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Image : L'homme entouré d'outils et de planches de bois travaille dans un sous-sol. Une guitare est posée sur la table.

L’un est luthier, l’autre flécheur et l’autre fait du crochet. Ces trois hommes du Témiscamingue ont la passion de créer des chefs-d’œuvre au bout de leurs doigts.

Texte et photos : Tanya Neveu

Image : L'homme travaille le bois dans son atelier.

Laurier Lacasse, le luthier

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu quelque chose dans les mains; un marteau pis des clous, j’ai commencé avec ça. Après ça, une scie, une varlope! J’avais toujours un plan dans la tête, ça remonte à très loin. Quand on me demandait ce que j’allais faire comme métier plus tard, je disais menuisier. Finalement, ce n’est pas ça que j’ai fait comme travail, mais comme passion oui!

Cette passion, c’est une fois retraité du moulin à scie que Laurier Lacasse a décidé de la vivre à plein régime. À 63 ans, il a tout son temps pour créer, assembler et réparer des instruments de musique. C’est ce qui l’anime.

Image : Laurent Lacasse s'apprête à mettre ses lunettes pour regarder une feuille. Il est dans son atelier, entouré d'outils.

Au cours de sa vie, Laurier Lacasse a conçu plusieurs instruments à cordes dont une harpe celtique, des violons, des mandoles, des guitares, une contrebasse, un violoncelle.

Quand j’étais jeune, ma mère m’avait acheté une guitare acoustique dans le catalogue. Ça ne faisait même pas un an que je l’avais et je l’avais transformée en guitare électrique.

Image : Monsieur Lacasse accorde une guitare.

De la patience et de l’amour, c’est ce qu’il faut selon Laurier Lacasse pour devenir luthier.

L’amour de ce que tu veux faire, l’amour du bois.

Également musicien, ses instruments résonnent lors des quelques prestations qu’il fait devant public.

Image : Un instrument de musique est déposé sur sa table de travail.

Pendant sa carrière au moulin à scie, il a ramassé plusieurs essences de bois qui lui permettent aujourd’hui de concrétiser ses projets. 

Il consacre ainsi beaucoup plus de temps dans l’atelier qu’il a aménagé dans son sous-sol.

J’apprends toutes les fois! toutes les fois que je touche à un instrument, j’apprends encore.

Image : Les ceintures fléchées sont suspendues. On aperçoit derrière l'homme qui travaille.

Michel Beauchamp, le flécheur

C’était en 1974. Depuis ce temps-là que je flèche.

Michel Beauchamp a eu en main son premier livre sur les ceintures fléchées il y a plus de 45 ans. Depuis, il exerce cette passion qu’il a de fabriquer des ceintures fléchées, un rang à la fois.

Pour commencer, ça prend de la patience et de la dextérité. Pour un pouce de ceinture, c’est environ une heure de travail.

Image : L'homme confectionne une ceinture avec de gros fils. Il tient le bout de la ceinture entre ses genoux.

Ce ne sont pas les ventes de ceintures fléchées qui intéressent Michel Beauchamp, mais plutôt l’histoire qui les entoure.

Au fils des ans, il s’est aussi donné comme mission d’éduquer les gens sur l’origine de la ceinture fléchée et ses utilités. Il donne d’ailleurs des ateliers dans des classes au secondaire.

Image : Michel Beauchamp montre avec son petit doigt les détails d'une ceinture.

Au cours de mes années de fléchage, j’ai ramassé tous les documents qui avaient rapport au fléché. Des revues, des pièces de monnaie, des timbres… Je le fais pour m’amuser, mais aussi pour transmettre mes connaissances.

Image : L'artisan tient une vingtaine de fil dans ses mains, il doit faire un noeud autour de chaque fil pour faire un motif.

Michel Beauchamp estime qu’il y a entre 100 et 200 personnes au Québec qui sont des artisans de la ceinture fléchée traditionnelle.

Les gens pensent que c’est juste une ceinture et que tu ne peux pas faire autre chose avec. En Europe, ç’a déjà été des jarretières pour tenir les bas. C’était un outil de travail pour les coureurs des bois, les voyageurs. Tu peux t’en servir comme foulard.

Image : L'homme souriant montre une de ses créations. D'autres sont placés en évidence sur une table de cuisine.

Laurier Mayer, l'artisan du crochet

Coiffeur de métier, Laurier Mayer s’est rapidement intéressé au crochet. Il voyait des liens très évidents entre les mèches au crochet qu’il faisait à ses clientes et cette forme d’artisanat.

Puisqu’il est un homme et que le crochet est majoritairement pratiqué par les femmes, il dit à la blague qu’il a dû faire son coming out. Lorsqu’il est rentré dans un magasin de fournitures artisanales pour la première fois, à deux reprises, on lui a demandé ce que sa femme voulait.

Moi, je veux avoir un livre qui explique comment faire un point et comment on part ça. Ma femme est dans l’auto, c’est pour moi.

Image : L'homme fait du crochet dans sa cuisine.

Il apprend finalement à crocheter par lui-même. De fil en aiguille, il commence à exposer ses œuvres dans les salons de métiers d’arts. Il cumule les projets, les commandes spéciales et diversifie son offre. Une passion qui dure depuis 30 ans.

J’aime ça! La couverture des Canadiens, je l’ai fait au moins 12 fois, celle des Nordiques au moins 5 fois, des couvertures de bébé, encore plus!

Image : Deux mailles sont accrochées au crochet. Laurier s'apprête à passer son fil par-dessus.

Laurier Mayer cumule plus de 500 œuvres. Si certaines sont rapides à crocheter, d’autres lui ont pris jusqu’à six mois de travail.

Ça prend de la dextérité et de la tension. C’est beaucoup d’heures, mais des heures de passion. Les gens me disent que je suis patient. Non ce n’est pas de la patience. Pilez-moi sur le gros orteil, vous allez voir que je ne suis pas patient. C’est de la passion.

Image : L'homme est assis confortablement pour crocheter. Une lampe placée au-dessus de son épaule éclaire son travail.

Les napperons et les couvertures crochetés par Laurier Mayer ont traversé les frontières du Québec.

Certaines créations se retrouvent aujourd’hui en Allemagne, Angleterre et même en Afrique du Sud.

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