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Mise à jour le vendredi 25 juin 2004 à 13 h 55

Montréal: une lutte à deux qui pourrait réserver des surprises

La grande région métropolitaine de Montréal représente la moitié des circonscriptions du Québec, soit 37 sur 75. À la dissolution du Parlement, les bloquistes y détenaient 16 sièges, les libéraux 21.

Dans la plupart des comtés, la lutte se fera à deux, entre libéraux et bloquistes. Cependant, conservateurs et néo-démocrates présentent quelques candidats-vedettes qui, espèrent-ils, créeront des surprises le 28 juin.

Le raz-de-marée libéral n'aura pas lieu

Lorsque Paul Martin a pris le pouvoir, à la fin 2003, il pouvait s'attendre à conserver les sièges montréalais de son parti sans trop de peine et même à en ravir quelques-uns au Bloc québécois. Mais le scandale des commandites est venu bouleverser la donne.

D'après un sondage Environics, la mauvaise gestion gouvernementale, et en particulier le programme des commandites, sont le deuxième enjeu en importance pour les Montréalais (16 %), après la santé (38 %) et bien avant la pauvreté (7 %), l'économie (6 %) ou les taxes (5 %).

En outre, plus de la moitié des électeurs de la région de Montréal soutiennent que l'affaire des commandites influencera leur vote.

(Le sondage Environics a été mené auprès de 414 personnes entre le 12 et le 18 mai 2004, la marge d'erreur est de 5 %, 19 fois sur 20).

Les comtés à surveiller

L'île de Montréal est traditionnellement libérale, à l'exception de quatre comtés détenus par le Bloc québécois. Mais la situation est différente en périphérie. Sur la Rive-Nord et la Rive-Sud, plusieurs circonscriptions pourraient changer de mains.

À Laval, le nouveau comté de Marc-Aurèle-Fortin, créé en réaménageant les circonscriptions de Laval-Centre, Terrebonne-Blainville, Rivière-des-Mille-Îles et Laval-Est, a de fortes chances de devenir bloquiste. C'est, en tous cas, ce que laisse présager la transposition sur la nouvelle carte électorale des votes exprimés en 2000. Le candidat du Bloc québécois, l'ancien ministre péquiste Serge Ménard, peut donc espérer l'emporter sans trop de difficultés sur la libérale Nancy Girard.

Extrait audioÉcoutez le reportage de Richard Massicotte sur Marc-Aurèle Fortin

Carole-Marie Allard en compagnie de Sheila Copps
Le parti de Gilles Duceppe pourrait également gagner le comté d'Alfred-Pellan, qui comprend 90 % de l'ancien Laval-Est. La députée libérale sortante, Carole-Marie Allard, a remporté le comté par 1292 voix en 2000. Mais, avec le redécoupage, elle pourrait perdre la circonscription au profit du bloquiste Robert Carrier.

L'ancienne ministre fédérale du Patrimoine, Sheila Copps, est même venue lui donner un coup de main. Elle a mis de côté son ressentiment envers Paul Martin pour appuyer la réélection de la candidate libérale, qui était sa secrétaire parlementaire à la Chambre des communes.

Extrait audioÉcoutez le reportage de Richard Massicotte sur Alfred-Pellan

Pour en savoir plus: Sheila Copps à la rescousse

Par contre, dans la circonscription de Laval (ancien Laval-Centre) la bloquiste Nicole Demers pourrait bien perdre au profit du libéral Pierre Lafleur. La députée sortante du Bloc québécois, Madeleine Dalphond-Guiral, ne l'avait remporté que par 42 voix lors des dernières élections générales. Avec la nouvelle carte électorale, ce sont les libéraux qui l'emporteraient.

Un autre comté de la banlieue nord, Argenteuil-Mirabel, pourrait également passer au Parti libéral. Le député sortant, Mario Laframboise, du Bloc québécois, n'a eu qu'un mince avantage de 600 voix en 2000. La transposition des voix sur la nouvelle carte électorale le donne perdant.

Deux enjeux locaux, l'avenir de l'aéroport de Mirabel et le parachèvement de l'autoroute 50, pourraient déterminer l'issue du scrutin.

