Walkerton, 10 ans plus tard - La mort au bout du robinet | Chronologie

Au 19e siècle, de l’eau potable grâce au chlore

Au 19e siècle, des épidémies dévastatrices de fièvre typhoïde et de choléra, maladies transmises par l'eau, étaient courantes en Occident. Une des grandes réalisations en santé publique au début du 20e siècle est d'avoir assuré un approvisionnement en eau potable sûre, grâce à la désinfection de l'eau par le chlore.

En 1846, la première utilisation du chlore

Le chlore a été découvert en 1774 par le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele. Le médecin hongrois Semmelweis fut le premier à utiliser le chlore comme désinfectant en 1846, à la maternité de Vienne, pour le nettoyage des mains du personnel médical à titre préventif contre la fièvre puerpérale, causée par une infection après l'accouchement.

En 1916, l’arrivée du chlore au Canada

C'est en 1916 à Peterborough, en Ontario, que le chlore a été utilisé pour la première fois au Canada pour désinfecter l'eau potable.

En 1994, les Canadiens se méfient de l’eau bien avant Walkerton

En 1994, une enquête réalisée par Statistique Canada révèle que 20 % des ménages canadiens utilisaient un filtre ou un purificateur pour leur eau potable, comparativement à 14 % en 1991. Cette augmentation reflète une certaine méfiance à l'égard de l'eau du robinet, cela même avant les événements de Walkerton.

En 1995, le début de la « Révolution du bon sens » ?

En 1995, Mike Harris est porté au pouvoir avec l'engagement ferme d'éliminer en cinq ans un déficit de 10,6 milliards de dollars et de réduire les impôts sur le revenu. Le programme, mieux connu sous le nom de « Révolution du bon sens », entraîne une réduction importante de la taille de l'État. Or, au lendemain du drame de Walkerton, l'opinion publique se demande si le prix de la Révolution du bon sens n'est pas tout compte fait trop élevé.

En 1996, la déréglementation de la gestion de l’eau en Ontario

En 1996, le gouvernement conservateur sabre dans le budget de l'environnement et opte pour la privatisation des systèmes de contrôle de qualité de l'eau potable. La déréglementation des normes de la gestion de l'eau adoptée par les conservateurs est vivement critiquée par l'opposition libérale. Plusieurs quotidiens ontariens accusent les compressions du gouvernement Harris d'avoir contribué à semer la mort à Walkerton.

En juillet 1998, des signes avant-coureurs

En juillet 1998, déjà, le ministère de l'Environnement de l'Ontario avait été averti de la piètre qualité de l'eau dans la région. Les inspecteurs du ministère avaient en effet détecté la présence de la bactérie E. coli dans l'eau traitée, ainsi qu'un taux de chlore inférieur aux normes requises. Des enfants de la région avaient même souffert d'intoxication par la même bactérie.

En 1999, des avis de faire bouillir l’eau au Québec

En 1999, au Québec seulement, pas moins de 600 avis de faire bouillir l'eau ont été émis. Dans deux cas sur trois, ces alertes touchaient des villages de moins de 2000 habitants, car ils ne disposent ni de l'équipement ni du personnel qualifié pour traiter l'eau potable.

En 2000, de l’eau non-traitée au Québec

En 2000, l'eau du robinet de 650 000 Québécois n'avait subi aucun traitement préalable. Plus de 900 000 citoyens recevaient quant à eux une eau qui a été seulement chlorée.

Le 12 mai 2000 : Les débuts de Walkerton

Le 12 mai 2000, un orage violent frappe le sud de l'Ontario. Ces pluies torrentielles ont charrié avec elles du fumier porteur de la bactérie E. coli jusque dans un puits à proximité de Walkerton. Les eaux contaminées du puits se sont alors déversées dans le réseau municipal sans être avoir été désinfectées. Le chlore permet pourtant d'éliminer les coliformes. Or, les responsables des services publics de la ville n'ont pas vérifié la qualité de l'eau et n'ont pas administré la quantité adéquate de chlore. De plus, le puits principal fonctionnait sans analyseurs continus de l'eau, appareils munis d'une alarme en cas de contamination.

