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Image : Camille assise sur son tracteur.

L’agriculture biologique est en pleine expansion en Estrie. Visite de six fermes et un rucher qui ont choisi de remplir les assiettes des gens de vitamines colorées sans pesticides ni engrais de synthèse.

Un texte de Geneviève Proulx Photographies par André Vuillemin

Image : Des grands-parents, les parents et le petit-fils devant une grange.

On a à cœur de démocratiser l’accès aux légumes sains, frais et bio et pas juste pour ceux qui ont les moyens de se les procurer.

Ce souhait, Audrey Guy, une chercheuse dans le domaine de la santé mentale des adolescents, le partage avec son amoureux, Étienne Bélanger-Caron, le directeur général de la Coalition pour le travail de rue de Sherbrooke. Le grand-père du petit Arthur, deux ans et fils d’Audrey et Étienne, est médecin. Sa grand-mère est diététiste-nutritionniste. Ils ont tous des métiers à mille lieues de l’agriculture.

Mais c’est tous ensemble qu’ils se sont lancés dans le projet appelé À nous la ferme, une entreprise maraîchère bien particulière où la culture des légumes côtoiera l’intégration sociale.

Image : Gros plan d'un plant de pois qui pousse devant la grange.

Les premières carottes, tomates et aubergines cultivées par l’entreprise À nous la ferme pousseront l’été prochain sur leur terre du chemin Saint-Roch, dans le secteur de Saint-Élie, à Sherbrooke. D’ici là, Étienne compose avec sa vie familiale, son boulot et ses études en agriculture biologique. Audrey aussi est dans ce tourbillon en plus d’être enceinte de son deuxième bébé.

Même si leur agenda déborde, ils trouvent du temps pour rêver, espérer, créer leur projet. Oui, ils cultiveront la terre, mais ils veulent plus encore : faire de leur ferme une entreprise à leur image où se côtoient des valeurs d’entraide et d’inclusion. Le couple souhaite permettre à des gens de vivre une expérience de travail positive au sein de leur entreprise. 

On n’est pas juste des rêveurs. On est organisés, responsables, structurés. On construit un projet qui comble toutes nos sphères d’intérêt. Est-ce que ça va marcher? On le souhaite. On le veut, dit Audrey.

Image : Étienne Bélanger-Caron portant un chapeau de paille. Il a aussi des lunettes de soleil dans lesquelles est reflétée une image de la grange.

L’hiver dernier, en tentant de réparer une grange qui avait besoin d’amour, Étienne a fait un plongeon au sol de près de cinq mètres. Si je tombais 10 cm à côté, je me pétais la tête sur un bout de bois franc et c’est sûr que je ne me relevais pas. J’ai été chanceux dans ma malchance.

Cet accident aurait pu le tuer, mais c’est aussi ce qui l’a poussé à se lancer pour vrai dans l’univers maraîcher. Je ne suis pas paralysé. Je suis encore debout. Je suis sourd d’une oreille, c’est tout. J’ai réalisé que je pouvais mourir n’importe quand et que je devais saisir la vie. 

Une vie qui sera remplie de légumes, mais surtout de générosité et de solidarité.

Image : Mélanie Chapleau et Mélanie Trudel en plein cœur de leur jardin. Derrière, au fond, il y a un autobus scolaire.

Les Jardins de la Gaillarde sont à des lieues de l’image campagnarde de la ferme. Ils sont situés sur l’artère principale de Sherbrooke et sont entourés par une entreprise de location d’autobus scolaires, un entrepreneur en réfrigération et un ensemble domiciliaire qui compte une trentaine de maisons jumelées! 

Pourtant, c’est ici que commence l’aventure de dizaines de milliers de légumes et de fleurs qui pousseront dans les potagers de nombreux Québécois. Chaque automne, le couple formé de Mélanie Chapleau et Mélanie Trudel prépare quelque 30 000 petites enveloppes remplies de graines. Ces semences ont lentement séché sur des centaines de plants judicieusement disposés sur leur terrain d’une acre. 

