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Image : Jacques Boulanger debout à côté d'une caméra.

Il y a 50 ans, à l'automne 1971, Jacques Boulanger créait un précédent à la télévision de Radio-Canada en animant Boubou, une émission de variétés à l'heure du lunch dans un grand centre commercial de Montréal. Des photos tirées de notre collection d’archives retracent la carrière de cet animateur qui a aimé chanter et s’amuser en ondes durant près de 50 années.

TEXTE : ÉLODIE GAGNÉ | RECHERCHE D'ARCHIVES : SYLVIE COURNOYER, SERVICE DE GESTION DES DOCUMENTS | PHOTOS : ANDRÉ LE COZ, FRANCIS J. MENTEN, JEAN-PIERRE KARSENTY, JEAN BERNIER

Image : Jacques Boulanger fouillant dans ses notes, assis à une table avec un micro.

10 mars 1964

Des allures de jeune premier, une voix sympathique et surtout, beaucoup de spontanéité : c’est ce qui permet à Jacques Boulanger d’être recruté par Radio-Canada en 1964.

Le jeune homme devient l’un des visages de l’émission d’actualité pour adolescents Jeunesse oblige. Comme annonceur, il ne peut y déployer tout son naturel, mais déjà, son dynamisme perce le petit écran.

Image : Dans un bureau, Jacques Boulanger, debout avec une pochette de disque dans chaque main, discute avec le réalisateur Gérard Binet qui, assis, fait fonctionner un tourne-disque.

11 novembre 1965

Originaire de Québec, Jacques Boulanger entame sa carrière d’animateur dès l’âge de 19 ans à la station de radio CHRC. Son émission Pourquoi pas? le rend rapidement populaire dans la Vieille Capitale. Il remporte même au début des années 60 le trophée Daily Mirror du meilleur animateur pour une émission fantaisiste.

Sur les ondes de Radio-Canada à Montréal, il anime d’abord Radio-Transistor, une émission pour les jeunes au cours de laquelle il s'efforce de faire jouer de la musique dans l’air du temps. En plus de Barbara, de Renée Claude ou des Mégatones, les auditeurs y découvrent un animateur charismatique à la joie de vivre contagieuse.

Image : Jacques Boulanger, assis, conversant avec une personne hors cadre.

8 juin 1967

Deux ans après son arrivée à Radio-Canada, Jacques Boulanger se démarque comme animateur de jeux-questionnaires télévisés. Il aime badiner, parfois même s’égarer, tout en gardant l’esprit bien vif.

À la barre du jeu À la seconde en 1967, il doit forcer le concurrent à ses côtés à dire oui ou non. Ce dernier peut gagner un dollar par seconde pendant les cinq minutes (au plus) que dure sa conversation avec l'animateur.

Le meneur de jeu parvient à donner à l’émission son rythme et sa couleur. On s’amuse bien avec Jacques Boulanger!

Image : Jacques Boulanger, dans une tenue chic, tenant ses cartons debout sur une scène.

8 septembre 1968

En 1968, on lui confie l’animation de l’émission Zoom, la grande nouveauté du secteur des variétés qui permet le retour en force du music-hall à la télévision de Radio-Canada. Jacques Boulanger accueille dans le cadre de ce spectacle hebdomadaire les artistes canadiens du moment ainsi que les vedettes internationales de passage à Montréal.

Pour cette émission qui souhaite rejoindre un public jeune, une grande attention est portée aux costumes et aux décors, conçus dans un style d'avant-garde. Malgré sa tenue impeccable, on comprend bien la nervosité du jeune animateur qui reste bien collé à ses cartons. Au même titre que les artistes invités, il doit se produire sur scène devant un public d’environ 200 personnes.

Image : Jacques Boulanger et Ginette Reno chantent ensemble, main dans la main.

1er juin 1969

Jacques Boulanger ne se considère pas comme un chanteur, mais bien comme un animateur qui aime chanter. De toute façon, il n’a pas le temps de suivre des cours de chant!

À l’invitation de l’impresario de la chanteuse Ginette Reno, il enregistre pourtant en 1969 une chanson avec la jeune étoile montante. Le bonheur, c’est qu’on ait pu se rencontrer sur la plage ensoleillée, chantent main dans la main Jacques Boulanger et la diva québécoise sur le tube Le sable et la mer.

Image : Jacques Boulanger, souriant, sortant sa tête d'un wagon du métro de Montréal.

Août 1971

Avec l’émission Boubou dans le métro qui s’amorce à l’automne 1971, Jacques Boulanger a pour la première fois le plaisir d'animer une émission où il est libre de s’exprimer comme il l'entend. Pas de textes appris par cœur, pas de ligne directrice autre que celle imposée par le déroulement naturel de cette quotidienne présentée à l'heure du lunch.

Boubou dans le métro, décrite comme une émission de variétés de type magazine bric-à-brac sympathique, repose sur les épaules de Boubou, ce personnage distrait, gaffeur et surtout très attachant qu’incarne Jacques Boulanger.

Entre l’animateur et l’auditoire, c’est le coup de foudre. Chaque jour, 80 personnes se disputent les places mises à leur disposition dans l'allée centrale des Galeries d'Anjou. Certaines attendent jusqu'à trois semaines avant d'obtenir un laissez-passer.

Pour la petite histoire, malgré toute la promotion et le titre, l’émission Boubou dans le métro n’a jamais été tournée dans le métro de Montréal! Des problèmes logistiques forcent plutôt la production à s’installer dans un centre commercial montréalais. À la fin de la première saison, la quotidienne deviendra tout simplement Boubou.