Alerte à l'eau empoisonnée
Émission : Montréal ce soir
Date de diffusion : 24 mai 2000
Invité(s) : Jacqueline Mayer, Dave Thomson
Ressource(s) : Pascale Nadeau, Mireille Allaire
Durée : 1 min 44 s

Le 18 mai 2000 : la présence d’E. coli non signalée

Le 18 mai 2000, un laboratoire privé transmet le résultat de l'analyse d'un échantillon d'eau au directeur du service, Stan Koebel. Ce rapport signale la présence de coliformes et d'E. coli. Stan Koebel se contente alors d'ajouter une dose massive de chlore dans l'eau, sans avertir le département de la santé publique. Le nombre de personnes malades atteint une proportion inquiétante dès le 19 mai, et l'urgence de l'hôpital est débordée. Lorsque le docteur McQuigge téléphone à Stan Koebel pour lui demander s'il y a des problèmes avec l'eau, ce dernier lui répond que l'eau de la ville ne présente aucun danger.

En trois jours, le nombre de la malades augmente

Du vendredi 19 au dimanche 21 mai, avec de plus en plus de cas de personnes malades signalés dans la région, le bureau de la santé publique appelle à de nombreuses reprises au bureau des Services publics pour voir s'il y a un problème avec la qualité de l'eau. On leur répond que tout va bien.

Le 21 mai 2000: premier avis de faire bouillir l’eau

Le 21 mai 2000, les représentants de la Santé publique amorcent leurs propres analyses de l'eau et émettent un avis à la population pour faire bouillir l'eau potable avant de la consommer.

Le mardi 23 mai 2000: confirmation de la contamination

Le 23 mai 2000, la Santé publique reçoit la confirmation que l'eau de la ville est contaminée. Plus de 150 personnes se sont présentées à l'hôpital et 500 autres ont téléphoné pour se plaindre de divers maux. On s'attend à l'émergence de plus de cas encore, la période d'incubation de la bactérie étant de dix jours. Midi 24 mai: Les autorités de la Santé publique annoncent les décès de quatre personnes, soit un bébé et trois adultes, imputables à la bactérie.

Le 24 mai 2000 : l’état d’urgence est déclaré

Le 24 mai 2000, les médias annoncent que la petite ville de Walkerton, au nord-ouest de Toronto, est en état d'urgence. Quatre personnes sont mortes après avoir bu de l'eau du robinet contaminée par la bactérie E. coli. Des centaines de personnes sont malades et les écoles de la municipalité sont fermées, précise Mireille Allaire au bulletin d'informations Montréal ce soir. Les citoyens ont reçu la consigne de faire bouillir leur eau avant de la consommer. Mais ils ont manifestement été prévenus trop tard. La petite communauté enterre ses morts, sans comprendre. Que s'est-il donc passé?

Le 25 mai 2000 : un autre décès

Le 25 mai 2000, une autre personne meurt, ce qui porte à cinq le nombre de décès causés par la contamination de l'eau. Le même jour, les citoyens de Walkerton apprennent avec stupeur et colère que le drame aurait pu être évité. Le directeur de la santé publique, le docteur Murray McQuigge, déclare en effet que les responsables de l'approvisionnement en eau étaient au courant du problème une semaine au moins avant que les gens ne commencent à mourir. À Walkerton, Claude Bernatchez a recueilli les réactions de résidents profondément révoltés.

La colère se propage à Walkerton
Émission : Sans frontières
Date de diffusion : 25 mai 2000
Invité(s) : Denise Desroches, Murray McQuigge, André Proulx
Ressource(s) : Claude Bernatchez, Michel Désautels
Durée : 9 min 19 s

En juillet 2000, les travaux de réfection commencent

En juillet 2000, deux mois après l'épidémie, le gouvernement de l'Ontario renonce à nettoyer le système de canalisation de Walkerton et remplace plutôt 3,5 kilomètres de tuyaux à un coût de près de 300 000 $.

Le 16 octobre 2000 : une commission d’enquête historique

Le 16 octobre 2000 débute une vaste enquête présidée par le juge Dennis O'Connor de la Cour d'appel de l'Ontario, mise sur pied par Mike Harris, qui a fléchi à la pression publique. Pendant neuf mois, la commission d'enquête entend 114 témoins, dont le chef du gouvernement lui-même, en juin 2001. Pour la première fois en cinquante ans, un premier ministre ontarien comparaît à une commission d'enquête. Lors de son témoignage historique, Mike Harris défend le programme qui l'a fait élire.