Même si la demande est là, le couple souhaite que son entreprise, établie dans le sous-sol de sa maison et dans son garage, reste artisanale. C’est la capacité que l’on peut gérer. C’est ce qui rend la ferme rentable et ça assure un salaire. Tout ce qu’on produit, on le vend. On est heureuses comme ça.

Image : Mélanie Chapleau regarde des fleurs de carottes.

S’il est facile de récolter des semences de pois ou de haricots, les carottes demandent beaucoup, beaucoup de patience : elles sont dorlotées pendant deux ans avant que l’on puisse récupérer leurs graines. C’est l’un de nos plus gros vendeurs, avec les petites fèves jaunes. Tout ce qui est semis direct est populaire. On en vend jusqu’à la mi-juin.

Mais ne s’improvise pas semencier qui veut. Les Mélanie cumulent des formations en agronomie, en génie civil et en… physique! Si les études en agriculture de Mélanie Chapleau lui permettent de bien comprendre l’univers horticole, celles de sa douce moitié, axées sur la science, sont très pratiques pour construire une serre ou installer un système d’irrigation, entre autres. 

En se promenant à travers la centaine de rangs que compte la ferme, on peut observer 60 variétés différentes de légumes et de fleurs. Comme certaines semences sont bonnes 5 ans, leur catalogue contient quelque 120 variétés.

Image : Mélanie Chapleau au milieu de sa serre. Elle a, dans les mains, une chaudière, et verse son contenu dans un tamis.

Les maraîchers traditionnels travaillent 80 heures par semaine pendant une période très concentrée. Nous, c’est 40 heures par semaine toute l’année. L’été, on peut même prendre des congés et avoir des week-ends de quatre jours.

Aux Jardins de la Gaillarde, on suit le rythme du calendrier scolaire des deux enfants de 10 et 12 ans des propriétaires. En janvier et février, les commandes des clients sont traitées et postées. Puis, les premiers semis en pots sont faits. Ensuite vient la préparation des jardins, au printemps. Quand les vacances d’été commencent, les Mélanie soufflent un peu, mais quand les petits retournent sur les bancs d’école, c’est là que le gros du travail arrive, avec les récoltes.

Image : Dominique et Camille qui rigolent ensemble. Camille est assise sur un tracteur.

Je ne voulais plus être ici. Je voulais partir, partir, partir. Je voulais sortir de la campagne. Adolescente, Camille Lussier a tout fait pour s’enfuir de la ferme de moutons de ses parents, Les Hôtes épinettes, située à Cookshire-Eaton. Elle rêvait de Montréal, de béton, d’études à l’université en thérapie du sport. Elle en avait assez des soins aux animaux, du foin et de son petit village.

Diplôme en poche, Camille a aidé plusieurs sportifs à guérir de leurs blessures, dont ceux du Phoenix de Sherbrooke et du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, et ce, pendant une décennie. L’été, j’étais en congé, alors je venais aider ma mère à la ferme.

Tranquillement, le temps a fait son œuvre et Camille s’est réconciliée avec les 250 acres qui entourent la maison de son enfance, une terre remplie de promesses qui deviendra la sienne sous peu.

Image : Camille et Dominique qui récoltent des petits pois.

Camille a délaissé ses sportifs et fait équipe avec sa mère, Dominique Guay, depuis cinq ans maintenant. C’est rendu notre projet. 

Ça se voit, ça se sent : elles sont comme les deux doigts de la main. On a une bonne relation. Ma mère, en fait, c’est mon amie. On a du plaisir à travailler ensemble. Des fois, comme dans toutes les familles, on se tape sur les nerfs, dit-elle en éclatant de rire. On se le dit. C’est la vie.

