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Image : Une famille nombreuse mange sur une table ronde dans une cuisine.

Les familles d'après-guerre comptaient de nombreux enfants au Québec. À travers nos archives, découvrez le quotidien de l’une d’entre elles en 1957.

TEXTE : SOPHIE CARON | RECHERCHE D'ARCHIVES : SYLVIE COURNOYER | PHOTOS : HENRI PAUL

Image : Dans une épicerie, devant le rayon des légumes, une femme est derrière deux paniers remplis d'aliments.

Entre 1946 et 1966, c’est le baby-boom. Plus de 110 000 bébés naissent chaque année au Québec.

En septembre 1957, le photographe de Radio-Canada Henri Paul capture quelques moments de vie d’une famille québécoise pour le Weekend Magazine, un cahier inséré au sein de plusieurs journaux canadiens.

Les membres de la famille nous sont inconnus, mais leur quotidien nous est familier. Il ressemble peut-être au vôtre lorsque vous étiez enfant, ou à celui de vos parents ou de vos grands-parents?

Au supermarché montréalais Steinberg’s, cette mère a besoin de deux paniers pour transporter ses provisions qui viendront nourrir les nombreux enfants que compte sa maisonnée.

Image : Une ménagère et son mari devant la commande d'épicerie qui remplie entièrement sa table de cuisine. Un livreur de pain dans la cuisine avec huit pains tranchés sur le bras.

Le livreur porte les miches pendant que la ménagère vérifie sa facture. Certains laitiers et boulangers connaissent la commande presque par cœur à l’époque et deviennent souvent des amis de la famille.

Devant les conserves empilées, le père affiche un air satisfait. Personne ne manquera de rien.

Dans les années 1950, le salaire annuel moyen d’un ouvrier oscille entre 2500 $ et 4000 $ par année.

Image : Une femme lave des draps dans une machine à laver semi-automatique à essorage manuel.

Dans ce clan familial, c’est au sous-sol que la machine à laver munie d’un tordeur est installée. L’essorage est fait manuellement.

L’invention de la machine à laver semi-automatique remonte à 1937, mais il faudra attendre 1960 avant de voir apparaître les premières machines avec essorage automatique à l’intérieur de la cuve qui faciliteront grandement la corvée de lessive.

Image : Draps flottant au vent sur des cordes à linge.

En 1957, après le lavage et l’essorage, on étend et on laisse sécher le linge au vent. Très peu nombreuses sont les familles qui possèdent une sécheuse.

Certains jours de la semaine étaient alors définis pour certaines tâches. Par exemple, le lundi c’était jour de lavage, et il n’était pas question d’étendre les vêtements le mardi sous prétexte d’être sévèrement jugée par ses voisines.

Image : Un enfant cire des chaussures dans le salon familial pendant que ses frères plus âgés sont assis sur le canapé.

Dans le salon, en compagnie de ses grands frères, un garçon s’improvise cireur de chaussures. Les souliers étaient bien souvent astiqués le samedi en prévision de la messe du dimanche.

Au courant des années 1950, la religion rythme le quotidien des Québécois, le chapelet est prononcé en famille tous les soirs à 19 h, jusqu’en 1967, par le cardinal Paul Émile Léger qui accompagne les fidèles à la radio de CKAC.

L’émission est si populaire que Radio-Canada doit devancer le radioroman Un homme et son péché de 15 minutes pour faire face à la concurrence que lui fait le cardinal.

Image : Une mère et sa fille qui cuisinent devant les chaudrons sur la cuisinière.

Le patrimoine culinaire se transmet de mère en fille. Chaque enfant a sa tâche assignée et les jeunes filles commencent tôt à apprendre leur rôle de maîtresse du foyer.

Les années 1950 sont encore l’apanage de la production de conserves et de la cuisine en grandes quantités.

Durant les années 1960, alors que le taux de natalité chute, les ménages verront apparaître sur le marché plus de plats préparés comme les TV dinners.

Image : Jeunes hommes qui mangent un repas autour de la table de cuisine en compagnie de leur père, avec leur mère debout près d'eux dans la cuisine.

Et une fois le repas servi, de quoi parle-t-on autour de la table en septembre 1957?

Peut-être bien des manifestations ouvrières contre le gouvernement de Maurice Duplessis qui faisaient rage un peu partout dans la province, de l’achat du Canadien de Montréal par la famille Molson ou encore de Maurice Richard, qui entamait cette année-là sa 16e saison, celle où il marquera son 500e but.

Image : Une famille avec plusieurs enfants assis autour de la table, la mère qui leur sert le repas et les plus vieux qui font la vaisselle.

En ville, dans les logements qui abritent des familles nombreuses où l’espace fait défaut, il n’est pas rare de devoir servir une deuxième tablée.

Au tour des plus jeunes de se raconter leur journée.

Image : Des jeunes jouent aux cartes dans une pièce de l'appartement, alors que d'autres s'entraînent à la boxe dans la même pièce.

Se tirailler avec ses frères n’échappe à aucune génération.

Pendant que les deux sportifs de la famille s’entraînent à la boxe, d’autres, plus sages, jouent probablement au 500, à la Dame de pique ou à la canasta, des jeux très populaires dans les familles de l’époque.

Image : Un enfant fait ses devoirs en compagnie de son frère plus âgé.

Les plus vieux prennent souvent soin des plus petits. C’est le cas lors des devoirs et des leçons.

Vers la fin des années 1950 au Québec, seulement 13 % des adolescents terminent leur 11e année.

Les Québécois francophones accusent un retard en éducation : seulement 4 % d’entre eux fréquentaient les universités, contrairement à 11 % chez les anglophones.

Image : Une mère borde ses deux garçons dans leur chambre.

Jusqu’au soir, la mère veille sur ses enfants. Elle borde tous les garçons en même temps.

Des enfants qui grandiront dans une période charnière de l’histoire du Québec, celle de la Révolution tranquille qui s'amorce deux ans plus tard, en 1959, avec de grandes réformes sur les plans de l’éducation, de l’économie et de la santé.

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