Le 19 octobre 2000 : un aveu

Le 19 octobre 2000, Stan Koebel, qui était en charge de la gestion du réseau d'aqueducs de Walkerton, passe aux aveux. Devant la commission d'enquête, il admet avoir falsifié des tests et que certains employés travaillait en état d'ébriété.

En décembre 2000 : 200 jours sans eau

En décembre 2000, les résidents de Walkerton peuvent à nouveau boire l'eau du robinet.

Retour de l'eau potable à Walkerton
Émission : Sans frontières
Date de diffusion : 5 décembre 2000
Invité(s) : Philip Englishman, Jacques Gosselin, Murray McQuade, David Thompson
Ressource(s) : Claude Bernatchez, Michel Désautels
Durée : 7 min 55 s

En février 2001 : les résidents seront compensés

En février 2001, le juge Winkler de la Cour supérieure propose une indemnité de 2000 $ par personne pour un total de 50 millions de dollars. Les victimes réclamaient 250 millions de dollars en dommages et intérêts à titre exemplaire.

5000 victimes de Walkerton indemnisées
Émission : Téléjournal
Date de diffusion : 1er février 2001
Invité(s) : Jerry Smith, Jerry Strosberg
Ressource(s) : Maxence Bilodeau, Stéphan Bureau
Durée : 2 min 09 s

En mai 2001 : 1 an déjà

En mai 2001, 1 an après la tragédie de Walkerton. Les résidents se rappellent.

Un an après E-coli
Émission : Le Téléjournal/Le Point
Date de diffusion : 15 mai 2001
Invité(s) : Charlie Bagnato, Becky Bedford, Donna Berberich, Paul Charette, Bruce Davidson, Mike Harris, Stan Keable, Tina Paquin, Joe Pickering, Josh Rasphberry, David Thompson, Catherine Vatcher
Ressource(s) : Daniel Lessard, Stéphane Laberge

En mai 2001 : contamination en Saskatchewan

En mai 2001, l'eau potable de North Battleford, en Saskatchewan est contaminée par un dangereux parasite.

Un autre «Walkerton» en Saskatchewan?
Émission : Le Téléjournal/Le Point
Date de diffusion : 4 mai 2001
Invité(s) : Gerhard Benade, Renee Demmans, Wayne Ray
Ressource(s) : Martine Biron, Stéphan Bureau
Durée : 3 min 43 s

En juin 2001 : les leçons de Walkerton

En juin 2001, d'autres provinces canadiennes tirent les leçons du drame de Walkerton. Le Québec adopte une nouvelle réglementation de l'eau potable dont l'application est évaluée à 660 millions de dollars. Le dernier règlement en ce domaine remontait à 1984. Des normes plus sévères, « parmi les plus sécuritaires en Amérique du Nord » sont instaurées, notamment le contrôle obligatoire des bactéries E. coli.

Le 16 juin 2001 : les résidents se souviennent

Le 16 juin 2001, un jardin aquatique patrimonial, le Walkerton Heritage Water Garden, est inauguré par la gouverneure générale Adrienne Clarkson. Le parc se veut un symbole de guérison. La fontaine au centre du jardin redonne à l'eau son sens vital. Lors de la cérémonie, plusieurs personnes ont versé de l'eau dans la fontaine qui commémore la tragédie de Walkerton.

Août 2001 : il faut remplacer le «climat de confiance» naïf

Août 2001, le Coroner dépose son rapport préliminaire, dans lequel il en vient à la conclusion qu'une vigilance rigoureuse et des règles claires et coercitives sur la sécurité en matière d'eau potable devront remplacer le «climat de confiance» naïf qui régnait avant la pire épidémie de la bactérie E.coli que le Canada ait connue. Dans un volumineux mémoire de 400 pages, il formule 57 recommandations. La remise du mémoire du coroner marquait alors la fin de la première phase de l'enquête publique (au lieu de mener une enquête sur la mort des personnes mortes d'empoisonnement à la bactérie E. Coli, le coroner avait choisi de participer plutôt à l'enquête publique dirigée par le juge Dennis O'Connor).

