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Dans la tête des survivalistes

Les survivalistes se préparent à faire face au chaos : catastrophe naturelle, guerre nucléaire ou effondrement de la société. En cas de crise, ils ne pourront compter que sur eux-mêmes. Ils accumulent des vivres et des médicaments, font le plein de combustible et se procurent des armes à feu. Les survivalistes vivent discrètement parmi nous. Ils sont peut-être vos voisins ou vos amis.

Le journaliste Maxime Corneau a rencontré quatre passionnés de survivalisme dans leur intimité, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour une rare fois, ils nous confient leurs peurs et parlent de leurs motivations.

Confidences de survivalistes

Les survivalistes ont des idées bien arrêtées sur les valeurs fondamentales que sont la sécurité et la protection de l’intégrité physique. Pour eux, la survie est une question de prise en main. Et ils ne lésinent pas sur les moyens pour se préparer.

Mario

  • 45 ans
  • père de deux enfants
  • travailleur de la santé
  • survivaliste depuis 20 ans

Protection et dissuasion

Pour survivre, il faut pourvoir se nourrir et se défendre. C’est pourquoi il faut être armé. Les armes permettent de chasser, mais aussi de défendre ses biens et ses réserves contre d’éventuels agresseurs.

« Voir le bout du canon, c’est assez pour que le voleur se sauve. »

Un jour, le chaos viendra

Nous vivons dans un monde en constante transformation où les risques de bouleversements et de dérapages sont nombreux.

« Ça peut être un chaos économique ou un chaos climatique. »

Mathieu

  • 36 ans
  • sans enfant
  • travaille dans le commerce de détail
  • survivaliste depuis 15 ans

L’autonomie alimentaire avant tout

Devenir survivaliste ne se fait pas du jour au lendemain. À leur rythme, les survivalistes accumulent le nécessaire pour être prêts lorsque le temps sera venu.

« Moi, je dirais que je serais capable de vivre facilement plusieurs mois avec les aliments que j’ai ici. »

Le feu, source de sécurité

Les Canadiens aiment se plaindre de l’hiver, mais ils ne le craignent pas. C’est une erreur! Il faut trouver des solutions pour pouvoir vivre sans électricité pendant une longue période.

« On est au Québec, c’est le fun de savoir qu’on peut s’allumer un feu et être au chaud. »

Pouvoir se soigner

En période de chaos, il sera très difficile de trouver des médicaments. C’est pourquoi il faut avoir le matériel nécessaire pour prodiguer les premiers soins.

« On ne s’improvise pas chirurgien. »

Fred

  • 37 ans
  • père de deux enfants
  • travailleur de la santé
  • survivaliste depuis 10 ans

La crainte des débordements

La réaction des gens en situation de crise est imprévisible. Hystérie collective, panique, violence : on peut s’attendre au pire.

« Tu vois comment le monde est fou, tu as bien dû voir les images lors des rabais du Black Friday. »

Le modèle des ancêtres

Nous n’avons rien inventé. Les premiers colons ont dû faire preuve d’imagination pour assurer leur survie dans des conditions difficiles.

« Si tu recules dans le temps, c’en étaient des vrais survivalistes. »

Comprendre le survivalisme

Il suffit de regarder dans l’histoire pour constater que, de tout temps, des gens se sont préparés à la fin du monde. La prophétie de l’apocalypse en 2012, la peur du bogue de l’an 2000 et la crainte d’une guerre nucléaire pendant la guerre froide en sont quelques exemples.

Russel-Aurore Bouchard

  • historienne
  • ex-survivaliste, des années 1970 à 1990

Le grand coup de 1896

Tout le monde attendait la fin du monde le 19 septembre 1896. Ce n’est que partie remise...

« La question des survivalistes, ça remonte à Noé! »

Un système à bout de ressources

Tsunami, verglas, effondrement économique : les raisons de se préparer sont nombreuses. Il vaut mieux avoir un plan.

« C’est le système qui est « fucké », le système ne répond plus au besoin de l’humanité. »

Vincent Paris

  • sociologue spécialisé sur les zombies et la peur de la fin des temps
  • professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent

Fin du monde 2.0

De nos jours, les scénarios apocalyptiques ne reposent plus sur l’intervention de Dieu, mais plutôt sur les risques liés aux activités humaines.

« La société qui produit des scénarios ou des récits de fin du monde est pour moi en très bonne santé. »

La crainte de la
fin du monde

En 2012, alors que les Mayas prévoyaient la fin du monde pour le 21 décembre, la firme Ipsos a produit un sondage sur le sujet. Ils interrogent 16 262 personnes dans 21 pays sur la question de la crainte de la fin du monde. Résultats : 12 % des Canadiens croient qu’ils vivront de leur vivant la fin du monde. Les Américains et les Turques sont au sommet de ce palmarès, avec 22 % de leurs citoyens qui pensent vivre un jour l’apocalypse. Jusqu’à 8 % de la population mondiale s’est dite inquiétée par la prophétie maya.

  • Je pense voir la fin du monde de mon vivant
  • J’ai ressenti de l’angoisse à l’approche de la prophétie mayade la fin du monde en 2012
12%Canada
22%États-Unis
6%France
14%Population mondiale
Source : Mayan Prophecy : The End of the World?, IPSOS, avril 2012
5%Canada
14%États-Unis
9%France
8%Population mondiale
Source : Mayan Prophecy : The End of the World?, IPSOS, avril 2012