Olivier Turgeon escalade un rocher, vu de haut

L'escalade, un mode de vie

Texte et photos par Alice Chiche

28 juillet 2018

Vivre au rythme de l’escalade. Pour deux grimpeurs de Québec, ce sport alliant force et agilité est devenu un véritable mode de vie. Portrait d’une passion avec Olivier Turgeon et Sarah Morin.

Texte et photos par Alice Chiche

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« Toute ma vie est orientée pour faire de l’escalade », glisse Olivier Turgeon lors d’une rencontre au mont Wright, par une chaude matinée d’été.

Organisation de la vie familiale, des temps libres, des voyages, la vie tourne autour de l’escalade pour ce professeur de cégep de 37 ans et sa famille.

Olivier Turgeon rigole sur le bord d'une roche
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Entraînements réguliers

Pour Olivier, la plupart des moments libres en dehors du travail sont alloués à des entraînements en salle ou à l’extérieur. « En moyenne, je grimpe trois fois par semaine », explique-t-il.

Sa compagne partage aussi cette passion, qu’ils pratiquent ensemble.

Gif animé d'application de poudre sur les mains

Si la naissance de leur fils Octave a entraîné des « ajustements », les grimpeurs n’ont pas boudé leur plaisir pour autant. « Chaque famille doit jongler avec ses paramètres et les parents grimpeurs doivent trouver l’équilibre avec, en plus, le paramètre escalade », résume Olivier.

D’ailleurs, à 3 ans et demi, le petit Octave a déjà l’habitude de crapahuter sur les murs.

Même son de cloche pour Sarah Morin, 22 ans. Depuis qu’elle a chaussé des souliers d’escalade pour une première fois, il y a quatre ans, l’escalade a pris « beaucoup de place dans [son] choix de vie ».

Sarah Morin, très concentrée, escalade un rocher

En dehors de son travail en restauration, la jeune femme grimpe de deux à trois fois par semaine, voire plus pendant l’été.

Entourée d’amis grimpeurs, elle partage aussi sa passion avec son copain, avec qui elle s’entraîne.

Après les mois glacials à s’exercer au gym Le Délire où ils se croisent, Olivier et Sarah intensifient même la pratique l’été, saison dont ils profitent pour grimper dehors sur diverses parois rocheuses.

Trois grimpeurs marchent dans un sentier en forêt avec leur tapis d'escalade sur le dos
Olivier et Sarah enfilent leurs souliers sur leur tapis d'escalade
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Une « danse sur la roche »

L’escalade peut être considérée comme un sport très complet pour certains. En équilibre sur la pointe des pieds sur une prise en extérieur ou sur une structure intérieure, le grimpeur joue de tous ses muscles pour garder le contrôle sur une paroi.

Olivier Turgeon en pleine extension en escaladant, alors que Sarah l'assiste au bas du rocher

Une certaine musculature est nécessaire, mais aussi une force mentale, pour que les mains et les pieds se déplacent de prise en prise dans une danse d’équilibriste sur la roche.

« J’adore les mouvements que la roche impose. Je vois l’escalade un peu comme une danse sur la roche », explique Olivier.

La concentration est de mise lorsque l’on commence à attraper des prises.

Olivier Turgeon en plein mouvement d'escalade

« Quand je grimpe, je ne pense qu’à ça, au prochain mouvement », décrit Olivier.

Et c’est cette sensation du mouvement sur la paroi naturelle ou artificielle que recherche à chaque fois le mordu de ce sport.

Quant à Sarah, c’est la « compétition avec soi-même » et l’« évolution personnelle » qui l’attire vers l’escalade.

Sarah est perchée haut sur un rocher alors qu'Olivier l'assiste au sol

Ce sport a toutefois un côté pervers, car il crée une dépendance, souligne Olivier. « L’escalade, quand tu aimes ça, tu veux t’améliorer. Pour ça, il faut en faire. Et puis plus t’es bon, plus tu en fais », dit-il avec un grand sourire dans la voix.

C’est un peu par hasard qu’Olivier est tombé dans la marmite, il y a maintenant 11 ans. C’est une initiation à ce sport par un ami qui a été le déclencheur. « Quand j’ai commencé, j’ai tout de suite aimé », se souvient-il.

Le passionné de kayak et de vélo de montagne vend alors tout son matériel pour s’équiper seulement de l’attirail d’escalade. « Ça a pris le dessus sur les autres sports », avoue-t-il sans trop avoir de remords de passer plus de temps à grimper.

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Voyager pour l’escalade

En plus des temps libres dans l’année, les vacances sont aussi dédiées à l’escalade pour ces passionnés.

Les emplois respectifs d’Olivier et de Sarah leur permettent de prendre des congés plus condensés afin de partir sur de plus longues périodes.

Portrait de Sarah, enfilant ses souliers d'escalade à terre

Depuis deux ans, Sarah et son copain organisent un voyage d’escalade de trois mois chaque année. « C’est une façon de voyager et on se déplace selon les endroits de grimpe », décrit-elle.

La première année, l’escalade les a conduits en Europe dans des lieux aussi mythiques que Céüse en France et Kalymnos en Grèce, connus pour la beauté de leurs paysages.

Pour leur second voyage, ils ont pris la route à travers les États-Unis.

Ce qui plaît à Sarah dans ces expéditions « c’est l’ambiance [autour du voyage] ».

Olivier au sommet d'un gros rocher qui sourit

Olivier et sa famille voyagent également pour découvrir des nouveaux lieux à travers l’escalade.

Leur dernière vadrouille en date : un séjour de six semaines en Afrique du Sud, avec leur fils.

Ce voyage s’ajoute à une liste déjà bien remplie comprenant plusieurs séjours en Europe, aux États-Unis et au Canada.

« Je voyage plus depuis que je fais de la grimpe », avoue Olivier qui pense déjà aux découvertes à venir.

Des souliers d'escalade

Alice Chiche journaliste et photographe,
Olivia Laperrière-Roy conceptrice,
Véronica Lê-Huu chef de pupitre.

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