En novembre 2001 : les impacts financiers de Walkerton

En novembre 2001, une étude commandée par la Commission d'enquête sur Walkerton est rendue publique. Une étude qui aura coûté au moins 64 millions de dollars, et jusqu'à 155 millions en tenant compte des souffrances et des pertes humaines. Selon cette étude, chaque foyer de cette ville de 5000 habitants a dépensé en moyenne 4000 $ à la suite de la contamination de l'eau par la bactérie E. coli. Ce montant comprend notamment l'achat de l'eau embouteillée pendant les sept mois lors desquels l'eau du robinet est demeurée impropre à la consommation. L'étude conclut que la valeur foncière des propriétés de Walkerton a chuté de 1,1 million de dollars au total.

Décembre 2001 : les choix politiques pointés du doigt

Décembre 2001: les choix politiques de Mike Harris en matière de contrôle des eaux sont de nouveau dénoncés : Selon une étude de l'Institut canadien du droit et de la politique de l'Environnement, le nombre d'inspections de routine des lacs et des rivières en Ontario a diminué de moitié depuis l'arrivée des conservateurs de Mike Harris au pouvoir en 1995. Dans le même temps, indique le rapport, la présence d'agents polluants dans certains cours d'eau a doublé. L'institut désigne comme cause de cette dégradation de l'état des cours d'eau les compressions budgétaires imposées par le gouvernement ontarien et soutient que la situation ne pourra s'améliorer sans l'embauche d'inspecteurs supplémentaires.

Janvier 2002 : la police fait enquête

En janvier 2002, le gouvernement de l'Ontario demande à la police de faire enquête sur la fuite qui a permis à la Presse Canadienne de révéler quelques unes des conclusions de la commission d'enquête sur la contamination de l'eau à Walkerton. Le gouvernement Harris est embarrassé par l'affaire et il décide de devancer la présentation du rapport.

Le 18 janvier 2002: des excuses de Mike Harris

Le 18 janvier 2002, le rapport abrégé des résultat de l'enquête publique du juge Dennis O'Connor de la Cour d'appel de l'Ontario est rendue public. Une des conclusion: la crise de Walkerton aurait pu être évitée. Peu après la sortie du rapport, le premier ministre ontarien Mike Harris s'excuse auprès de la population de Walkerton.

Harris s'excuse
Émission : Montréal ce soir
Invité(s) : Mike Harris, Stan Keable, Dennis O'Connor
Ressource(s) : Christine Fournier, Marc Godbout, Raymond Saint-Pierre
Durée : 2 min 41 s

Le 29 octobre 2002 : une réponse du gouvernement ontarien

Le 29 octobre 2002, dans la foulée des recommandations de la commission d'enquête sur la tragédie de Walkerton, le ministre ontarien de l'Environnement dépose un projet de loi sur la qualité de l'eau. Cette législation veut garantir aux citoyens l'eau potable « la plus propre et la plus sécuritaire au monde », annonce le ministre Stockwell, ajoutant qu'un budget de 500 millions de dollars est prévu pour garantir la sécurité de l'eau.

Pour l'eau potable la plus propre au monde.
Émission : Sans frontières
Date de diffusion : 29 octobre 2002
Invité(s) : Ernie Eves, Chris Stockwell
Ressource(s) : Claude Bernatchez, Michel Désautels
Durée : 8 min 07 s

Le 10 décembre 2002 : une loi pour l’eau en Ontario

Le 10 décembre 2002, la Loi sur la salubrité de l'eau potable est adoptée à l'unanimité à Queen's Park. L'Ontario se dote ainsi d'un cadre juridique afin d'assurer la qualité de l'eau, de la source jusqu'au robinet. En vertu de la loi, les municipalités devront facturer les coûts réels de leur gestion aux consommateurs, selon le principe de l'utilisateur-payeur. Dans son rapport d'enquête, le juge O'Connor estimait ce coût à 19 $ par ménage par année. La nouvelle législation cible également la formation, imposant la certification des employés des services publics.

En 2004 : contamination à Shannon, au Québec

En 2004, les citoyens du village de Shannon, près de la base militaire de Valcartier au Québec, ont été intoxiqués par le TCE, un solvant déversé dans la nappe phréatique qui alimente en eau potable la communauté.