Image : Dans un studio de télévision, Jacques Boulanger en culottes courtes et micro à la main.

21 janvier 1972

Sur le plateau de Boubou, il y a de l’ambiance! Jacques Boulanger fait tout pour amuser son public et ajouter du piquant à l’émission. Les rires et les applaudissements font filer à plein régime cette heure quotidienne de variétés fréquemment colorée d’une thématique.

Avec ses bretelles et ses culottes courtes, que peut bien célébrer Jacques Boulanger à l'émission du 21 janvier 1972? L’Oktoberfest avec beaucoup de retard, la culture bavaroise ou simplement les cotes d’écoute de plus d’un million de téléspectateurs qu’il rassemble chaque jour à la télévision entre 12 h 30 et 13 h 30?

Image : Jacques Boulanger, en tenue disco scintillante, posant devant un immense logo de Radio-Canada dans les mêmes tons.

26 janvier 1975

Monsieur B ou Monsieur Radio-Canada? Entre 1974 et 1976, Jacques Boulanger prend la barre d’une série d’émissions de variétés : Monsieur B. Dans le cadre des Beaux dimanches, il y présente des spectacles musicaux hauts en couleur avec des vedettes populaires.

Production à grand déploiement, Monsieur B fait voyager l’équipe jusqu’en Europe et en Afrique du Nord. En coulisses, Jacques Boulanger épouse Nicole Nevers, l'assistante à la réalisation de l’émission, juste avant de s’envoler pour la Belgique.

Image : Jacques Boulanger, debout, appuyé à une affiche circulaire où est inscrit le titre de l'émission «L'ami Boulanger».

29 août 1978

Entre 1976 et 1978, Jacques Boulanger disparaît complètement du petit écran. Le film controversé Parlez-nous d’amour, confiera-t-il plus tard, aurait pu avoir un effet encore plus dévastateur sur sa carrière.

L’animateur à l’image ternie s’éclipse plutôt sur les ondes de la radio CBF. À l’émission L’ami Boulanger, enregistrée à la Boîte à chansons de l’Hôtel Méridien de Montréal, il donne une première antenne à de nouveaux talents. Des interprètes établis tels que Michel Louvain, Pierre Lalonde ou Nicole Martin viennent aussi y faire leur tour.

Image : Dans le studio 48 de la Maison de Radio-Canada à Montréal, Gilles Vigneault, assis sur un tabouret, discute avec Gilbert Bécaud, qui est assis au piano sous l'œil attentif de l'animateur Jacques Boulanger, accoudé au piano.

14 mars 1983

Le printemps 1978 marque le retour de Jacques Boulanger à la télévision de Radio-Canada. À Superstar, la nouvelle émission dont il a choisi le titre, il s’entretient avec des artistes de renom qu’il accueille dans un cadre simple et chaleureux.

Au studio 48 de la Maison de Radio-Canada, il réunit le 14 mars 1983 deux géants de la chanson : le Français Gilbert Bécaud et le Québécois Gilles Vigneault. Accoudé au piano, un peu en retrait, l’animateur prend la mesure de leur franche camaraderie.

Parmi les autres moments marquants de cette émission qui garde l’antenne jusqu’en 1987 : le passage de l’Américain Gene Kelly, idole de la comédie musicale, puis celui de la comédienne française Jeanne Moreau, qui pousse également la note.

Image : Jacques Boulanger animant juste devant les gradins de son public majoritairement formé de femmes âgées.

11 septembre 1981

En parallèle, Jacques Boulanger reprend la case horaire du midi en 1981 avec Allo Boubou, assurément l’émission la plus emblématique de sa carrière à Radio-Canada. Avec la même formule qui a fait sa signature dix ans plus tôt, Jacques Boulanger anime cette fois une quotidienne devant public au Complexe Desjardins de Montréal.

La cote d’amour de Jacques Boulanger auprès de ses fidèles spectateurs est encore bien vive. En plus de leur proposer au cours de son émission en direct des chansons avec des artistes invités, des numéros, des défilés de mode et des recettes, il les fait participer à des jeux et à des concours ou leur donne tout simplement la parole.

En 1985, Le train de 5 heures prend le relais de l’émission Allo Boubou dans un concept très semblable gravitant autour de la personnalité de Jacques Boulanger, mais en fin de journée. Cette fois, le public n’est pas suffisamment au rendez-vous aux yeux du diffuseur public et la nouvelle émission est retirée des ondes après seulement une saison.

Image : Jacques Boulanger, souriant, le menton posé sur ses mains jointes.

Dans les années 1990 et 2000, Jacques Boulanger poursuit sa carrière à la radio. Au micro de l’émission Multipiste sur la chaîne CBF à Montréal, il reçoit des artistes de la relève avec leurs nouveaux disques. À l'antenne de CBV à Québec, il anime pendant près de dix ans Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, un grand magazine axé sur la scène culturelle de la Vieille Capitale. On lui confie aussi des rendez-vous hebdomadaires à la Première chaîne et à Espace Musique jusqu’à la fin des années 2000.

Jacques Boulanger prend sa retraite en 2009, à l’âge de 70 ans, mettant fin à une carrière radio-canadienne échelonnée sur cinq décennies. Certains se souviennent davantage de Boubou, de Monsieur B ou encore de l’ami Boulanger, mais au bout du compte, Jacques Boulanger aura très certainement marqué l’histoire des variétés à l’antenne de Radio-Canada.

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