Et le duo se complète à merveille. Dominique n’a pas son pareil pour jongler avec les tableaux Excel de planification et de compatibilité. Camille est vraiment bonne avec le public, le marketing, les photos, dit la mère avec fierté.

Image : Camille et Dominique de dos qui regardent leur étang entourés de fleurs.

On fait notre possible pour moins voyager, moins faire voyager les aliments, nourrir la proximité. Chaque pays est capable de nourrir sa population. On n’a pas tant besoin d’importer des aliments. On est capables, comme société, de produire pour répondre aux besoins de notre population, croit la maman. 

Sa fille est tout à fait d’accord. Ce n’est pas normal que des produits qui arrivent de l’autre bout du monde soient moins chers que ce qu’on produit ici. Notre rêve, c’est que le bio soit accessible à tout le monde.

Camille et Dominique partagent les mêmes rêves, valeurs, idées et regardent ensemble dans la même direction, en espérant que plusieurs autres se joignent à elles.

Image : La famille de Léon dans le champs. Pas très loin d'eux, il y a quelques vaches qui broutent.

Ç’a été tout un choc. Ça faisait quand même plus de 100 ans que quelqu’un se levait tous les matins pour traire les vaches , raconte Léon Bibeau. De génération en génération, depuis 1844, les Bibeau ont rempli les bidons de lait des Estriens. 

En 2011, devant l’ampleur des investissements à faire, le père de Léon se résigne et ferme les livres de la ferme laitière pour de bon. À ce moment, Léon avait 19 ans et il avait d’autres ambitions que de devenir agriculteur. Pourtant, aujourd’hui, il est à la tête d’une entreprise agricole florissante qui produit plus de 200 000 plants d’ail, 700 plants de sureau, une vingtaine de variétés de légumes, des œufs et… des vaches!  

Les charolaises, limousines et herefords pâturent librement ici et là sur la terre de 55 hectares située dans l’est de Sherbrooke. Fini le lait, on produit de la viande maintenant à la Ferme Bibeau. 

Image : Des plants d'oignons montés en graines.

Léon a choisi d’embrasser la carrière qui a été celle des hommes de sa famille depuis toujours - une décision influencée par le décès subit de son père, il y a cinq ans. Ça a accéléré mes choix, dit-il. 

Mais que faire de ces 130 acres entourées d’ensembles résidentiels? La terre est trop petite pour être rentable en grande culture, mais quand même trop grande pour en faire une simple ferme maraîchère bio intensive. Et puis, le drainage est à améliorer.

Les manches se sont relevées et Léon a foncé tête première. Il a étudié son sol, a demandé conseil aux experts, a élaboré un plan de match. Je crois que la diversification des activités et des produits, c’est un vecteur d’intérêt pour la mise en marché de proximité. Ça donne une raison aux gens de venir.

Image : Des vaches brunes ou blanches qui broutent au champs.

Ses aïeux, que diraient-ils de sa ferme? À chaque époque, ils ont fait des choix pour s’adapter à la vie, pour s’adapter à l’environnement changeant. Ils ont fait des choix dans leur contexte et avec leurs connaissances qui leur semblaient les mieux. Je fais pareil, dit-il au volant du quatre-roues qu’il utilise pour se déplacer sur sa terre.

Aujourd’hui, les légumes, les œufs et la viande de l’agriculteur de 30 ans sont vendus dans un kiosque près de sa maison. Quand on faisait du lait, il partait ailleurs. Il y avait de l’incompréhension des voisins sur ce qui se faisait à la ferme. Vendre directement nos produits [à nos voisins], ça leur permet de comprendre ce qu’on fait, la raison d’être de la ferme, et de leur dire que ce n’est pas un milieu en attente de développement domiciliaire : c’est un endroit qui a sa raison d’être au travers de la trame urbaine de Sherbrooke.

Mon arrière-grand-père était laitier en plus de s’occuper de la ferme. On a peut-être lâché le lait, mais on se rapproche encore plus de ce qu’il faisait.