Le 20 décembre 2004 : les coupables condamnés à la prison

Le 20 décembre 2004, les frères Stan et Frank Koebel sont respectivement condamnés à des peines de un an et de neuf mois de détention pour leur rôle dans le drame de Walkerton. Les frères avaient été accusés de fraude, d'abus de confiance et d'avoir mis en danger la sécurité du public.

La prison pour les frères Koebel
Émission : Le Téléjournal/Le Point
Date de diffusion : 20 décembre 2004
Invité(s) : Charles Bagnato, Bill Trudell
Ressource(s) : Bernard Derome, Geneviève Murchison
Durée : 2 min 09 s

Le 27 octobre 2005 : Kashechewan évacuée en raison de son eau contaminée

Le 27 octobre 2005, deux appareils de 37 places d'Air Creebec et de Voyageurs Airways ont été nolisés pour commencer l'évacuation de Kashechewan. Le ministère des Affaires autochtones de l'Ontario a ordonné l'évacuation de plus de la moitié de la population de la réserve de Kashechewan en raison de la contamination des réserves d'eau de la communauté par la bactérie E. coli. Les problèmes de qualité de l'eau dans cette petite communauté autochtone du nord de l'Ontario ne sont pas nouveaux. Les habitants de la réserve doivent en effet faire bouillir leur eau depuis plus de deux ans en raison de sa mauvaise qualité.

Le 28 octobre 2005 : la réponse d'Ottawa à Kashechewan

Le 28 octobre 2005, le ministre fédéral des Affaires indiennes, Andy Scott, annonce une dizaine de mesures destinées à améliorer les conditions de vie dans cette réserve que plusieurs ont comparées à celles qui prévalent dans le tiers-monde. Le plan fédéral, accepté par les autorités de la réserve et l'Assemblée des Premières Nations, garantit en priorité un approvisionnement en eau potable à la population tant que cela sera nécessaire. Par ailleurs, le gouvernement Martin s'engage à réparer, d'ici 2008, tous les réseaux d'aqueducs jugés à risque élevé dans les communautés autochtones.

Le 18 novembre 2005 : retour des résidents de Kashechewan

Le 18 novembre 2005, une centaine de résidents évacués de Kashechewan regagnent la réserve afin d'aider aux efforts de reconstruction. Depuis un mois, ces travailleurs habitent à Ottawa, Cochrane, Timmins, Sudbury, Peterborough ou Sault-Sainte-Marie. La journaliste Tamara Alteresco répond aux questions de l'animateur Jean Dussault de l'émission Sans frontière. (VOIR document attaché - Kashechewan)

Le 6 octobre 2006 : des tests qui varient d’un océan à l’autre

Le 6 octobre 2006, les auteurs d'un rapport du Sierra Legal Defence Fund, un groupe d'environnementalistes de Vancouver, constatent que les tests destinés à vérifier la qualité de l'eau potable que boivent les Canadiens varient considérablement d'une province à l'autre. Le Sierra Fund déplore, en fait, qu'il n'y a qu'en Alberta, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse que les autorités gouvernementales exigent des traitements avancés de l'eau potable. Et il n'y a qu'en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador que les résultats des tests de qualité de l'eau doivent être rendus publics.

Le 6 juin 2006 : une solution à long terme pour Kashechewan

Le 6 juin 2006, Alan Pope, ancien ministre du Cabinet de l'Ontario détenant une vaste expérience auprès des Premières nations du Nord de la province, reçoit le mandat de présenter au ministre des Affaires indiennes et du Nord un plan pour améliorer, de façon durable et à long terme, la vie des résidents de Kashechewan.

Le 21 février 2006

Le 21 février 2006, une enquête effectuée par le réseau anglais de Radio-Canada révèle que la qualité de l'eau laisse à désirer dans la majorité des réserves amérindiennes du pays. Malgré les deux milliards de dollars dépensés par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien depuis cinq ans afin d'améliorer le réseau d'eau potable, plus des deux tiers des réserves doivent se contenter d'une eau considérée potentiellement « à risque » pour la santé, contre les trois-quarts en 2001. De plus, 10 % de toutes les réserves du pays, soit 76 communautés, doivent faire bouillir leur eau potable avant usage, voire ne peuvent parfois même pas l'utiliser pour quoi que ce soit.

