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Image : Des enfants jouent dans les déchets.

Texte et photos : Marie-Eve Bédard | photos : Sergio Santos

Image : Des maisons en terre battue.

Le Pakistan accueille officiellement 1,4 million de réfugiés afghans sur son territoire. Dans les faits, ils sont plutôt 3 millions à y vivre de façon quasi permanente au fil des quarante dernières années de conflits dans le pays voisin.

Avec l’arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul, on pourrait s’attendre à une nouvelle vague importante de réfugiés ici. Mais il n’en est rien.

Ceux qui arrivent le font souvent illégalement, sans pouvoir être enregistrés ni obtenir de l’aide.

Image : Des hommes en costume traditionnel afghan sont assis sur un banc.

En marge de l’Université Technique d’Islamabad, ils sont plus de 2000 à vivre dans ce qui est encore aujourd’hui un campement de fortune.

Le terrain appartient au gouvernement du Pakistan qui tolère leur présence. Ils y sont depuis une dizaine d’années, après que leur campement original plus près de la ville eut été démantelé.

Les réfugiés sont soutenus par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ils n’ont pas d’eau courante ou d’électricité.

Image : Un homme à la longue barbe blanche.

Pour se laver, faire la lessive ou encore nettoyer leurs véhicules, les réfugiés du campement se servent des eaux rejetées par les égouts.

Leurs abris de fortune sont faits de boue séchée et de paille. Pendant la saison des pluies, c’est horrible, dit Malik, qui fait office de maire pour cette petite communauté.

Image : Une construction de fortune dans un camp d'Islamabad au Pakistan.

Les aînés sont arrivés ici il y a quarante ans. Ils ont conduit leurs familles loin de la violence de la guerre civile en Afghanistan, croyant pouvoir revenir une fois le bruit des armes éteint. Mais les armes et la violence ont continué de faire écho partout en Afghanistan au fil de différents conflits.

Quarante ans d’un retour possible sans cesse retardé, c’est pour ainsi dire une permanence de l’exil qui s’est installée ici.

Image : Un homme barbu vêtu d'une chemise bleue.

Nous espérons encore rentrer chez nous, dit Abdul Karim. Maintenant que les talibans sont au pouvoir, au moins on espère que ce sera bon pour les pauvres dans notre pays. Ils ne se feront plus voler le peu qu’ils ont.

Une note d’espoir selon eux, mais personne ne fait ses valises pour repartir en Afghanistan. Depuis le 15 août dernier, de nouveaux visages s’ajoutent à ceux déjà bien connus ici.

Image : Portrait de Shir Agha Samad.

Shir Agha Samad a fui Jalalabad en Afghanistan après l’arrivée des talibans. Pas question de se soumettre à leur autorité pour ce jeune homme de 23 ans.

Ils se comportent tous comme de grands chefs. Ils nous interdisent de couper nos barbes et nos cheveux, ils nous imposent des taxes pour les soutenir. Mais personne n’a d’argent pour les payer. Si on refuse, ils nous battent.

Image : Des enfants dans un camp d'Islamabad.

Dans les allées sinueuses et escarpées du campement, des enfants vont et viennent, pieds nus. Des fillettes portent des bébés dans leurs bras. Ils sont tous nés au Pakistan et ne connaissent de l’Afghanistan que ce que les grands leur racontent.

Ils n’ont pas connu la violence, mais ils ont une expérience intime de la misère et de la pauvreté. Très peu sont scolarisés.

Image : Un enfant bèche la terre.

Et des gamins d’à peine dix ans doivent se soumettre à un travail éreintant sous un soleil de plomb pour soutenir leurs familles.

Si le passé est garant de l’avenir, c’est cette perspective qui attend ceux qui arrivent à défier la fermeture des frontières pour se réfugier ici.

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