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Image : Aperçu du toit du Château-Frontenac au travers de différents toits du Vieux-Québec. Une pancarte «Rue des Grisons» est installée sur un mur en pierre, en avant-plan.

Texte de Fanny Samson / Photos d'Olivia Laperrière-Roy

Image : Louise Labelle regarde le sol en se promenant dans un cimetière. Femme dans la soixantaine, elle a les cheveux rouges et courts, porte des lunette et un manteau beige.

Louise Labelle, la présidente de l’Association des guides touristiques de Québec, connaît tous les recoins de la capitale. Lorsqu'elle marche dans ses rues, elle s’attarde aux moindres détails. Avec elle, chaque parcelle du Vieux-Québec est une chance d'en savoir plus sur son histoire.

Image : Carte de style ancienne, avec les sept lieux numérotés. Dans l'ordre : le cimetière St-Matthews, la bibliothèque Claire-Martin, le musée national des beaux-arts du Québec, le jardin Jeanne-d'Arc, le Morrin Centre, la rue des Grisons puis le monastère des Augustines.

« C’est intéressant de voir plusieurs petits coins subtils qu’on oublie de regarder. On passe devant et on ne les voit pas. » Au cours d’une visite guidée, elle nous transporte dans sept lieux emblématiques, mais dont l’histoire est plutôt méconnue.

Image : Un vieille pierre tombale, recouverte de mousse verte, dans un cimetière. Des inscriptions en anglais à la mémoire d'un militaire mort au combat.

Notre premier arrêt : le cimetière Saint-Matthews, situé le long de la rue Saint-Jean. La guide lit attentivement des pierres tombales, sans doute les plus vieilles de la province, souligne-t-elle. Des soldats morts durant la bataille des plaines d’Abraham ont été enterrés ici.

Image : La pierre tombale de Robert Wood, le demi-frère de la reine Victoria. Il s'agit d'une grande croix sur un monticule de pierre.

Mais peu de gens connaissent le lien entre le cimetière et la royauté. « Le prince Édouard a habité à Québec pendant quatre ans, parce que le roi George III, son père, estimait qu’il vivait une vie de débauche. Il vivait avec sa maîtresse, Mme Saint-Laurent, et il avait eu deux enfants avec elle. Et son fils est enterré dans le cimetière, ici. Le fils du prince Édouard est le demi-frère de la reine Victoria. »

Image : La bibliothèque Claire-Martin arbore une architecture mettant en valeur l'ancien patrimoine religieux de l'église : plafond e cathédrale, grandes vitres en vitrail et un hôtel conservé comme lieu de lecture.

À quelques pas du cimetière, les nombreux livres de la bibliothèque Claire-Martin sont conservés sous les voûtes d'une véritable église anglicane de style néogothique.

Image : Des vitraux illustrent une scène religieuse avec Jésus Christ en son centre.

Ses vitraux datent de la deuxième moitié du 19e siècle, mais continuent de surplomber les lieux malgré la transformation de cette église en bibliothèque en 1980. Un bel exemple, selon Louise Labelle, de conservation du patrimoine religieux.

Image : Le fronton du Musée national des beaux-arts, un édifice en pierre majestueux, vu en second plan, derrière des fleurs.

Sur le fronton du Musée national des beaux-arts du Québec, situé sur les plaines d’Abraham, des Français ont été sculptés aux côtés de membres des Premières Nations. Un rappel de notre passé de colonisateur, rappelle-t-elle.

Image : Des illustrations de scènes du quotidien des Premières Nations, en formes de carrés et en métal, encastrées dans la façade de pierre de l'édifice.

« Ce que je trouve intéressant dans la symbolique, c’est qu’on voit qu’ils sont enchâssés dans un élément architectural, de façon très, très précise, un peu comme on a enchâssé les Premières Nations dans des réserves. »

Image : Une statue de Jeanne-d'Arc au centre du jardin. Elle lève une épée vers le ciel alors qu'elle est sur un cheval.

Quelques pas plus loin, nous arrivons au jardin Jeanne-d’Arc, situé sur les plaines d’Abraham. Peu de visiteurs savent qu’il s’agit d’un lieu « bilingue », explique la guide touristique. « On a des plates-bandes qui sont symétriques, qui sont régulières, à la française, mais à l’intérieur des plates-bandes, c’est des jardins anglais, on mélange les fleurs. »

Image : Gros plan sur des fleurs de teinte jaune et mauve sous la pluie au jardin Jeanne-d'Arc.