Le 18 octobre 2006 : une autre loi pour l’eau en Ontario

Le 18 octobre 2006, le gouvernement McGuinty adopte une nouvelle loi sur la protection des sources d'eau potable en Ontario.

Le 23 mai 2007 : du plomb dans l’eau en Ontario

Le 23 mai 2007, l'inspecteur en eau potable de l'Ontario ordonne à 36 municipalités de tester l'eau alimentée dans des résidences construites à l'époque où les conduites d'eau en plomb étaient autorisées. Parmi ces villes, on retrouve Alexandria, Cornwall, Renfrew et Smiths Falls. L'inspecteur Jim Smith emploie la manière forte puisque la plupart des municipalités ont ignoré sa recommandation précédente de tenir de tels tests sur une base volontaire.

Le 10 octobre 2008 : la Ville d’Ottawa mis à l’amende

Le 10 octobre 2008, la Ville d'Ottawa devra payer 562 000 $ d'amende pour avoir déversé plus de 1 milliard de litres d'eaux usées dans la rivière des Outaouais, en août 2006, sans en avoir avisé la province. La sanction, imposée par le ministère de l'Environnement de l'Ontario, est toutefois exemplaire, puisqu'il s'agit de la première condamnation d'une municipalité depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la protection de l'eau, adoptée à la suite du scandale de Walkerton.

Le 17 octobre 2008 : les impacts à la santé à Walkerton

Le 17 octobre 2008, une équipe de chercheurs a présenté les conclusions d'une étude, huit ans et demi après la découverte de la contamination de l'eau potable de la ville, qui a fait sept morts et 2300 malades. L'étude de sept ans menée par le Dr William Black sur des milliers d'habitants de Walkerton montre une augmentation de 30 % des risques d'hypertension pour ceux qui ont bu de l'eau contaminée. L'exposition à la bactérie fait aussi doubler les incidences de syndrome du côlon irritable. Par contre, les travaux de l'équipe de l'Université Western Ontario laissent croire que l'exposition à la bactérie n'aurait aucun impact sur la santé des futurs enfants. Les précisions de Yanik Dumont-Baron. (VOIR fichier sonore joint au courriel - Walkerton-effets)

Le 19 mars 2009 : le coût des nouvelles normes ontariennes

Le 19 mars 2009, la communauté de North Shore, située entre Sudbury et Sault-Sainte-Marie, demande l'aide du gouvernement provincial. À la suite de l'empoisonnement à la bactérie E. Coli à Walkerton, North Shore a dû installer un système de traitement de l'eau très coûteux pour se conformer aux nouvelles normes provinciales. Mais le système de trois millions de dollars dessert seulement 22 résidents.

En avril 2009 : les impacts financiers de Walkerton ailleurs au pays

En avril 2009, les résidents de Rimouski apprennent que la modernisation du système d'approvisionnement en eau de la ville nécessitera un investissement d'au moins 20 millions de dollars. Au moment de son approbation en 2006, ce projet était évalué à 8 ou 9 millions de dollars, mais plusieurs évènements ont marqué l'évolution du dossier. Entre autres, les événements de Walkerton ont poussé Ottawa à exiger une expertise supplémentaire, de sorte qu'Environnement Canada autorise le projet.

Le 16 avril 2010 : début des travaux à Grand River

Le 16 avril 2010, le ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord canadien annonce le début des travaux de construction de la nouvelle usine de traitement de l'eau pour les Six Nations de Grand River. Il s'agit d'un des projets de gestion de l'eau potable et des eaux usées qui sont financés par l'investissement de 1,4 milliard de dollars consacré aux Autochtones dans le cadre du Plan d'action économique du Canada.

Équipe
- Claudine Brulé, journaliste
- Yanik Dumont-Baron, journaliste
- Jonathan Lepaul, caméraman
- Mark Bradley, caméraman
- Pierre-Etienne Touchette, monteur
- Mark Zahab, monteur
- Adam Azimov, monteur
- Nicolas Asselin, Programmeur
- Martin Labbé, Designer
- Catherine-Amélie Meury, réalisatrice-associée
- Karen Pouliot, réalisatrice
Mise à jour le mercredi 5 mai 2010
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