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Image : Un lutteur regarde la foule tandis que ses bras sont déposés sur les cordes du ring.

Un an et demi sans entendre les chants d’encouragement autour du ring de la North Shore Pro Wrestling (NSPW). Un an et demi. Clap, clap, clap, clap, clap, clap. Les voix de 1500 amateurs – une foule record pour la NSPW! –, se sont toutefois de nouveau fait entendre le 7 août dernier. C'est sous les étoiles, dans l'environnement audacieux du Stade Canac, à Québec, que le gala retrouvailles Playball avait lieu. Retour en images sur une journée forte en émotion!

TEXTE : TANYA BEAUMONT | PHOTOS : JEAN-MICHEL CLOUTIER ET TANYA BEAUMONT

Image : Un officiel sonne la cloche pour que le combat débute.

Steve Boutet est le promoteur de la NSPW. Il lutte aussi sous le nom de Stephen Sullivan. Durant les derniers mois, il a fait de nombreux appels à la santé publique. Il voulait savoir ce qu’il adviendrait de son art, mais aussi quand il pourrait reprendre l’action.

À cheval entre le spectacle et le sport de contact, la lutte n’était pas clairement classée dans une catégorie spécifique, d’où la reprise tardive des activités.

La foule étant un élément primordial d’un gala, les salles de 50 places n'étaient pas satisfaisantes. Finalement, avec l’assouplissement des mesures et la disponibilité d’un lieu extérieur, les étoiles étaient alignées pour présenter le gala Playball!

Image : Six bénévoles installent une clôture sur le terrain de baseball.

7 août 2021, midi — Stade Canac

Une vingtaine de bénévoles gravitant autour de la NSPW se retrouvent au centre du terrain pour monter le ring. Lutteurs, arbitres, animateurs, élèves de la NSPW Pro Wrestling Academy... le groupe met l’épaule à la roue malgré la chaleur écrasante. En début d’après-midi, le thermomètre de l’aéroport Jean-Lesage indique 25 degrés Celsius et l’humidex est à 31. La sensation de chaleur était inconfortable sur la surface synthétique du Stade Canac.

La chaleur incommode, mais c’est plutôt l’instabilité dans l’air qui inquiète. En cas d’orage ou de forte pluie, le retour tant attendu pourrait être reporté.

Image : Un lutteur parle au téléphone sur le terrain de baseball.

Comme on le dit dans les ligues majeures : « card subject to change ». La carte de la soirée pourrait changer sans préavis. Un appel de dernière minute, c’est Benjamin Tull au bout du fil. Le lutteur de Montréal ne pourra pas être là pour le gala.

Il faut maintenant trouver un opposant à Dave La Justice, qui devait affronter le Montréalais le soir même. Pour Steve Boutet, la réflexion est de courte durée. KGB, un élève de l’école de lutte, est sur place depuis le début de la journée pour donner un coup de main au montage. C’est lui qui prendra la place de Tull.

Image : Deux lutteurs font une rencontre d'avant-match.

Le dévouement, la volonté et la motivation de KGB sont récompensés. Lorsque tous les lutteurs sont arrivés, les discussions s’amorcent pour préparer les matchs. KGB et Dave se rencontrent. KGB, comme son nom l’indique, portera fièrement le drapeau de l’URSS. Dave fera son entrée avec celui du Québec et s'attirera ainsi la faveur du public. Rouge contre bleu, un affrontement classique, autant dans le sport que dans la politique!

Image : Le lutteur Marco Estrada signe des photos pour des fans.

18 h 30

Les premiers spectateurs entrent dans le stade. Quelques lutteurs rencontrent les partisans arrivés plus tôt, derrière des tables jonchées de marchandise. Autographes et photos sont à l’honneur.

La file est longue pour parler à Marko Estrada, celui qu’on appelle Le Champian du mande. À la fin de la soirée, il défend son titre contre son ancien coéquipier Toxic Dars.

Image : Les lutteurs font une rencontre pré-match dans les vestiaires.

19 h

C’est l’heure de la réunion d’avant-gala dans le vestiaire. Tous les lutteurs sont réunis pour entendre les directives du promoteur. Il est important que chacun respecte la durée des matchs. Les consignes de la santé publique sont claires. Les contacts physiques de moins d’un mètre doivent durer au maximum 15 minutes. Ils doivent aussi faire attention à la surface synthétique du stade et au langage employé. Le spectacle est familial : on évite les sacres! Sauf exception pour l’équipe TDT, formée de Mathieu Saint-Jacques et de Thomas Dubois. (La recherche Google des mots TDT et lutte vous fera comprendre pourquoi!)

Image : Un lutteur, chaise pliante à la main, fait son entrée dans l'arène.

20 h

Le gala commence enfin! Steve Boutet est devenu Stephen Sullivan. La foule est complètement survoltée à son arrivée. Mille cinq cents personnes : c’est la plus grosse foule de la NSPW en 13 ans d'existence.

Cette communion avec le public a manqué aux lutteurs. Et à entendre le public, il s’est lui aussi ennuyé de voir de la lutte. Les cris d’encouragement sont nombreux... comme les insultes!

Image : Le lutteur Pee-Wee porte un chandail de baseball et regarde la foule, ému, les mains en prière sur son visage.

Son opposant : Pee Wee. L’homme aux 1000 sourires est aussi animateur de foule des Capitales. La mascotte Capi l’accompagne. Même pour les néophytes, il est assez simple de distinguer qui est le bon et qui est le méchant.

Les deux lutteurs ont dû se croiser dans le ring des dizaines de fois. Mais ce soir, la rencontre est chargée d’émotion. Les deux lutteurs ont les larmes aux yeux.

Image : Un lutteur est à cheval sur un autre lutteur, couché à terre, dans l'arène.

Malgré beaucoup d’efforts, Stephen Sullivan n’arrive pas à compléter un compte de 3. Son adversaire décolle toujours les épaules du tapis.

Après une si longue pause sans lutter, il faut redoubler de prudence pour ne pas mettre en péril la sécurité de l’autre. Ce n’est pas le temps de vouloir épater la galerie. Les lutteurs doivent se concentrer sur les manœuvres qu’ils maîtrisent et les exécuter du mieux qu’ils peuvent. La sécurité de tous est une priorité.

Image : Un lutteur, défait, porte une main à son visage tandis que son adversaire lève les bras dans les airs en signe de victoire.

1, 2, 3! L’arbitre déclare Pee-Wee gagnant de ce premier match. Sans interférer directement, Capi a donné un coup de main – ou plutôt au coup de patte – à son coéquipier. La voie est ouverte pour la dizaine de combats qui suivront dans la soirée.

Image : Le lutteur remercie la foule en faisant un signe de coeur avec ses mains.

Une dernière salutation à la foule avant de retourner dans le vestiaire. Dans ce gala où toutes les histoires sont remises à zéro, la défaite a peu d’importance. Ce qui reste, c’est surtout de la fierté. La fierté d’avoir attiré 1500 personnes avec une poignée de passionnés qui portent cet art à bout de bras.

Heureusement, la plupart de ces bras sont bien musclés!

Image : Un lutteur dans son costume de scène regarde la foule les doigts pointés vers le ciel.

Après des retrouvailles étincelantes au Stade Canac, la NSPW retrouvera l’intimité du Diamant le 11 septembre. Elle y avait déjà fait deux spectacles, en octobre 2019 et janvier 2020. Les billets seront en vente le 28 août à midi.

Dans un stade sportif ou dans une salle de spectacle, les amateurs peuvent maintenant renouer avec le plaisir d’aimer (ou de haïr!) leurs lutteurs favoris.

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