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Image : La réalisatrice vidéaste Camille Vernet avec le grimpeur professionnel Paul McSorley.

Les falaises vertigineuses qui entourent la ville de Squamish, en Colombie-Britannique, représentent des destinations d'escalade de classe mondiale qui sont prisées des grimpeurs de la région. Une communauté grandissante et solidaire avec laquelle je me suis entretenue à même les parois de granite.

Un photoreportage de Camille Vernet

Image : Une route menant à une montagne.

Gravir le « Chef »

À une heure de route de Vancouver, aux abords de Squamish se trouve l'un des plus grands monolithes de granite du monde.

Notre excursion débute au pied de la paroi rocheuse de 700 m du mont Stawamus Chief, communément appelé Chief (chef en français), qui attire des grimpeurs venant des quatre coins du monde.

Image : Le grimpeur Paul McSorley en train de gravir une paroi rocheuse.

La falaise est d’une hauteur impressionnante, mais ce n’est pas ce qui en fait sa renommée, selon le grimpeur Paul McSorley.

On peut y aller en flip-flops [sandales de plage]. C’est plutôt rare dans le monde d’avoir cette forme d'accès à une grande falaise comme ça, de haute qualité, explique t-il.

Image : Portrait de Paul McSorley avec un rouleau de corde d'escalade autour du cou.

Originaire de l'Ontario, Paul McSorley est un professionnel de l’escalade dite traditionnelle, c'est-à-dire celle où seules des protections amovibles sont utilisées pour s’assurer.

Résidant à Squamish, il profite régulièrement des quelque 400 voies établies sur le mont Chief. Ce qui est spectaculaire, ici, ce sont les fissures, explique-t-il.

Image : Camille Vernet, son guide et le grimpeur professionnel Paul McSorley.

Pour découvrir ces populaires fentes naturelles, je me suis donc munie d'un harnais et adjoint l’aide d’un guide afin de descendre en rappel une paroi de 45 m. Surnommée High Mountain Woody, cette voie d'escalade sur le mont Malamute surplombe les eaux turquoise de la baie Howe.

Pour les deux grimpeurs professionnels qui m’accompagnent, c’est une petite excursion très facile. Pour moi, c’est ma dose d'adrénaline pour la semaine.

Image : Le grimpeur Paul McSorley sur une falaise.

J’observe les deux grimpeurs glisser leurs mains et leurs pieds à l’intérieur des brèches qui découpent la roche pour remonter la falaise.

J'ai fait de l'escalade dans le monde entier, mais je pense que Squamish possède le meilleur granite de la planète.

Une citation de :Will Stanhope
Image : Will Stanhope souriant, sur la falaise, se frotte les mains.

Will Stanhope, qui est grimpeur professionnel et l’acolyte de Paul McSorley, ajoute tout de même avec un sourire que son opinion est peut-être bien un peu partiale, étant donné qu’il grimpe sur les parois de la région depuis qu’il a 9 ans.

Image : Gros plan de la main d'un grimpeur sur des parois de montagne.

Bouger avec la roche

Cette expression, qui fait partie du jargon des grimpeurs, est expliquée par Paul McSorley comme une forme de communion avec la roche, un moment unique dans la montée où on se perd et on oublie tout.

Un autre type d’escalade pratiqué par nos deux grimpeurs est le solo intégral, c'est-à-dire sans corde pour les retenir si une chute survient. Si tu tombes, ou si le rocher se casse, ça y est : tu es mort!

L’activité demande donc une concentration de tous les instants.

Image : Paul McSorley en train de grimper une falaise.

Il s’agit d’un sport méditatif, comme l’explique le professionnel : C'est un peu comme du yoga.

Ce n'est pas un sport pour chercher de l'adrénaline. C'est une activité où il faut être sage et avoir une bonne connaissance de soi.

Une citation de :Paul McSorley
Image : Un bloc de granite s’est détaché sur les parois du mont Stawamus Chief.

Les accidents peuvent arriver; la roche peut céder. Lorsque nous passons devant le Chief, Will Stanhope me montre du doigt un morceau de la paroi qui s'est détaché quelques jours seulement avant notre tournage. L’escaladeur était lui-même sur ce pan de la falaise récemment. Et pourtant, selon lui, la réputation dangereuse du sport vient principalement de certains films d’escalade qu’il qualifie de stupides.

Image : Will Stanhope sur une falaise qui surplombe la baie Howe.

Néanmoins, les deux grimpeurs ont, tous les deux, perdu des amis en montagne. Beaucoup d’entre eux sont morts lors d’avalanches, et certains lors de chutes sur des falaises.

Des pertes qui ont affecté leur vision de la vie.

Image : Paul McSorley et Will Stanhope se frappent les mains en haut d'une montagne.

Apprécier la vie et les amis

L’escalade, c'est la vie pour moi; c'est l'amitié, la camaraderie, les beaux endroits que l'on peut visiter... C’est repousser ses limites personnelles et se remettre en question.

Une citation de :Will Stanhope
Image :  Alannah Yip, athlète de grimpe aux Jeux olympiques de Tokyo, lors d’une pratique au Richmond Olympic Oval.

Alannah Yip, qui est l’une des deux athlètes canadiennes qualifiées pour ce sport aux Jeux olympiques de Tokyo, partage ce sentiment. Pour la grimpeuse, l’escalade est plus qu’un simple sport; c’est un style de vie. L’esprit de solidarité est ce qui lui plaît le plus dans cette discipline.

C'est toujours vous contre le mur, vous contre la roche; ce n'est pas vous contre quelqu'un d'autre. C'est donc une communauté qui offre un soutien incroyable.

Une citation de :Alannah Yip
Image : Sean McColl sur un mur d'escalade.

C’est à l'âge de 6 ans, avec l’athlète Sean McColl, qu’Alannah Yip a grimpé pour la toute première fois.

Je l'ai observé faire des compétitions, s'amuser, grimper et réussir sur la scène mondiale, et j'ai voulu essayer.

Image : Sean McColl sur un mur d'escalade intérieur.

Alannah Yip n’est pas la seule à être tombée amoureuse de ce sport. Depuis les 10 dernières années, le nombre de grimpeurs a augmenté rapidement, comme l’a constaté Sean McColl.

Certaines voies sur le Chief sont tellement populaires qu’il faut parfois attendre plusieurs heures avant de pouvoir grimper.

Les deux athlètes en appellent à de meilleures infrastructures pour accueillir le nombre croissant de personnes qui veulent grimper à l'extérieur.

Image : Paul McSorley sur une falaise qui donne sur la baie Howe.

Les compétitions et les séances d'entraînement pour les athlètes se passent sur les murs intérieurs du Richmond Olympic Oval. Alannah Yip continue toutefois de pratiquer l’escalade extérieure, car c’est un moyen important pour elle de se détendre.

Il n'y a pas de pression comme pour les compétitions d'escalade en salle. Pour moi, c'est juste un moyen de me connecter à la nature et de me ressourcer, explique-t-elle.

Image : Paul McSorley et Will Stanhope sur le sommet de la paroi.

Une fois passée l'excitation de me retrouver dans les airs, je comprends ces grimpeurs : la vue est époustouflante et le calme s'installe en moi.

Sans aucun doute, les montagnes de la région invitent à l’escalade. Que ce soit pour l’exploration ou pour la compétition, cette activité sait unir les grimpeurs.

L’aventure est à peine terminée, mais je suis déjà impatiente d’y retourner.

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