Image : Les quatre parents et leurs trois enfants au milieu de rangs de tomates en fleurs.

Les jeunes familles sont envieuses de notre mode de vie de coopération et de collaboration. On dit que ça prend un village pour élever un enfant, mais où est le village? se questionne Corinne Tougas.

Cette dernière a choisi de s’unir à Vincent Marcoux, à Vincent Lafleur et à Mélisande Leblanc pour qu’ensemble ils puissent s’épauler, s’entraider et prendre le temps de vivre, de respirer, de profiter au travers du désherbage et de la planification des semis et des récoltes.  

Au total, les quatre parents ont trois enfants et un quatrième est en route. Ensemble, ils habitent une grande maison divisée en deux et ils gèrent une entreprise maraîchère qui fournit, entre autres, des paniers de légumes à 135 familles. Le modèle du Jardin des funambules pourrait ne tenir qu’à un fil. Pourtant, c’est l’équilibre même qui est au cœur de la mission de ces agriculteurs de Saint-François-Xavier-de-Brompton. 

Image : Une grand-mère court après sa petite-fille dans un champs de fleurs.

Cet équilibre, ils l’ont construit et ils le chérissent chaque jour qui passe. Par exemple, à tour de rôle, un parent reste à la maison le matin pour s’occuper des filles, tandis que les autres travaillent dans les champs. On est tellement résilients du fait que nous sommes quatre parents pour ces trois enfants-là. On a trouvé une façon de se faciliter la vie. Je ne m’imagine pas vivre autrement. Je souhaite ça à tout le monde, dit fièrement Corinne. 

Pour y arriver, des choix ont été faits. On se lève peut-être tôt au Jardin des funambules, mais à 12 h 30, les gants sont enlevés et les outils rangés. C’est maintenant l’heure de penser à soi : lire, faire de la randonnée, passer du temps en famille, créer.

Cette année, les abonnés aux paniers bio peuvent cueillir gratuitement des fleurs juste pour le fun. Si on peut les offrir, c’est qu’on a coupé à plein de places. Tout ce qui nous paraît lourd, ce qui n’est pas rentable, on ne le fait pas.

Image : Une enfant flatte une poule dans un enclos.

Malgré les apparences, la gestion du Jardin des Funambules n’a rien de bucolique. On ne laisse pas interférer le rêve, la passion dans nos décisions. On gère notre ferme comme une entreprise et non pas comme une extension de nos passions.

Parce que les Marcoux-Tougas et les Lafleur-Leblanc tiennent à leur santé par-dessus tout. C’est comme s’il y avait un éléphant dans la pièce dans le milieu maraîcher : la détresse psychologique et familiale. À force de parler avec du monde, on voit que c’est répandu. Nous, on s’est dit qu’on n’irait pas là. On s’arrange donc pour ne pas y aller.

Même si l’intérêt pour les légumes biologiques gagne en popularité, il n'est pas question d’agrandir les jardins pour cultiver plus de légumes, de multiplier le nombre d’abonnés ou de restaurants où on écoule la production. Aux Funambules, on ne veut pas perdre le fil.

Image : Alain Péricard examine un rayon d'abeilles avec une stagiaire et son employé. Ils sont habillés d'équipement protecteur.

Il n’y a que neuf producteurs de miel certifié biologique au Québec. Le Rucher d’api, situé à Richmond, en est un. Alain Péricard, son propriétaire, aime les abeilles, mais c’est encore plus l’interaction entre ces pollinisateurs et leur milieu qui le fascine. 

À 71 ans, l’apiculteur est animé d’une passion hors du commun pour la biodiversité, et son terrain d’une cinquantaine d’acres lui permet bien des possibilités.  

Celui qui a été reporter et correspondant en Afrique pour de nombreux médias internationaux a rangé son calepin il y a plusieurs calendriers. Mais son besoin de communiquer n'est jamais très loin. Je ne suis pas un entomologiste, un biologiste, un vétérinaire ou un agronome. En fait, je suis journaliste. Je lis, je fais des entrevues et je suis capable de faire une synthèse.

