trame est hautement mélodramatique.

L'indicatif musical de l’émission, reconnaissable entre tous, a été choisi par le réalisateur Guy Mauffette. Il s’agit d’un extrait du ballet Les saisons du compositeur russe Alexandre Konstantinovitch Glazounov.

Des musiciens s'exécutent en cercle autour de lutrins dans un studio de radio.
Radio-Canada / Henri Paul

25 mars 1942

Certaines émissions radio peuvent même profiter d’un orchestre en studio! C’est le cas de la quotidienne Les joyeux troubadours consacrée à des chansons humoristiques ou sentimentales, à des pièces musicales ainsi qu'à divers numéros de comédie.

Une imposante équipe de comédiens, de chanteurs et de musiciens sont impliqués dans cette émission humoristique qui a connu une longévité exceptionnelle de 36 années en ondes.

Sur notre photo, le guitariste Georges Vincent, le violoniste André Durieux, l'accordéoniste Émilia Heyman (de dos), le trompettiste Raymond Denhez (debout) et le saxophoniste Eddie Tremblay s’affairent à insuffler un peu de cette joie de vivre si caractéristique à l’émission.

En régie, dans un studio de radio, le technicien opérateur et le réalisateur, assis devant la boîte de sonorisation et un micro.
Radio-Canada / Henri Paul

25 mars 1942

De l’autre côté de la vitre, au fond du studio, se trouve la régie, véritable poste de commande de chaque émission radio.

Entre le réalisateur Yves Bourassa et le technicien opérateur Raymond Lemieux semble régner une franche camaraderie. Outil de travail aussi incontournable que l’imposante boîte de sonorisation, le micro placé près du réalisateur lui permet de s’adresser à ses collègues qui occupent les ondes.

Bien visible sur le mur de la régie, l’horloge murale à aiguilles n’est pas simplement ornementale. C’est un instrument de mesure indispensable afin d’équilibrer les interventions, les transitions et offrir aux auditeurs un programme radio tout en fluidité.

Dans la régie d'un studio de radio, un assistant non identifié, le réalisateur Paul Leduc et l'auteur du texte, Félix Leclerc, discutent.
Radio-Canada / Henri Paul

12 novembre 1943

Reconnaissez-vous ce grand jeune homme au long parka, légèrement penché au-dessus de l’épaule du réalisateur Paul Leduc? Il s’agit bien de Félix Leclerc, père de la chanson québécoise.

Pour le moment, Félix Leclerc compose des œuvres radiophoniques. Elles prennent la forme de contes, de fables ou de portraits historiques, comme pour la toute première série dramatique à laquelle il participe en tant qu’auteur, Je me souviens.

C’est un certain Guy Mauffette qui lui donne sa première chance en l’engageant comme comédien et en faisant circuler ses textes. Bientôt, son ton nouveau aux saveurs de terroir, le rythme de ses histoires et sa voix, profonde et chaleureuse, enchanteront les auditeurs.

Cette photo témoigne que Félix Leclerc, illustre poète et chansonnier, a d’abord aiguisé sa plume sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

Dans un studio de radio, l'annonceur Roger Baulu installé à une petite table surmontée d'un micro sur pied.
Radio-Canada / Henri Paul

20 octobre  1941

Le jeune annonceur Roger Baulu paraît bien seul à sa petite table avec son cendrier et ses feuilles de notes. Est-ce sa façon de créer une bulle et de pénétrer dans l’intimité des auditeurs à l’écoute dans le confort de leur foyer?

Peuvent-ils se douter que le prince des annonceurs porte le nœud papillon et qu'il a pris soin de plier un mouchoir dans la poche de son veston? La délicatesse, l’élégance et les manières de gentleman deviendront la signature de ce pionnier de la radio canadienne.

Plus tard, il les fera bien rire au talk-show de fin de soirée Les couche-tard qu’il anime à la télévision de Radio-Canada en tandem avec Jacques Normand. Mais ça, c’est une autre histoire qui implique des caméras en plus des micros et qui révèle des coulisses d’une tout autre nature.

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