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Image : Un homme mesure une planche.

Texte : Maude Montembeault | Photos : Josée Ducharme

Image : Un jumelé en construction à Wemotaci.

Le son des marteaux et des scies retentit sur la rue Wemotaci, dans la communauté autochtone du même nom en Haute-Mauricie. Aux commandes de la machinerie et des outils, vingt Atikamekw, des casques de sécurité orange sur la tête. Ils bâtissent un jumelé dans le but d'amenuiser la pénurie de logements de leur communauté.

Image : Kosis Petiquay Quoquochi, étudiant en charpenterie-menuiserie qui habitera le jumelé derrière lui.

Kosis Petiquay Quoquochi est particulièrement attentif aux travaux. Il va falloir faire ça comme il faut, je ne veux pas d’erreurs, je veux être bien isolé.

C’est lui, sa petite famille et son père qui habiteront dans l’unité de droite du jumelé. Il fait partie des 57 familles de Wemotaci en attente d’un toit adéquat. La communauté compte actuellement 358 logements.

Image : Kosis Petiquay Quoquochi a un marteau dans les mains.

En plus de construire sa future demeure, Kosis décrochera un diplôme en charpenterie-menuiserie.

Il n’y a pas beaucoup de monde qui obtiennent un diplôme et qui veulent travailler après, raconte-t-il. Il y a du monde qui vont chercher leur diplôme du secondaire. That’s it, ils ne font plus rien. C’est l’fun de voir mes collègues vouloir travailler.

Image : Trois apprentis charpentiers-menuisiers échangent sur le chantier.

Le chantier fait office de salle de cours pour la formation professionnelle de l’école Qualitech. On a eu une demande pour amener une formation directement ici à Wemotaci. Avec le besoin de logements, le rapprochement s’est fait entre les deux pour former des charpentiers ici, explique Hugues Gauthier, directeur adjoint au centre de formation professionnelle Qualitech.

Image : Fay Petiquay prend des notes dans la classe avec d'autres étudiants.

Le programme de formation a débuté en février 2019. Un seul étudiant a décroché en cours de route. Il s’agit d’un taux de rétention de 95 %, statistique inespérée considérant qu’au pays, un Autochtone sur deux est titulaire d’un diplôme post-secondaire.

Kosis n’est pas étonné. Il y a beaucoup de cours qui se font à l'extérieur et ça demande des sacrifices. Tu quittes ta famille ou tu quittes ton endroit. Le fait d’avoir un cours ici c’est plus intéressant, on vient au chantier. C’est une autre atmosphère que de rester dans une classe assis et faire de la théorie.

Image : René Tessier et un étudiant de Wemotaci.

Son enseignant, René Tessier, croit que ce succès repose notamment sur la flexibilité du personnel face aux réalités autochtones.

La barrière de la langue a été un enjeu au départ. Un enseignant atikamekw était donc présent au début du programme. Les horaires de classe ont aussi été adaptés aux différentes périodes de chasse et de pêche.

Image : René Tessier est devant une maison en construction.

On leur a laissé parler leur langue, première des choses. On s’est adaptés à leur façon de vivre et leurs façons de faire au lieu que ce soit eux qui s’adaptent. Là, ils ont pris de la confiance et une fois que c’est établi, tout va bien.

René Tessier, enseignant en charpenterie-menuiserie
Image : René Tessier et un étudiant.

Au final, René Tessier croit que l’expérience a été autant sinon plus enrichissante pour lui que pour les étudiants.

Je ne comprends pas qu’au Québec on ne sache pas tout ce qui se passe ici. Tout ce qui se passe dans les communautés parce que c’est fantastique, c’est phénoménal. On apprend des choses tous les jours, plein de belles choses, leurs traditions, leurs façons de faire. C’est très différent et c’est très enrichissant.

Image : Fay Petiquay est entourée des autres étudiants masculins du programme.

L’initiative à Wemotaci s’inscrit dans une volonté d’offrir davantage de formations dans de futurs milieux de travail. L’objectif est d’amoindrir l’impact de la pénurie de main-d’œuvre.

Image : Les étudiants sont penchés sur leurs cahiers et prennent des notes.

Ainsi, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy réfléchit actuellement à la possibilité d’exporter l’expérience de Wemotaci ailleurs dans la région. Obedjiwan souhaiterait, par exemple, former des plâtriers.

Un tel projet nécessite toutefois des investissements importants. À Wemotaci, un demi-million de dollars ont été nécessaires pour mener le programme à terme.

Image : Kosis Petiquay Quoquochi est monté dans une échelle avec une planche dans les mains.

Kosis Petiquay Quoquochi, lui, a bien hâte de recevoir son diplôme de charpentier-menuisier, mais aussi d’intégrer sa nouvelle maison. C’est beaucoup de fierté pour moi, confie-t-il.

Il a l’intention de demeurer à Wemotaci pour bâtir de nouvelles maisons pour ses concitoyens et ainsi réduire le nombre de familles en attente d’un logement.

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