Extrait audioÉcoutez le reportage de Hugues de Roussan sur Argenteuil

Le bloquiste Maka Kotto
Du côté de la Rive-Sud, la députée libérale sortante de la circonscription de Saint-Lambert, Yolande Thibeault, devra affronter le candidat bloquiste Maka Kotto, qui bénéficie d'un fort capital de sympathie. Toute la machine péquiste appuie le comédien d'origine camerounaise pour tenter de faire pencher le résultat de son côté.

En outre, comme plusieurs autres candidats libéraux, Yolande Thibeault a souffert de la désaffection d'un nombre important de ses militants, plus occupés par les référendums sur les défusions que par la campagne électorale.

Pour en savoir plus: La lutte s'annonce serrée dans Saint-Lambert

Écoutez l'entrevue de Maka Kotto réalisée par Michel Désautels

Alain Boire, candidat du Bloc québécois
Dans la circonscription de Beauharnois-Salaberry, on s'attend à une véritable lutte à trois. En 2000, la promesse de prolonger l'autoroute avait permis au libéral Serge Marcil de l'emporter avec une majorité de 3000 voix. Mais, la transposition des voix avec la nouvelle carte le désavantage, puisqu'il n'obtiendrait plus que 1800 voix de majorité.

Le bloquiste Alain Boire et le conservateur Dominique Bellemare entendent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Pour en savoir plus: Une véritable lutte à trois dans Beauharnois-Salaberry

L'île de Montréal

Sur l'île, le parti de Paul Martin détient 14 comtés sur un total de 18. On s'attend à ce que les bloquistes conservent les quatre sièges qu'ils détenaient à la dissolution du Parlement (Laurier, Hochelaga, La Pointe-de-l'île [ancien Mercier], et Rosemont-La Petite Patrie).

François Rebello
La lutte pourrait cependant être plus difficile que prévu dans un château-fort libéral, Outremont. Pour s'opposer au candidat vedette Jean Lapierre, le Bloc québécois a choisi l'ancien président de Force Jeunesse, François Rebello.

Un récent sondage du journal Le point d'Outremont lui donne une majorité de voix, du moins auprès des électeurs de l'arrondissement d'Outremont. Toutefois, François Rebello devra également convaincre les électeurs du quartier multiethnique Côte-des-Neiges. L'appui du président de la Ligue des noirs du Québec, Dan Phillips, pourra peut-être l'aider à faire pencher la balance de son côté.

Un certain nombre de votes pourraient également aller à l'un des candidats vedettes du Nouveau Parti démocratique, le professeur universitaire Omar Aktouf, qui se présente également dans le comté.

Pour en savoir plus: Portrait d'une circonscription traditionnellement rouge, Outremont

Écoutez l'entrevue de François Rebello réalisée par Michel Désautels

Dans son comté de Lasalle-Émard, le premier ministre Paul Martin est assuré de se faire réélire sans effort pour une cinquième fois consécutive. Même si l'insatisfaction envers les libéraux fédéraux est palpable, il sera difficile pour les adversaires du premier ministre de faire vaciller ses assises. Paul Martin a obtenu 65 % des voix en 2000, il espère rééditer cette performance le 28 juin.

La fille du député néo-démocrate Bill Blaikie, Rebecca Blaikie, tente néanmoins sa chance contre le premier ministre sous la bannière du NPD.

Le chef du Bloc québécois ne devrait pas non plus faire face à une grande opposition pour se faire réélire dans Laurier-Sainte-Marie. Lors des dernières élections, Gilles Duceppe avait remporté 53 % des suffrages.

Le conservateur Jean Fortier
Du côté du Parti conservateur, tous les yeux seront tournés vers Ahuntsic. Les partisans de Stephen Harper comptent beaucoup sur leur candidat dans la circonscription, Jean Fortier. L'ancien président de comité exécutif de la Ville de Montréal, espère bien pouvoir battre la députée libérale sortante, Eleni Bakopanos.

Les bloquistes, pour leur part, comptent sur la division du vote entre libéraux et conservateurs pour que leur candidate, Maria Mourani, se faufile et remporte le siège.

Extrait audioÉcoutez le reportage de Hugues de Roussan sur Ahuntsic




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