C’est d’ailleurs dans ce jardin que l’Ô Canada a été chanté pour la première fois en français, en juin 1880. La pièce a été écrite par Adolphe Routhier et composée par Calixa Lavallée. Ce chant est finalement devenu l’hymne national du pays, raconte avec ironie Louise Labelle.

Image : La photographe se trouve dans l'entrée de la prison au sous-soul du Morrin Centre. Un long couleur sombre et étroit mène à une pièce à aire ouverte où se trouvent une petite fenêtre ainsi que des portes de cachots.

C'est au Morrin Centre que la visite se poursuit. Il s'agit de la toute première prison de Québec, construite de 1808 à 1813. Elle a accueilli des prisonniers jusqu'en 1867.

Image : On aperçoit un anneau sur le plancher, derrière des barreaux, qui servait à attacher les prisonniers en attente de leur procès.

« Les prisonniers, c’étaient des gens qui attendaient leur procès », explique la guide. Leur peine : une amende ou subir une punition en public. Une vingtaine de personnes y ont été pendues.

Image : La statue de Wolfe, en bois, est situé au deuxième étage de la bibliothèque, le long d'une rampe et d'un garde. Wolfe est en habit militaire et pointe à sa gauche.

Le Morrin Centre est devenu depuis un centre culturel. La statue de Wolfe trône au-dessus des aires de lecture de la bibliothèque. Si les bras de la statue sont encore bien visibles aujourd'hui, ce ne fut pas toujours le cas, lance en souriant Louise Labelle.

Image : La statue de Wolfe, en gros plan.

« Il y a des petits comiques qui ont volé la statue et qui l’ont mise sur un bateau et on l’a perdue de vue pour un bout de temps. Et ç’a fait un conflit à Québec, parce que la communauté anglophone avait pensé que c’était des francophones. Et quand elle est revenue anonymement, son bras tendu avait été coupé. »

Image : Un réverbère aux courbes arrondies en métal sur le coin d'un mur en brique.

Beaucoup moins imposant que la statue de Wolfe, ce réverbère, rue des Grisons, cache une légende qui rappelle Le Petit Prince. Dans les années 40, les rues étaient éclairées avec des lanternes qu’on accrochait au réverbère, explique Louise Labelle. Antoine de Saint-Exupéry aurait visité le quartier à plusieurs reprises, « ce qui aurait inspiré, selon la légende, le personnage de l’allumeur ».

Image : Le jardin, dans la cour intérieure du Monastère des Augustines, au début de l'automne, avec des feuillages fanés et jaunis.

Notre guide nous amène finalement jusqu'au monastère des augustines. On y trouve un jardin peu connu qui est encore le témoin d'une autre époque. Arrivées en 1639, les soeurs étaient devenues des apothicaires. Elles cultivaient de nombreuses plantes médicinales.

Image : Gros plan sur les détails d'un pot en céramique pour plantes médicinales. Des ornements de couleur bleu ont été peints sur le pot et une étiquette, ancienne et jaunie, affiche les mots latins «Avenae Farina.»

Leur mémoire est conservée entre autres grâce à ce pot qui contenait autrefois des remèdes à base de plante. La guide touristique fait remarquer que les augustines ont utilisé dès le début les connaissances des Premières Nations sur les herbes médicinales.

Image : Gros plan sur un coquelicot un peu fané.

Et si vous portez attention, vous verrez dans ce jardin de grands coquelicots provenant de l'Ancien Monde. Surtout connue comme étant le symbole de ceux qui sont morts à la guerre, cette fleur possède aussi des propriétés sédatives, puisqu’elle contient une petite quantité de morphine. Elle était donc utilisée pour provoquer le sommeil.

Image : Gros plan sur une pierre tombale datant de 1848 avec des écritures en anglais et des feuilles mortes.

En terminant la visite guidée, Louise Labelle n’a pas manqué de mentionner d’autres lieux de la capitale qui ont des secrets à raconter. Il suffit de rester à l'affût pour redécouvrir les rues de Québec.

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