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Image : Un médaillon avec une tortue.

Carina Dominique de Mashteuiatsh partage sa passion pour l'art traditionnel autochtone du perlage en utilisant des moyens technologiques modernes. Ses cours virtuels permettent de transmettre la culture autochtone aux membres de la communauté et aux Allochtones.

Texte et photos : Annie-Claude Brisson

Image : Carina Dominique passe chaque perle dans un fil.

Je fais ça tout le temps. Aussitôt que j’ai un petit cinq minutes, je perle , explique Carina Dominique. 

La résidente de la communauté autochtone de Mashteuiatsh, qui longe une partie du Pekuakami (lac Saint-Jean), consacre tous ses temps libres au perlage. C’est la première chose qu’elle fait le matin et la dernière avant d’aller au lit.

Image : Des rangées de perles dans les mains de Carina Dominique.

La Pekuakamishkueu a décidé de transmettre sa passion et d'enseigner son art. Durant les ateliers qu’elle donne depuis quelques années, elle travaille sur ses créations tout en expliquant les différentes techniques aux participantes.

Comme bien des activités, la pandémie a modifié les ateliers. La dernière session de cours s’est tenue sur la plateforme Zoom.

Image : Un médaillon rouge, blanc et noir avec deux marteaux croisés.

Les créations de Carina Dominique dépassent les limites de la communauté autochtone jeannoise. Ces œuvres ont voyagé aux quatre coins de la province, de Saguenay à Sept-Îles en passant par Montréal.

Inondée de commandes, on lui demande des créations de perles en tout genre. Certaines commandes sont davantage traditionnelles alors que d’autres, comme celle-ci, sont éclatées. Il s’agit des marteaux croisés associés au groupe Pink Floyd.

Malgré cet engouement, la créatrice est animée par une seule volonté, celle de perler pour son propre plaisir.

Image : Des sacs remplis de petites perles de différentes teintes de jaune.

Le perlage est un artisanat qui nécessite bien peu d’équipement. Perles, fils et aiguilles en sont les bases. Toutefois, les passionnés ne peuvent s’empêcher de rechercher des perles de couleurs et de tailles variées.

Image : Un grand bac rempli de coffres de perles.

Carina Dominique traîne un immense bac de plastique qui est l’équivalent d’un coffre aux trésors pour les artisans du perlage. Il contient des dizaines et des dizaines de contenants et de sacs. Les perles sont séparées par couleurs avant d’être, de nouveau, divisées par nuances.

Image : Un médaillon de perle avec une tortue.

L’Innue a réalisé ce médaillon qui présente une tortue (Missinakᵘ) pour sa mère.

Un médaillon de perles comme celui-ci nécessite plusieurs jours de travail. Carina Dominique peut s’y consacrer, chaque soir, pendant près de deux semaines. Les créations perlées de ce genre peuvent être vendues plusieurs centaines de dollars.

La symétrie se retrouve au cœur du perlage. Les artisans doivent, à mesure que leur création prend forme, compter les perles. La symétrie est importante tant pour créer des médaillons que des cordons.

Image : Deux cordons de perles.

Les longs cordons sont attachés aux médaillons de perles. Ils nécessitent plusieurs soirées de travail. En comparaison, les porte-clés qui sont de plus petite dimension représentent une dizaine d’heures de travail.

Le rouge, le bleu, le vert et le jaune sont des couleurs associées à la culture autochtone. L’ensemble formé du blanc, du rouge, du jaune et du noir est également important. Plusieurs significations y sont associées, dont les quatre points cardinaux. Cela représente également les différentes conditions du mieux-être et de la santé pour les Autochtones.

Image : Carina Dominique est devant son ordinateur et montre un cordon.

Seule devant son ordinateur, Carina Dominique aide les participantes avec leur création perlées. Elle présente ses créations pour expliquer les techniques, astuces et choix de couleurs. 

Image : Julie Girard et Alyss Saint-Pierre montrent leurs pièces de perlage.

Julie Girard participe aux ateliers virtuels de perlage en compagnie de sa fille Alyss Saint-Pierre. En plus d’en faire un moment mère-fille, le tandem y voit une parfaite occasion pour découvrir un autre pan de sa culture.

Moi et ma fille, on essaye de se transmettre la culture de plein de façons. Avec la pandémie, c’est plus difficile d’aller en territoire. Souvent, on est plusieurs dans les campements familiaux. On essaye d’éviter d’aller en territoire. On cherchait une autre activité qu’on pouvait faire en famille, témoigne Julie Girard.

Image : Raphaëlle Langevin fait une pièce en perles dans sa cuisine.

Raphaëlle Langevin se définit comme une femme créative. Le cercle de perlage virtuel est une autre occasion, pour elle, de découvrir sa culture en plus de garder contact avec les autres membres de la communauté. C’est une des choses que j'aime, c’est qu’on peut échanger sur tout et sur rien, autant sur des affaires plus culturelles que des affaires plus de la vie quotidienne. Et prendre des nouvelles de comment ça va. On est quand même une communauté tissée serrée. Juste de voir du monde que ça faisait longtemps qu’on n’a pas vu, ça fait du bien.

Image : Carina Dominique enseigne le perlage devant un ordinateur.

Les ateliers virtuels sont accessibles aux membres de la communauté autochtone ainsi qu’aux Allochtones qui veulent découvrir leur culture. 

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