Image : Une fleur de nénuphar dans un étang.

Oui, la terre d’Alain Péricard est magnifique pour l'œil, mais reste que l’endroit a été créé pour que tous les éléments soient en équilibre entre eux. Si l’étang est rempli de nénuphars, c’est tout simplement pour permettre aux abeilles de venir boire de l’eau en toute sécurité. Quand on aime autant ces petits insectes jaunes et noirs, on ne veut surtout pas qu’ils se noient!

J’ai pu prendre le temps de réfléchir à ce modèle de ferme. Je voulais produire de la façon la plus efficace possible tout en respectant les animaux et la nature.

Par exemple, une façon de contrôler le varroa [un pathogène qui attaque les abeilles], c’est de le trapper dans des cadres de faux bourdons. Puis, on sort ce cadre avant l’éclosion et on l’accroche dans le poulailler. Les poules adorent ces larves bien juteuses de faux bourdons et elles mangent les varroas. C’est bon pour les abeilles, pour les apiculteurs et pour les poules. C’est win win win!

Image : Alain Péricard sort un cadre d'abeilles d'une ruche.

Avec le temps, Alain Péricard a réalisé qu’il pouvait produire plus, mais avec moins. 

J’ai déjà eu 50 ruches, mais je n’avais pas plus de miel qu’avec 30 ruches. De bonnes années, on fait en moyenne 100 kilos de miel par ruche. C’est deux fois et demie la production moyenne québécoise!

Fort de ses observations et de ses apprentissages, l’homme a couché sur papier tout ce qu’il sait dans un livre publié en 2019. L’abeille et la ruche, manuel d’apiculture écologique a eu un succès impressionnant pour un sujet aussi niché : plus de 7000 livres ont trouvé preneur et une réédition est en cours d’écriture.

Image : Caroline Poirier derrière un étal de légumes. Elle tient dans ses mains une botte de carottes.

Au Québec, on a longtemps compté sur la dévotion pour nos soins de santé et notre éducation. En agriculture, c’est comme ça depuis très longtemps. Ce n’est pas mené par des communautés religieuses, mais presque.

Caroline Poirier sait de quoi elle parle. Elle n’a pas prononcé ses vœux, mais chaque semaine, elle se consacre avec ardeur aux 400 familles qui choisissent les légumes qu’elle produit, avec son mari, Sébastien, sur leur terre de Lingwick. C’est là qu’ils ont bâti saison après saison leur ferme qu’ils ont appelée Croque-saisons. 

Entre les carottes, les tomates et les concombres, on trouve un verger. Si on tend l’oreille, on entendra une centaine de poules glousser. À côté d’elles, les boeufs pâturent tranquillement. Le tout est entouré d’une érablière remplie de couleurs à perte de vue. 

Image : Des enfants qui regardent une table remplie de légumes.

Je n’ai jamais pensé que je deviendrais agricultrice. J’étais inscrite en écologie et en politique à l’université. C’est ce que je fais dans le fond aujourd’hui. La communauté, ça fait partie de moi. J’ai besoin de ça pour sentir que ma vie est complète. J’ai le sentiment d’être utile et de venir en aide aux autres. C’est du donnant-donnant.

L’engagement communautaire a toujours figuré à l’agenda de Caroline Poirier. Si au départ elle militait au sein d’associations étudiantes, elle a poussé d’un cran son implication en devenant conseillère municipale de son patelin dans les années 2010. Depuis deux ans, elle préside la CAPE, la Coopérative pour une agriculture de proximité écologique, un regroupement de 300 fermes bio du Québec. 

Si on a accès à de la production biologique et locale au Québec, c’est parce qu’il y a des gens extrêmement passionnés qui se dévouent corps et âme, rappelle-t-elle. 

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